‹ RonsardChapitre 3 sur 15 · DES « AMOURS » A LA « NOUVELLE CONTINUATION DES AMOURS · texte numérisé non relu

DES « AMOURS » A LA « NOUVELLE CONTINUATION DES AMOURS

A l'exeiiiple des anciens héros de roman, tenus de sortir victorieux d'un nombre fixe dépreuves, le champion de la nouvelle école devait, de loule nécessité, remporter la palme dans trois épreuves principales : Tode « éloignée du vulgaire », le sonnet, « non moins docte que plaisante invention italienne », enfin le « long poème français », œuvre suprême à laquelle il fallait consacrer le meilleur de sa vie.

Dès 1550 Ronsard était décidé à tenter les trois épreuves. La publication de ses odes avait eu un retentissement immense; aux applaudissements des amis s'étaient ajoutés les grondements des adversaires, accroissant la rumeur. La rupture avec l'ancienne école était véritablement complète et deux camps étaient en présence. Dès le lendemain de l'apparition du livre tous les fidèles du champion,

ilu lîelliiy en Ictc. ])i-()rlaiuaienl Ronsard II- w rindai'C français » ; Ponlus de Tyard Tappelait le « Prince des neuf Grecs antiques »; des Autels, qui protestai! contre l'excès des louanges, reconnaissait néanmoins qu'à la dillerencc de tous précurseurs, Ronsard avait produit « un œuvi'e entier ». Parmi les mécontents que d'aio-reur 1 et quelles railleries contre ce ramassis de « strophes, antistrophes, épodes et autres tels noms de diables, autant à propos en notre fi-ançais que Magnificat à matines' »! Les méeonlenls avaient pour chef un non moindre personnage que Saint-Gelais, le poète favori, béni, chéri de la cour, ne songeant qu'à elle, n'écrivant que ])our elle, refusant au commun public la connaissance de ses vers, un poète que les nouveau-venus louaient cerles en le nommant, mais dont ils blâmaient sans le nommer tout ce qu'il savait faire. Saint-Gelais, toujours sans rien publier, eut vite fait démettre les odes en pièces, raillanl leur hellénisme encombrani, ces néologismes et celle mythologie si obscurs (ju'il lallait le secours duu.leaii Martin |)our s'y reconnaître, ces débordements de louanges dont seules, insinuait le « blàmeur », celles adressées par le poète à hii-UKMiie étaient sincères. Il s'arrangea pour ({uau palais des Tournelles l'œuvre rencontrât, dans la fameuse galerie des Courges où se promenaient les courtisans, « une longue risée », et, rapporte Ronsard lui-même, « ne servit que de fai'ce au Roi ».

Or, de ce l'oi cl de sa cour dé[)en(lait malérielle-

1. Discours imn plus ifirlanculir/iics f/iie divers \ niKinyme, dote de composition incertaine, publié ù l'oiliers en 1557.

« AMOURS w. 5";

ment Tavenir du débutant. Mais, avec ce don de plaire qui lui était propre, Honsard ne pouvait se trouver sans amis, et rien n'est plus à Thonncur de son caractère que la qualité de ceux qui lui tendirent la main à cette heure de crise. Ce furent la sœur du roi, Marguerite de France, la Pal las de la cour, l'aimable, probe et savant Jean de Morel, ancicm disciple d'Erasme et dont la maison égayée par la présence de ses trois savantes et gracieuses filles était devenue, après la mort de lambassadeur Baïf, le centre littéraire le })lus brillant de Paris; ce lut surtout, et avec passion, Michel de r[Iô[)ilal, futur chancelier de France, lune des grandes figures du siècle, intègre, tolérant, sagement r(''formateur, qui bien longtemps avant Rousseau enseigna aux Françaises leurs devoirs de mères. Incpiict dune guerre si dangereuse pour le jeune poète, « cnjus merito sum amantissimus », écrivait-il à Morel. il eniploya la plus ingénieuse diplomatie à obtenir une pacilication, premier essai dans un art qu'il devait exercer par la suite en de plus tragicjues circonstances. Ronsard consentit à traiter, mais la tête haute; son ode de réconciliation à Saint-Gelais est des plus fières qu'il composa, des plus sincères aussi, car il continua de s'exprimer en ami sur son « blâmeur » longtemps après la mort du poète courtisan. Il montra sa gratitude à L'Hôpital en écrivant pour lui l'ode « Errant par les champs de la Grâce », la plus ample de ses odes pindariques et mythologiques, et qui excita une admiration universelle.

L'ode à Saint-Gelais fut rendue pul)lique en 1553. Quelcjues mois après, un privilège d' « Henri, par la

oG lîONSAUl).

grâce de J)ieii, lloi de France », consialail ollicielleiiKMil le trioiii})lic de Ronsard cl de la nouvelle école; docuiiicnl caractéristique el niéniorable, montrant jas([u\)ù étail poussé alors lainour des lettres, el (jiii, dû à une plume aniie, faisait répéter par le monarque même les idées exprimées dans la Défense et dans les préfaces et les odes de Uonsard : « ]. a gloire elautres fruits des victoires... seraienlde bien petite durée s'ils n'étaient perpétués par les lettres ». Grâce à « ce refuge des Muses » que fut le roi François 1 "", le savoir s'est répandu, el Ton peut espérer (juc « notre langue française, qui a élé cidevant aucunement indigente et peu polie », égalera en élégance et en richesse les langues classiques « et autres quelconques pérégrines langues », ainsi qu'en témoignent déjà les œuvres de « Pierre de Ilonsard, gentilhomme vcndômois, lequel, comme un chacun peut connaître, a de si près suivi les anciens et excellents poètes grecs et latins, que tous les doctes de notre temps, à bon droit, le confessent méi'iler de noire langue française non moins (|ue l'indarc de la grecque el Horace de la lalinc ». Ce pourquoi, non sçulenicnl ample privilège est accordé à Honsard, mais il lui est enjoint d(^ veiller à ce que ses œuvres soient « bien élégamment et correctement im|)rimé(;s », pour « rilhislralion de noire dite langue française ». luconlcslablement, Honsai'd était soi'ti vaimpiciir de la première épreuve.

Il était prèl, dès l.").")!), pour 1rs deux autres; maint sonnet ('lail (b'jii riiiK'. ri (piaul au long poème français, loiilc l'e-^qiiisse diiiic /•)•<! iieiiu/r iigurait,

la Dième année, dans Todc pindari([uc au roi sni' la paix anglaise.

Les sonnets parurent en 1552 : Les Amours de P. de Ronsard Vendômois. Ensemble le cinquième de ses Odes. C'était un joli volume de 240 pages contenant cent quatre-vingt-trois sonnets en vers de dix syllabes, oîi les diminutifs et les mots composés étaient tout aussi rares que dans les odes ; puis une chanson, une « amourette », quelques vers d'amis; ensuite venait le cinquième livre des Odes qui en renfermait onze dont la grande à L'Hôpital, et qui était suivi d'un récit du Folâtrissisme voyage d' Hercueil (Arcueil), d'un sonnet du poète à son livre, enfin di; 32 feuillets de cette musique sans laquelle, à son gré, la poésie ne vivait que d'une vie incomplète. Elle était due aux musiciens les plus fameux, Certon, Janequin, Goudimel. Sur le titre, un nouveau distique grec et un nouveau jeu de mois de Dorât : TipTiavopo? est devenu Tîp-ovuvy;;, le charmeur d'hommes est maintenant charmeur de femmes. Après le titre, les profils, en style de camée romain, de Pvonsard ci vingt-sept ans, selon l'inscription de la gravure, lauré, la l)ail)e et les cheveux houclés, vêtu à l'antique, et, en face, Cassandrc à vingt ans, aux l)eaux traits accentués, les seins nus.

Ici encore le jeune poète olfrait « un œuvre entier », mais de « sentier inconnu » il ne pouvait être quesùon;. déjà le sonnet était partout; à aucune autre fleur le soleil de la llenaissance n'avait été si propice. Les sonnets pullulaient en Italie; en France, Marot, Saint-Gelais, Peletier, Pontus de Tyard, du Bellay en avaient écrit; après eux, et surtout après

Ilonsard, ce sera le déluge; on évalue à trois cent Miille le nombre des sonnets rimes en Europe au cours du siècle. Quant au sujet de l'amour, jamais on ne lavait tant discuté, chanté, prôné, avili, exalté que dans cet âge où tout était vraiment remis en (piestion. Avant que Ronsard publiât son recueil, Peletier ('-ci-ivait déjà que ce llième ('lait « démené entre les Français à 1 envi, de telle sorte qu'à bon droit on l'a pu appeler la philosophie de l'"rance ». Mais c'était aussi celle d'Italie, d'Angleterre et de partout. Libertinage et mysticisme avaient leurs tenants, el (pii allaient, chez nous comme ailleurs, les uns jusqu'à la plus l)assc obscénité, les autres jusqu'à une exaltation supra-terrestre oîi les corps n'avaient plus de part. Tous se réclamaient des classiques du sentiment : les éthérés, de Platon et de Pétrarque; les autres, d'Horace, de Catulle, bientôt d'Anacréon, et, parmi les Italiens, des fameux auteurs de sonnets, chansons, madrigaux et strainbolli (huitains ordinairement sur deux rimes), délices des cours de Naples, de Milan, de Ferrarc, d'Urbin : Charileo, Tebaldeo, propagateur de sonnet à « chute », comme dira ])lus lard Philinle, Seralino d'Aqr.ila, < )Iympo, Panlilo Sasso, el bien d'autres, dont M. ^'iaiiey a excellemment conté l'histoire. Ils avaient ébloui la ])éninsule par le feu d'arlilicede leurs « concetti •> et lavaient enchantée par le sensualisme de leurs descriptions voilées ou elIVontées; plusieurs, tant leurs pocmes leur avaient donné d'autorité, étaient devenus niinislres de princes lettrés, comme le lut par la suite, jtourde toutaulres mérites, ('kl'IIic àWeimai*. Chez nous, les partisans de Platon, dont les l)ia-

logues principaux étaient traduits en français luu après lautre. avaient pour capitale Lyon, pour reine Marguerite de Navarre et pour chef poétique Maurice Scève. Ce poète philosophe, insoucieux de l'approbation des grands ou du peuple, qui se flattait d'avoir découvert le tombeau de Laure dans l'église des frères mineurs d'Avignon, s'inspirait du penseur grec et proclamait en 458 dizains, dans sa ténébreuse Délie, que les beautés d ici-bas valent seulement comme reflet de la suprême Beauté céleste. C'avait été déjà le thème de la Parfuitr Amie d'Iléroct, et ce fut le thème aussi, peu avant ou peu après, de dialogues comme les Azolnins de Bembo, en réaction contre la lubricité ambiante, comme les célèbres Dialo^r II es d'Amour, du juif hispano-italien Léon ilébrieu, traduits par Pontus de ïyard, Lyon, 1551; comme le Commentaire de Marsille Ficin Florentin sur le Banquet d'Amour de Platon, fait franeais, par Si/ mon Silvius, Poitiers, 154(5, ou comme les Dialo<:;ues cnlîn de Louis le Garon, dit Charondas, dont le dernier, Claire ou de la Beauté, se termine par la conclusion que « un corps, tant soit-il décoré sur tous les autres, n'est jamais rien davantage que l'ombre de la divine beauté » (1556).

Tous les genres d'amour étaient déjà représentés, et même l'amour honnête, témoin Salmon Macrin, de Loudun, grand ami de la nouvelle école et qui avait consacré des volumes de vers latins à sa Gélonis, la Souriante, laquelle, par merveille, n'était pas la femme d'un autre, mais la sienne. Il ne pouvait évidemment s'agir de sentier inconnu ; aussi Ronsard, dans le sonnet final à son livre, ne récla-

60 liOXSARl).

tiiail-il pas, celte fois, la couronne, mais seulenienl une couronne.

Dans les odes, il fallait égaler l'antiquilé, dans les sonnets surpasser Tltalie. Par ses odes Ronsard avait lâché de donner à la l'rance de THorace et du Findare, par ses sonnets il voulut lui donner du Pétrarque et du Bembo ', mais surtout il lui donna du Ronsard, et c'est alors qu'il fut le mieux inspiré.

Comme un album ouvert aux dessins d'un peintre — Liber stiidioruni, Liber veritatis — son recueil s'était rempli, au cours des mois, de sonnets de toute sorte, imités ou originaux, sincères ou précieux, chastes ou libres, commémorant des sentiments vrais et des scènes réelles ou développant les thèmes obligatoires de la liturgie amoureuse, encombrés de mythologie ou emplis de bouffées printanières véritablement respirées par sa jeune poitrine au creux des vallées vendômoises. Ombres el léalités s'y rencontrent; maints sonnets vantent les beautés de femmes quelconques qui étant toutes incomparables sont toutes semblables; d'autres disent avec un accent bien différent des émotions éprouvées, des désirs ressenlis, des espoirs pei"sistanls. Le meilleur de r<i,'uvre se groupait autour d'un nom, celui de la vignette au début du volume, le nom de Cassandre.

Longtemps Cassandre a ])assé pour un iiiylhe; les critiques les plus avisés, notant avec science les imitations, les dévelopj)ements de thèmes clas-

1. Ses cxciii])l;iiros do Dcnibo el autres Italiens, i)r()i)riélé I)lus lai'd (le Collclct, étniont, l'apporte celui-ci, « en mille eiidroils marqués et annotés do sa main pro]>re ».

« AMOURS ». Cl

siques, Tattirail mythologique, les coutradictions des sonnets, avaient proclamé que nulle Cassandre n'avait existé jamais, comme s'il étail impossible à un poète de mêler, en un même recueil (Gœthe a fourni la meilleure réponse), fantaisie et vérité. Mais douter a bon air. Divers travaux et spécialement ceux de M. Longnon ont fourni toutefois la preuve déûnilive que les sceptiques s"élaient tro:npés.

Dans une réunion à Blois où se trouvait Ronsard, le 21 avril 1546 (les critiques disent 1545, mais Ronsard dit 1546 '), une toute jeune fille, de beauté éclatante, prit son luth et chanta; Ronsard regarda, écouta, et de ce moment commença la grande passion de sa vie. 11 s'enquil et eut moins de peine que nous à apprendre qui était la belle musicienne. Elle s'appelait Cassandre Salviati, de l'illustre famille des Salviati de Florence qui avait donné nombre de gonfaloniers à la ville, de cardinaux et de nonces

1. On objecte que Ronsard a dit ailleurs qu'il suivait alors la cour, et que celle-ci était à Hlois (plus exactement dans la région) le 21 avril 1545 et non pas en t5'i6. Mais il mentionne la cour dans un passage fortement romancé du poème autobiographique à Paschal qui, si on le prenait à la lettre, reporterait la rencontre à 1541, Cassandre ayant al.ors onze ans. La date de 1546 est donnée expressément par Ronsard, on un sonnet écrit, dit-il, l'année d'après. Dans un autre sonriol qu'il publia en 1552, il dit qu'il aime depuis six ans, donc depuis 1546; dans un troisième, publié en 1553, qu'il aime depuis sept ans, donc aussi depuis 1546; dans un quatrième publié en 1555, qu'il aime depuis neuf ans, donc toujours depuis 1546. Dans deux autres sonnets il déclare qu'il devint, « sur ses vingt ans », « sur ses vingt et un ans », esclave de Cassandre. Le premier dire, avec son nombre rond, n'est que manière de parler; le second donne un c'.iiil're précis : or en avril 1546, Ronsard, né en septembre 15"2'i. avait vingt et un ans et quelques mois.

62 RONSAKl).

à FEglisG, plusieurs fois alliée aux Médicis. Un Jacques Salviati avait épousé Lucrèce de Médicis. sœur de l^éon X: leur lllle Marie était devenue, en 151G, feuiine du célèbre Jean des Bandes-Noires, autre Médicis; veuve dix ans après, elle avait eu quelque teui[)s la <>arde de la jeune Calherine. lulure reine de France. Le père de (^assandrc, lîernard Salviati, « marchand » comme les Médicis même, était venu en France au début du siècle, avait épousé une Française et menait avec sa nombreuse postérité vie de riche seigneur au très beau château de Talcy en Blésois ' qui subsiste, toujours très beau.

Malgré sa surdité commençanle. lionsai'd, ému, ravi, conquis, pouvait espérer plaire. Jl n'était pas sans ressemblance alors avec le portrait qu'il traçait, un peu plus tard, de Tamoureux parfail :

Il iiiinail la vertu, il abhorrait le vice. Il aimait tout honnête cl g'onlil exercice; Il jouait à hi paume, il ballait, il chantait Et lo luth doucement de ses doigts retcntail... Il ('-lait jeune et beau, d'un parler accointablo, I)i' l.iille belle et droite et d'un œil amiable

l 'oui IIS de Tyard. écrivant après L')")."), esquissait encore un portrait tout semblable de Ronsard, « dispos, jeune cl beau ». Mais soil cpie le pratique l'iorcntiu trouvât peu praliiiue une id('e d'union avec un |)auvre cadet, sans avenir certain et qui n'était seigneur ni de la Poissonnière ni de rien autre, soit que le c(»'iir de la jeune lille fùl pris déjà, ou à moilié

1. Sur 'l'alcv, voir l'article illustré de M. Roclieblnvo, Itiriic llebdiiintulaii i\ 'i juin 1".l|n. M. Martellii'-rc a montré <|ue Cassandre était cousim' de Kcirisard au 1:2'' dej^ré; Annales FIccItoiscs, n" 55, p. IT'.i.

pris. Ronsard favorisé seulement, à ce qu'il semble, de quelques petites coquetteries (jui achevèrent de Tensorceler', fut éconduit. Peu de mois après la première rencontre, vers la lin de 1546, Gassandre épousait un gentilhomme de la région, Jean de Peigné, seigneur de Pray. Destinée, elle et les siens, à compter de bien des manières dans l'histoire littéraire de notre pays, elle donna le jour à une autre Gassandre qui épousa un autre gentilhomme du voisinage, Guillaume de Musset, seigneur du Lude, de la Gourtoisie et de foule d'autres lieux, ancêtre en ligne directe d'Alfred de Musset. Jean Salviati, de Talcy, frère de la première Gassandre, eut pour fille Diane qui fut la grande passion de d'Aubigné, et c'est une déclaration expresse du fameux huguenot qui a permis d'identifier l'admirée de Ronsard. Quand Ronsard parle de Gassandre comme étant de « lieu hautain » (Furetière en faisait, au siècle suivant, une cabaretière), il disait vérité.

Le prompt mariage de Gassandre enflamma, comme il arrive, la passion de Ronsard au lieu de l'éteindre. Le moindre incident, la moindre parole, le moindre regard prirent, en son souvenir, un caractère sacré, de signilication profonde. Lin sourire devint une promesse, un mot aimable un serment. Tous les songes qui, en ces courts instants, avaient traversé son esprit, se gravèrent en traits durables dans son cœur; et pendant des années ce

Page 1