V. ci-dessus, p. 92, note
6. Les Ruisseaux de Fontaine (1555 ; prîvil.de janvier 1553, n. st.) ; les Odes, Enigmes et Epigr. (1557 ; privil. d'octobre 1555).
7 Préface des Trois prem. livres de la Métamorphose d'Ovide, traduits... du !«' juillet
Salel, Ch. de Sainte-Marthe, Peletier, Habert, Sibilet, Tyard, Des Autels, qui reconnaissaient de grands mérites, quoique divers, aux chefs des deux écoles et avaient associé leurs noms dans l'éloge de la renaissance poétique ^, ils éprouvèrent comme un soulagement ;\ voir la fin de la querelle-, Nous le savons par une ode du plus jeune, mais du plus éclectique d'entre eux, G. des Autels, qui chanta d'excellente façon « l'accord de Messieurs de Saingelais et de Ronsart » '^.
La deuxième pièce a une grande valeur historique et parla doit retenir notre attention. Elle nous fait connaître, en effet, la plupart des membres de la Brigade au printemps de 1533 et complète à cet égard les Dithyrambes du carnaval précédent, où figuraient déjà Baïf, Belleau, Colet, Janvier, Vergesse, Denisot, Paschal, Muret, Ronsard et Jodelle. Ici Ronsard nomme entre autres dans sa « chère bande » Balfy Denisot, Tahureau, J. P. de Mesme, Du Parc (Denys Sauvage, S^, Du Bellay, Dorât, Jodelle, MacloudelaHaye, Castaigne, Paschal, Maumont, Belleau, Muret, Fremiot, Des Autels, Tijard, La Fare, Colel, Gruget, Etienne de >iavières, La Péruse et Jean Tagault ^. Bien que les décasyllabes à rimes
1556). V. ci-après, chap. vr, note finale. — Loys Le Caron, dans son poème du Ciel des Grâces (La Poésie, 1554. pp. 47-48 , commence I éuumération des « poètes sacrez » de son temps par Ronsard et Saint-Gelais placés côte à côte. Un sonnet anonyme, imprimé dans une éd. lyonnaisede VArt poél. de Sibilet Th. Payan. 1556 ,à la suite d'un Autre Art Poct. réduit en bonne méthode, également anonyme, réunit dans le même éloge Honsard, Jodelle, Bellay, Tyard, Le Caron, Sibilet et Le Conte (Denisot . — Une pièce, anonyme aussi, de l'édition rouennaise du 2^ Bocage de Ronsard N. Le Hous, 1557)» exalte notre poète pour avoir « contraint par son art tant dîne les plus retifs de nôtre tans ».
1. Cf. Recueil d'aucunes œuvres de M. Salel, à la fin des Amours de Magny (1553V — Epître latine de Ch. de SainleMarthedéjà citée 1550).— Epitres heroides de Fr. Habert, Epit. à Saint-Gelais 1550 . — Œuvres Poët. de Peletier (1547 . Cf. son Art povt. de 1555. — Pièces limin. de Sibilet dans un recueil de Du Bellay 1552), dont nous avons parlé p. 84, n. 1. — Continuation des Erreurs amoureuses de Tyard, « Chant en faveur de quelques excellens poètes de ce tems » 1551 . — Réplique aux fur. def. de Louis Meigret (1550) et Suite du Repos de plus grand trai>ail 1551 , par Des Autels.
2. L'un deux, Fr. Habert, qui avait enlevé en 1551 l'éloge de Ronsard de son Epître à Saint-Gelais, sans doute pour complaire à celui-ci ;L. Froger, op. cit., p. 24 , revint à son premier mouvement et porta aux nues Ronsard, Du Bellay, Magny, aussi bien que Marot et Saint-Gelais, dans son épîlre latine qui termine le commentaire sur Les divins oracles de Zoroastre 1558).
3. \' le n" 10 des Façons lyriques Lyon, juin 1553) \'oici le débul : « La paix est la fîlIedeDieu, | Aux noirs Enfers naquit la noyse : | Célébrons la paix en ce lieu | Dedans un branle à la françoyse ... 1 De Ronsart les chants nouveletz, | Trempez en l'audace Thebaine, S'accordent à la riche veine | Deremmiellé Saingelais ». — L. Froger \op. cit. y p. 26i et Marty-Laveaux Xotice, xxxiii) ont cité la dernière strophe ; mais ils ont pensé à tort que c'est Des Autels qui ménagea la réconciliation. Quand ces vers furent écrits, la paix était déjà faite, grâce à L'Hospital et à Morel v. ci-dessus pp. 90 à 92).
4. J'ai souligné les noms de ceux que l'on fait figurer d ordinaire avec Ronsard dans la Pléiade, laquelle ne fut guère formée avant 1555. Sur les autres, v. la Rev. d'Hist. litt. de 1905, où j ai publié le texte primitif des Iles Fortunées. Noter enfin que si Peletier, Ch de Sainte Marthe, P. des Mtreurs, Chasteigner, ne sont pas nommés, c'est qu'ils sont loin de Paris ; que Ligneri et Martin sont morts ou mourants ; que Bouju et Berger, le prétendu auteur des Dithyrambes, semblent délaissés.
DE l'oeuvre LYRIOL'E DE RONSARD 111
plates enlèvent à celte pièce toute forme lyriqae, Ronsard lui a donné provisoirement le nom d'ode, peut-être en souvenir d'Horace, dont la 13« épode lui avait suggéré l'idée et les développements généraux de ce départ pour les Iles Fortunées ; il l'a placée là provisoirement aussi ', parce qu'il avait hâte d'exprimer publiquement sa reconnaissance à l'humaniste Muret.
Celui-ci était arrivé à Paris vers le milieu de 1551, précédé d'une éclatante réputation de professeur, acquise à Poitiers et à Bordeaux ; son succès dans cette dernière ville avait été si considérable que des Parisiens y étaient allés pour l'écouter, et je ne serais pas étonné que Ronsard en 1547 eût entrepris le voyage de Gascogne avec cette intention sur le conseil de Dorât. A Paris la gloire de Muret n'avait fait que croître, au point que le roi et la reine se déplacèrent pour goûter son enseignement. Un tel maître, interprète éloquent d'Homère, de l'Anthologie grecque et des élégiaques latins, ne pouvait qu'être admiré de la Brigade, qui le proclama « divin » à l'égal de Dorât -, et subit son influence profonde, d'autant plus qu'il avait l'avantage de la jeunesse ("28 ans en 1552, comme Ronsard) et partageait tous les goûts de ces joyeux vivants ^. Très vile une grande intimité s'élablit entre eux et lui*; des vers très admiratifs furent échangés ^ ; on se rencontra à la table du prodigue Jean Brinon, que ses hôtes chantaient à lenvi et auquel Muret dédia son volume de Juvenilia le 1'^'' décembre 1552 f'. Muret ciimposa la musique d'un sonnet des Amours de Ronsard ; Ronsard le nomma parmi ses émules en « érotologie » dans l'épilogue du même recueil '; Muret écrivit une ode Ad P. Ronmrdum Gallicorum poetarum facile prini:ipem » ; Ronsard lui dédia les dix-sept épigrammes des Folastries qu'il avait traduites de l'Anthologie grecque à son exemple ou sur son conseil '-' ; enfin Muret commenta la 2^ édi-
1. Celte pièce n'a paru sous le nom d'ode et parmi des Odes que dans des éditions partielles. Dès sa première éd. collective, Honsard la plaça au 1" livre des Poèmes.
2. Ronsard fait allusion à ces traductions commentées dans les Iles Fortunées (v. ciaprès, pp. 121 et 122 ; Bl., VI, 176 , et Baïf dans le sonnet de 1552: Sçauant Muret (éd. M.-L., I, 26). Muret a d'ailleurs publié à Venise des éditions commentées de Catulle et de TibuUe en 1554, de Properce en 1558.
3 II était à la « pompe du bouc de Jodelle »(cf />i(/iyramies, etCoUetet, Viede Muret).
4. Par l'intermédiaire de son compatriote et parent le Limousin Dorât, ou de Du liellay, qui l'avait connu familièrement à Poitiers.
5. On trouve en tète des Juueiulia des vers de Denisot, Dorât. Bail', Jodelle, et dans le cours du volume des pièces latines de Muret à ses compagnons de travail et de plaisir. Ce volume parut, comme les Amours et les Folastries, chez la V"^' M de la Porte.