Dfffense el Ilhistr., II, ch. iv, éd. Chamard. p
5. Ibid., p. 230. Par ce mot d'bendécasyllahes Du Bellay a désigné à la fois le genre léger traité par Catulle en dehors de 1 ode et de l'épigramme. et le mètre qui était le signe distinctif de ce genre. Il s'est exprimé comme l'aurait fait un Latin Cf. Lafaye, op. cil., pp. 97 et 98.
G. Fo/as/We3 Cf. Marot, Epitaphe d'Alix, et deux épigramraes sur .4/i.v el Marlin. Cf. la lettre latine de P. des Mirours à .Morel, citée plus loin, p. 103.
7. Folastriei. Cf. Saint-Gelais. éd Blanchemain. 1,275 ; Marot, éd. Jannet, III, 114. Cf les épigrammes de .Marot sur Hohin cl Margot, Hobin et Catin, Ibid., 86 et 115.
8. Folaslrie 8. Cf. Rabelais, III, ch viii et passim. Cf l'éd. de Rabelais par Marty- Laveaux, t. IV, p. 180, note.
^. C(. La Puce de Madame Dcsrorhcs (1579-83'; les (iayetez de Gilles Durand (1587), et toutes les Gaillardises, Muses gaillardes et .Muses folastres qui parurent du temps de Henri IV. Certaines « railleries » de Sainl-Amand, certaines « parodies » de Scarron, certains contes et épitres de la Fontaine, certaines poésies fugitives du xvni= siècle (Voltaire, Grécourt, etc.i, se rattachent directement aux Folastries de Ronsard, avec
DE l'iiEUViiE LYRIQIIE IlE IlONSAHI) 9!)
Les Dilhijrambes ne paraissaient point déplacés à la suite des Folastries, n'étant eux-mêmes qu'une parodie du genre lyrique le plus grave de l'antiquité ; c'était une sorte de « folastrie », analogue aux liacchanales ou folaslrisnime voijarje d' Hercueil. Quant aux dix-sept Epigrammes tirées de V Anthologie grecque, elles étaient toutes d'allure comique ou satirique et avaient avec les /''olastric.s à peu près le même rapport que les épigrammes de Catulle avec ses hendécasyllabes '. Ronsard confessait qu'il les avait « traduites » comme un vulgaire disciple de Marot. Mais il avait soin de donner les références au texte grec pour bien se distinguer du traducteur de Martial et montrer que le chef de l'école érudite, quand il daignait descendre de son piédestal, ne cessait pas pour cela d'helléniser. Tout l'opuscule était un badinage, mais un badinage très savant, que « les Sœurs Thespiennes » avaient ellesmêmes inspirées à Ronsard
Dessus les rives Pimpléeiines '-.
Ce n'est certes pas Marot qui eût été capable d'écrire les Dithyrambes... L'eùt-il pu, qu'il ne l'aurait pas voulu.
Les deux éditeurs des Œuvres de Ronsard au xix'^ siècle, Blanchemain et Marty-Laveaux, lui ont enlevé la paternité des Dithyrambes, ode en strophes libres et vers libres, dont je ne connais pas d'exemple antérieur. Le premier l'a encore insérée dans son édition, mais comme une œuvre étrangère ; le second l'a radicalement exclue de la sienne ; tous deux, s'appuyant sur Vuniiiue témoignage du biographe de Ronsard, Cl. Binet, qui l'attribue positivement à « Bertrand Bergier poète dithyrambique ». Je pense qu'ils ont eu tort, et ceux qui les ont suivis ^. En effet, cette pièce se présente au public en 1553 sans qu'aucune signature la dislingue du reste du recueil, qui est tout entier de Ronsard ; il en fut de même lors de la réimpression subreptice du Livret de Folastries en 158i, sans qu'aucune protestation se soit élevée, ni de la
des apports provenant des poètes bernesques de l'Italie, et, parfois, des rimes librement entrecroisées, toujours sans strophes. On peut y rattacher aussi des poésies erotiques de la fin du xvi*^ siècle, telles que les Soupirs ainouretix de Gu}' de Tours (1598), qui ont la préciosité en plus, la parodie eu moins, mais qui sont toujours du Catulle délayé et rendu gaulois en petits vers à rinies suivies.
1 Cf. Lat':i\e. op. cit., chap. sur les Kpigr. de Catulle, qui dérivent des Epigr. comiques ou satiriques de r.4/i//io/. gr. C'est encore probablement Muret qui attira l'attention de Ronsard sur ce recueil composé en grande partie d œuvres de poètes Alexandrins, et lui en montra tout l'intérêt dans le courant de 155"2, ainsi que le parti qu'en avaient lire des poètes comme Catulle, Properce, Ausone, Marulle et Second.