V. ci-dessus, pp. 90 à
3. On trouvera la lettre entière dans Rochambeau, Famille de Ronsart, p. 185 ; Blanchemain, éd. des Œiwres de Saint-Gelais, I, 25 ; Marl3-Laveaux, éd. des Œuvres de Bonsard, \'l, 480.
4. Pour bien en comprendre le sens et là-propos, il faut appliquer à .Marguerite de France, sœur de Henri II, et non pas à Cassandre (comme l'ont fait Ménage dans son commentaire de Malherbe, CoUelet et Marty-Laveaux dans leur biographie de Ronsard), les vers qui du temps de Marot désignaient Marguerite de Navarre. Ce sonnet, que Binet et Galland ont appelé une « palinodie », fut imprimé en tète de l'édition des Amours de 1553, avec ce sous-titre ; En faveur de P. de Ronsard. Blanchemain l'a réédité au tome I des Œuvres de Ronsard, p. xxvi, et au tome II des Œuvres de Saint- Gelais, p 262. C'est en ce dernier endroit que Bl. a corrigé heureusement l'opinion qu il avait émise au tome VIII de son Ronsard, pp. 23 et 24 II me reste cependant un doute. et il subsistera dans l'esprit de ceux qui sauront que le sonnet de Ronsard, Pour célébrer des astres deifestns (I, 50, contenait au 12' vers le nom de Desautelz (sic dans l'édition princeps il552), et que ce nom fut remplacé dans la seconde édition 1553) par celui de Saint-Gelais : si l'on rapproche ce sonnet du sonnet de Saint-Gelais, on sera
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assez fier dans son ode, pleine de réminiscences d'Homère, d'Horace, de Virgile, d'Ovide et de Stace ; s'il y montrait les funestes effets de la colère, il plaidait d'autre part les circonstances atténuantes de la sienne, et après avoir pris acte de la rétractation de Saint-Gelais, il lui accordait sou pardon. M. de Nolhac a remarqué très justement « que ce ton donne assez bonne figure à Ronsard devant la postérité, mais que ce n'est pas tout à fait celui que semblait conseiller L'Hospital » K Cependant la réconciliation paraît avoir été sincère de part et d'autre. Ceux qui ont cru le contraire ont été trompés par des documents incomplets ou inexacts-. Pour Ronsard le doute n'est pas possible, car il rendit ensuite un éclatant hommage aux talents de son ancien adversaire, saluant en lui la poésie du passé, non seulement dans VBi/mne des Astres qui est de 1335, mais encore dans une épître au cardinal de Lorraine, postérieure de deux ou trois ans à la mort de Saint-Gelais ^. Pour Saint-Gelais il n'existe qu'un document direct qui puisse nous renseigner, et il témoigne précisément de sa sincérité : c'est un sonnet à la fois très franc et très Qatteur écrit aux environs de janvier 1333 *. Du reste on comprendrait aisément que Ronsard, arrivé jeune au triomphe, eut pardonné sans arrière-pensée, et qu'il n'en eût pas été de même de Saint-Gelais vieux et vaincu. Mais celui-ci, croyons-nous, ne fut ni moins généreux ni moins loyal que Ronsard ; car son geste suffit à rallier définitivement à la nouvelle école d'autres Marotiques encore hésitants ou hostiles, tels que Lancelot Carie, qui se fit l'avocat de Ronsard auprès du roi en janvier 1334 ^, Charles Fontaine, qui, dans ses deux derniers recueils de vers, ne ménagea pas à Ronsard et aux Ronsardiens les témoignages de son admiration o, même B. Aneau,qui rangea Du Bellay parmi « les bons Poètes de présent » et, subissant l'influence de la nouvelle école, recommanda aux poètes l'emploi des fables du paganisme « escriptes en style plus haull monté que la pédestre et simple prose... en forme de parler riche et aoruée de toutes figures et couleurs » ''. Quant aux ralliés de la première heure, tels que
frappé de ce fait que celui-ci semble correspondre et répondre à celui-là, modifié comme nous venons de l'indiquer. — W mon édition de la Vie de Ronsard, Commentaire, aux mots « une Palinodie ».