Ibid.^ II, 100 et suiv. Même remarque
6. Ibid.. Il, 41. Ode à système strophique irréguUer, enchaîné.
INTROrirCTION XVII
OU tristes, ou joieuses, ou creintives, ou espérantes, desquéles ce petit Dieu (le premier et principal suget de Poésie, singulièrement aus Odes et Chansons) tourmente et augmente les esperis dés Amoureus. Ainsy est le Chant lyrique aussy peu constant qu'ilz sont, et autant prompt à changer de son, de vers, et de ryme, comme eus de visages et d'acoutremens*. Pource n'en atten de moy aucune régie autre, fors que choisisses le patron dés Odes en Pindarus Poète Grec, et en Horace Latin, et que tu imites à pied levé Saingelais es Françoises, qui en est autheurtant dous que divin : comme tu pourras juger lisant ceste ode sienne faite au nom d'une Damoiselle :
O combieu est heureuse...'-.
« La mesme perfection et douceur de luy liras tu, lisant ses autres Odes en autre forme, commençantes :
Laissez la verde couleur, etc. ^
Puys que nouvelle affection, etc. ■*
Ne voeillcs. Madame, etc. '
Hélas, mon Dieu, y a il en ce monde, etc. '•.
et grand nombre d'autres, toutes tant cognues et chantées, qu'il n'est ja besoin de t'en escrire icy copie".
1. Ce passage, malheureusement obscur dans la forme, contient une idée très intéressante, avec l'explication de ce l'ait que les pelits vers, qui sont un des caractères de la poésie lyrique, conviennent jiarticulièrement à l'ode, chant destiné, du moins en principe, à être accompagné du luth. Le rythme de I ode doit être expressif, c'est-à-dire s'adapter à la nature de l'émotion ou de l'action exprimée ; si elles sont graves ou durables, le vers sera long et majestueux ; si elles sont badines ou fugitives, le vers sera court et sautillant. C'est le principe du vers libre de La Fontaine. — Or les émotions de l'amour, principale matière de l'ode, sont essentiellement variables et inconstantes ; la façon de l'ode doit donc être essentiellement variable et inconstante. On atteint ce résultat en composant la strophe de mètres divers ou brefs, divers et brefs, qui permettent le passage rapide d'une rime à l'autre et se modèlent ainsi sur les sentiments vivement alternatifs, ainsi que le fait aisément le musicien.
Ronsard dira aussi dans son Abbretjé de i Art pot-tique, que les petits vers sont c merveilleusement propres pour la musique, la lyre et autres instrumens » et qu'ils méritent ainsi d'être appelés lyriques ; mais il n'en donnera aucune explication. W ci-après,
p. XXXIX
2 Sibilet cite la pièce en entier. V.éd. Blanchemain, 1, 66. Pièce à système strophique simple, régulier (en partie imitée de Properce).
3. Cet etc. fait partie du texte de Sibilet, ainsi que dans les exemples qui suivent. — Ihid , 1, ri7. Pièce à système strophique irrégulier imitée dune idjlle de Bion).