‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 109 sur 509 · Bihl. Nat., Hés. pYe · texte numérisé non relu

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3. La strophe finale est tout à fait comparable au fameux vers de Racine :

Brûlé de plus de feux que je n'en allumai.

La source de ces concetti me semble être dans ces vers de la fin de 1 epode XI d'Horace :

Vrerîs îpse niiaer! qitnd si non putchrior ignis

Accendit ohsessani Ilion, Gaude sorte tua.

DE l'oeuvre lyrique PE RONSARD 107

comme celui d'un véritable collaborateur. Dans une préface discrète Muret donnait la raison d'être de son commentaire : J'ai failli, disait-il en substance, aliandonner ce travail en songeant que l'ignorance et l'envie accueillent généralement mal les œuvres de l'esprit ; l'exemple (le Ronsard lui-même était bien propre à me décourager, car, pour avoir le premier enrichi notre langue des dépouilles grecques et latines, quelle récompense a-l-il reçue, sinon l'inimitié « de quelques acreslés mignons » qui se sont efforcés d'étouffer sa gloire naissante ? L'un le reprenait de se trop louer, l'autre d'écrire trop obscurément, l'autre d'être trop audacieux à créer des mots (suit une triple justification du poète) ; mais on connaît aujourd'hui la vraie cause de cette opposition et les bons esprits se rangent d'un commun accord du parti de Ronsard. « Il n'i a point de doute, ajoutait-il, qu'un chacun auteur ne mette quelques choses en ses écris, lesquelles lui seul entend parfaittement. Comme je puis bien dire qu'il i avait quelques Sonets dans ce livre, qui d'homme n'eussent jamais esté bien entendus, si l'auteur ne les eut, ou à moi, ou à quelque autre familièrement declairés. Et comme en ceus là je confesse avoir usé de son aide, aussi veus-je bien qu'on sache, qu'ans choses qui pouvoient se tirer des auteurs Grecs, ou Latins, j'i ai usé de ma seule diligence... »

On remarquera, entre cette préface et les avertissements analogues de J. Martin et de N. Denisot, une sensible différence de tact et de ton, qui explique la persistance du commentaire des Amours dansl'œuvre de Ronsard, en même temps que la disparition de celui des Odes '. Mais en rappelant cette préface j'ai voulu surtout montrer l'accord intime du poète et de l'humaniste dans la collaboration : évidemment Ronsard eut alors le désir d'être compris du plus grand nombre et s'efforça de réparer dans une certaine mesure le tort qu'il s'était fait même auprès des lecteurs d'élite qui le jugeaientavec désintéressement et clairvoyance J'en vois une nouvelle preuve dans ce fait très important que le volume se termine par une table alphabétique « des motz plus dignes à noter es Commentaires ». Enfin — ce qui est encore un double témoignage en faveur de mon hypothèse — les deux hellénistes de la Brigade, les deux représentants les plus érudits delà nouvelle école. Dorât et A. de Baïf, approuvaient hautement l'entreprise de Muret, y voyant pour leur ami la garantie d'un succès définitif: Inspiré parCassandre et les Muses, disait l'un, Ronsard a rendu des oracles profonds mais obscurs ; maintenant qu'il a trouvé en Muret un digne interprète, tous ses oracles sont profonds et clairs à la fois -. L'union fait la force, disait l'autre ;

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