V. ci-dessus, p. 85, note
8. Cette ode, ejtrémement flatteuse et amicale, a été publiée à la fin des Juvenilia.
9 V. ci dessus, pp. 94 et 95. Ronsard semble avoir voulu donner dans sa traduction française un pendant aux Epigrammata publiés quatre mois avant dans les Juvenilia. Il peut même se faire que pour quelques épigrammes Ronsard se soit contenté de Ira-
tion des Amours, et ce fut en retour de celte précieuse collaboration que Ronsard lui consacra le poème des Iles Fortunées, où Muret est pris pour « guide vénérable » de la jeune école au pays imaginaire du bonheur *.
Aux environs d'avril 1333, Ronsard traversa sans aucun doute une véritable crise de mécontentement et de mélancolie : dans les lies Fortunées il rêve de quitter l'Europe qui est en proie à la guerre et à toutes les misères morales ; l'ode Sur les misères des hommes peut servir de pendant à ce noir tableau, car il y paraphrase quelques pensées tristes de Simonide et d'autres poètes gnomiques de la Grèce 2. Les causes ? L'amour et la pauvreté, comme pour Lamartine écrivant le Désespoir. Le poète est derechef séparé de Cassandre, après avoir joui quelque temps de sa présence, plusieurs sonnets de 1353 nous l'apprennent 3. Puis il ne reçoit pas du roi la récompense qu'il en espérait ; en vain la paix est faite avec Saint-Gelais, si quelque courtisan s'oppose encore à sa fortune ; en vain sa Muse triomphe, si elle tremble de faim^; ses amis le proclament le prince des poètes, que n'est-il aussi le poète des princes^? Enfin sa dernière œuvre lui a valu des remontrances, peut-être pire, de quelques membres du Parlement et de ses meilleurs amis ; et c'est sans doute pour cette raison
dulie la traduction orale ou écrite de Muret. Ilcsl certain que, en 1554, 55, 56, Ronsard a imité au moins trois des Epigr. de Muret.
1. Cf. Uejob, thèse sur Muret, p. 28. Kn août 1553, Ronsard adressait encore à Muret l'éléf^ie : Nottt Muret, non, ce n'es/ pas dujourdui. Malgré les poursuites qui forcèrent le célèbre humaniste à quitter Paris pour l'Italie vers la fin de 1553, Ronsard resta en relations avec lui. Il est vrai que son nom fut remplacé par ceux de Paschal et de Bruès au Bocage de 1554. mais il reparut en 15B0; en outre. Muret a commenté nombre de pièces de Ronsard postérieures à 1553, et les deux amis se revirent quand Muret séjourna à Paris en 15(32-63 ; enfin, dans une lettre à Passerat, écrite vers 1566, Ronsard a l'ait un grand éloge de Muret (Hl , \'lll,16il. — M.-L., VI, 482. Voir encore les Epistolae de Muret ; et des Lettres inédiles publiées en 1883 par P. de Noihac (dans les .Mélanges Graux), en 1906 par Franck Delage dans le Bulletin de la Soc. arch du Limousin, t. LVl).
2. Ronsard s'est inspiré de Mimnerme, mais surtout de deux pièces que le xvi s attribuait à Simouide d'Amorgos : Oùoèv £v àvfipu>7:o;a[ jjiévs'. yprjjt.' £u'7r$oov orUf.., et : 'i> r.cil, -zilo^ jJi'îv ZeJ; ï/J.: ^apJXTuiro;... (V. Ltjriquet grecs de Bergk, II. 736, et III, 1146 . Suivant une opinion généralement adoptée depuis, la première, développement d un vers d'Homère, est 1 œuvre de Simonide de Céos cf. A. et M Croiset, Litt. gr., II. 194 et 251). — L'ode se termine par des réminiscences d'Homère, de Nicandre et d'Hésiode.