‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 104 sur 509 · Epigr. morales, n» 51 : '0 cpOovo,; o'.xxipiJtO'j · texte numérisé non relu

Epigr. morales, n» 51 : '0 cpOovo,; o'.xxipiJtO'j

15. Ronsard nous dit bien dans sa dédicace qu'il » conçut » son « livret » quand il était " jeune garson ». Mais on sait combien sont sujettes à caution certaines affirmations des poètes lyriques ; Ronsard a maintes fois déclaré qu'il fut le mignon des Muses de très bonne heure (il n'avait pas quinze ans, il n'avait pas douze ans, il était presque enfant il était né poète., v, plus haut, p. 19, n. 2) ; ici il avait en outre un intérêt

longues, quelques-unes beaucoup plus que les pièces de Catulle •, mais le napolitain Pontano, imité par Ronsard dès avant ISSO, avait donné l'exemple de ces dimensions inaccoutumées dans ses Hendecasyllabi ; et puis Saint-Gelais avait également écrit des paraphrases démesurées de Catulle et de Martial'. 11 est vrai aussi que les vers employés ici par Ronsard sont l'octosyllabe ou l'heplasyllabe ; mais ce sont toujours de petits vers uniformes et astrophiques, d'allures familières et enjouées, de fond et de style licencieux, versiculi, disait Catulle,

Qui tum ileiiii/ue habent sahm ac leporcm Si siint mollicidi ac panim pudici-.

L'une des lois du genre, ou plutôt de cette variété du genre lyrique, chez les anciens, voulait que le poète déroulât librement sa pensée, sans s'astreindre aux rythmes compliqués de l'ode, et s'exprimât en un mètre simple, d'un cours égal et rapide ; Ronsard ne l'oublia pas. Une autre loi voulait que le poète foulât aux pieds toute pudeur; Ronsard ne l'oublia pas non plus 3. Avant lui, d'ailleurs, Saint-Gelais s'en était rendu compte et avait observé très naturellement dans ses imitations de l'antique ces deux lois du lyrisme catuliien *.

Veut-on d'autres preuves que les Folasiries correspondent aux liendécasyllabes de Catulle? Elles sont non seulement dans l'épigraphe, citée plus haut, mais dans le litre même de l'opuscule, qui traduit les mots nugai', lusus, incpliae, par lesquels les Romains désignaient ce genre semi-lyrique ^. Elles sont encore dans la dédicace à Janot Parisien (lisez Jean-Antoine de Baïf) '', qui s'inspire directement de celles de Catulle à Cornélius Nepos et du poète catuliien Flaminio à Fr. Turriano

tout particulier à faire croire que son opuscule était un péclié de jeunesse: sorte d'excuse qu'on retrouve également dans le litre de Muret Jiivenilia. — Sur les rapports de Uousard et de Muret, v. ci après, pp. lUG à 108 et p 111.

1 . Dans le recueil publié à Lyon en 1547, v. VEpitaiihe du passereau d'une daiuuiselle et VEpigramme : « Quand je vis la belle Catin... » (éd. Bl. , I, 58 et 7Gj.

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