V. ci-dessus, pp. 112, n. '2 et 114, n
2. V. à ce sujet un passage très important de l'tlloge funèbre écrit par Georges CrittoQ, professeur au Collège de Boncourt, et prononcé le jour des obsèques solennelles de lîousard p. 8j, passage que (i. CoUetel a signalé avec raison dans sa Vie de lionsard, pp. 33-34 de 1 édition de cette Vie par Blancheniain. (V. mon édition de la Vie de Huiisard par Cl. liinet, Commentaire, aux mots M en sa mort ».)
3. Ces deux recueils ont été imprimés en vertu d'uu privilège ro3'al octroyé à Konsard le 4janv. 1553 {c'est-à-dire 1554, d'après le nouv. st^'le,. L'achevé d'imprimer du Bocage éditeur V= Maurice de la Porte) est daté du 27 novembre ; celui des Meslanges lédileur Gilles Corrozetj est daté du 22 novembre. Mais le Bocage parut avec le millésime 1554, les Mealangcs avec le millésime 1555 iB. N., Rés pYe 123 et 124).
4. \'. ci-dessus, pp. 31, 50 et 51, 110, 121. I-*aschal est également nommé dans les Dithyrambes parmi les poètes et les humanistes qui fêlèrent Jodelle à Arcneil.
S.Hl., 1, 3U5 ; M -L., VI. 5.
(5. Sans aucun doute le Bocage de 1554 et sa réimpression de Rouen N. Le Rous, 1557; étaient déjà presque introuvables à la fin du xvi'^ siècle, puisque Thomas Soubron ;15i)3^ et Nie. Buou ^.609,, les premiers éditeurs qui recherchèrent dans les éditions originales les pièces retranchées, n ont pas reproduit cette ode, ni aucune des autres pièces (4 vœux et 1 épitaphe) qui ne parurent que là. Blancheniain non plus ua pas consulté le Bocage de 1554. — Cf. lieu d'Hisl. /i» , 1902, p. 69, note.
Mais la leçon, que par l'oûye La Muse m'a mise au cerveau, Ne s'est perdue évanoûye. Comme une fleur du renouveau :
Car tous les jours elle foisonne En fruict qui n'a point son égal, Tesmoing ce livre que je donne Pour un présent à mon Paschal '.
Quelcun trouvera bien estrange Et ridera son front, dequoi J'heùre Paschal d'une louange Dont heureux se tiendroit un Roi :
Mais moi contant, qui ne mandie Des Rois ni biensfaictz ni honneurs, Aux sçavans mes vers je dédie Plus volentiers qu'aux grans Seigneurs.
Car leur faveur n'est perdurable Et leurs biensfaicts sont inconstans :
Mais la science vénérable Dure pour jamais, ou long tems.
Puis j'espère qu'en recompense, Paschal me fera quelquesfois Immortel par son éloquence Qui vault mieux que le bien des Rois.
Ronsard comptant sur Paschal pour passer à la postérité ! Ces derniers vers ne se comprendraient pas si l'on ne savait que Paschal — réputé pour son éloquence latine au point que le Sénat de Venise s'en émerveilla, nous dit Muret -, et qu'O. de Magny l'appelait le Cicéron français '■' — avait annoncé vers loo3 urbi et orbi son intention d'écrire, il la façon de Paul Jove, les éloges des doctes personnages de son temps. Aussitôt tous les jeunes poètes de le flatter, de le porter aux nues, avec l'espoir d'être compris dans sa galerie d'hommes célèbres.
1. Ces deux premières strophes sont imitées d'un fragment de Callimaque, troisdistiques intitulés llipl •ipy.tx'j.i-.wi et commençant par : Ka! 'cip ï ,''" "i l-ts'' oua... (Voir les rvtouoXoY ït deTurnèbe, 1553, et les rvojjJLOYpipo'. de Crispinus, 1584). — Muret avait publié en décembre 1552 parmi ses Epigrammala la traduction de ce fragment (trois distiques intitulés : E graeco Caltimachi et commençant par : « Namque et ego nitido capiti .. ,. Ronsard s'esl-il inspiré du texte grec, ou de la traduction latine qui l'aeconipagnail dans le recueil de Turnèbe, ou de la traduction latine de Muret 7 11 est impossible de le dire II s'en est souvenu encore dans l'Hymne de l'Or iBl , V, 228; et i( peu de jours avant sa mort » Id., VIll, 48).
2. Commentaire du sonnet : De toy, Paschal... Cf. l'ode à Michel-Pierre de Mauleon Bl., 11, 424 — M. L.,I1. 297).
3 Voir dans les ,4niours de Magny une Ode à Paschal ; dans ses Gagelez la dédicace à Paschal et pnssim ; dans ses Odes, une pièce 4 P. de Ronsard et à P. de Paschal parue à la fin du Bocage de Ronsard, et surtout une pièce A P. de Paschal, hisloriografe du Boy.
DE L'dKrVRE LYRiniE DE BONSABD 127
Ronsard, auquel il avait sans doute promis l'une des meilleures places, ne lui ménagea pas les compliments, et c'est à un sentiment de reconnaissance anticipée, autant qu'à un désir bien naturel d'immortalité, que nous devons les strophes citées plus haut, ainsi qu'une épître du même Bocage, pleine de détails autobiographiques destinés à préciser et fi illustrer son futur panégyrique :
^ Je veus, mon cher Pascal (sic), que tu n'iguores point
D'où, ne qui est celui, que les Muses ont joint D'un neud si ferme à toi '...
En même temps Ronsard, qui préparait une nouvelle édition des Odfs, changeait les huit derniers vers de l'ode A Pierre Paschalde 1530, et les remplaçait par ceux-ci, tout à fait de circonstance :
Quoi ? c'est toi qui m'éternise.
Et si j ai quelque renon {sic) Je ne l'ai, Paschal, sinon Que par ta vois, qui me prise.
Car jamais le tans n'amaine Comme aus autres, des ouhHs Ans écris qui sont polis De ta langue si rommaine '-.
Mais l'ouvrage annoncé ne parut jamais, et notre poète, mécontent d'avoir été à ce point leurré, écrivit sur le mode ironique un Eloge lalin de Paschal, dans lequel il sut « descouvrir à propos sa piperie », comme nous l'apprend une lettre curieuse d'Estienne Pasquier 3 ; puis en 1360 il fit disparaître de son édition collective l'ode liminaire du Bocage qui nous occupe, et remplaça ailleurs par d'autres noms (Pasquier, Grévin, Belleau, Muret, Masures) celui de cet « abuseur du monde qui repaissait les gens de fumée au lieu de rost '' ».
1. C'est cette épître qui dès 1560 (après une brouille très compréhensible entre Ronsard et Paschal, que Marty-Laveaux a racontée, \otice sur F de Honsard, pp. m à v) changea de destination et devint, avec de légères variantes, la fameuse Elfgie ù Renii Belleau. L.es biographes do Honsard, ignorant ce détail ou le négligeant, n'ont pas tenu compte de l'esprit qui dicta primitivement à notre poète cette autobiographie.
2. Les strophes qui terminaient primitivement cette ode étaient d'un ton tout à l'ail diBérent. Je lésai rééditées dans la Reu. d'Hist. lit!., de janv. 19U2, p. 69.
3. Deuxième lettre de Pasquier à Ronsard '11, xvi, col. 23, éd. 1723 , citée presque un entier par Marty-Laveaux dans sa Notice sur Honsard, p. iv. Cf. la lettre de Pasquier à La Croix du .Maine liv. IX, ix.
4. Expressions de Du \'erdier dans sa Bibliothèque Lyon, 1585, p. 1035 . Elles sont anodines auprès de celles de Pasquier, pour qui Paschal est un <* grand monstre » ■' une dangereuse beste ». Ronsard et Paschal se réconcilièrent après 1560, témoin le sonnet : Je meurs. Paschal. quand je la vois si belle, qui parut en 1564. et un passage de la Bentonstrance au peuple de France ^2"^ éd., 1564^ qu'on trouvera dans Bl., \'ll, 70. Paschal mourut en 1565. Deux ans après, dans la 2« éd. collective, reparut le sonnet De loy. Paschal, il me plaist..., supprimé lui aussi en 1560 — Sur ce personnage et ses
Le Bocage de 1354, q\i'on a souvent confondu bien à tort avec le Bocage roijal de 1384, contenait un premier groupe de pièces qu'il est dilTicile de rattacher à un genre littéraire bien déterminé ; ce sont les Vœux, inspirés par les Epigrammes votives de l'Anthologie (àvaÔTijJiaxa) et par les imitations qu'en avait publiées le poète néo-latin Andréa Navagero *. Nous leur attribuons sans hésiter cette double origine, bien que Ronsard n'ait indiqué ni l'une ni l'autre, contrairement à ce qu'il avait fait pour les Epigrammes des Folasiries. Il peut avoir traduit, comme il l'aflinne, ces dernières pièces directement du grec, sans recourir aux traductions latines de Second, de Muret ou d'Ausone. Mais pour les Vœux il eut certainement sous les yeux le recueil de Navagero en même temps que V Anthologie ; la présence de l'odelette qui les suit suffirait à le prouver, car elle est imitée intégralement d'une pièce qui figure parmi les Vota de Navagero et n'a pas son prototype A&nsV Anthologie. En voici une autre preuve : le recueil de Navagero se termine par la traduction d'un fragment de Ménandre ; or Itonsard l'a transposé dans l'odelette Lors que ta mère estait preste à gésir de toi, qui fait partie du Bocage de 1554 -.
relations avec la Pléiade, voir encore P. Bonnefon, Pierre de Paschal, Itistoriographe du roi (Paris, Techener, 1883). H. Cbaniard, thèse fr., p. 416, et L. Clément, thèse lat,, pp. 57 à G9.
1. Noble Vénitien, ambassadeur auprès de Charles-Quint et de François I"', mort en mai 1529 à lilois. Son nom latin est Naugerius. C'est a son influence qu'est due en grande partie la Renaissance poétique en Espagne : Ticknor et Fitzmaurice-Kelley {Hist. de la litt. espagnole) pensent qu'aucun étranger ne modiBa une littérature nationale d'une façon plus profonde et plus soudaine que Navagero rencontrant Boscan à Grenade en \f>'l^. \'oir encore (iiuguené, Hist. litt. de l'Italie, tome Vil, pp. 414 et suiv. ; J. Marsan, thèse fr., 1905, p. 97. — Ses poésies latines parurent en mars 1530 à Venise, chezJ. Tacuino, à la suite de deux de sesdiscours latins, sous le titre général de Liisus, et sans titres particuliers isauf trois id\-lies;. Ce texte princeps fut réédité à Florence par Torrentino en 1552, avec la même disposition, dans le recueil intitulé Carmina quinqtie illustriuinpoetarum, à côté des poésies latines de Bembo. Casliglione, Cotla et Flaminio. Il se peut que Ronsard ait connu ces éditions. Nous croyons cependant qu'il profita d'une troisième édition, publiée à Paris <■ pcr Nicol. Divitem, sub insigni geminae anchorae », sans date, dans le recueil intitulé Doetissimonim nostra aetule Italoruni Epigranmiata ;Flaminii, Molsae, Naugerii, Cottae, Lampridii, Sadoleli et aliorum). Bibl. Nat., Hés., pVc, 1237. — Nous datons ce recueil de 1548, parce que d'une part il ne contient que les deux livres des Carniina de Flaminio qui a\'aient seuls paru alors de ce poète, et que d'autre part Nicolas Le Riche n'exerça que de 1540 à 1548 \Marqties typogr. de Silvestre, p. 204). Fin outre, dans celte édition, chaque pièce de Navagero a un titre particulier, qui a plus d'une fois passé dans les imitations de Ronsard, par exemple : Vota Cereri pro terrae frugihns : Vota ad auras ; Vota lotae Paui ayresti deo ; Vota Datnidis ad Baechunt pro vite ; Lyconis uota Pani deo: Tyrsidis vota Veneri,. ; Leucippem amtcain spe praentioruni invitât', ... Preeatio ad nocteiii pro celandis amoribus ; ... Gratiilatio ad Soinntim per gaeni dorniiciis potiri arnica videbatur ; ... Preeatio ad Veneretit ut pertinacem Lalagen inolliat ; ... Onien Parcaruin de puero recens nato, etc. On peut tirer des variantes mêmes de 1 édition parisienne la preuve que Ronsard s'en est servi.
2, V. ci-après, p. 131, n" 16. Ce fragment de Ménandre avait déjà été traduit par Mellin de Saint-Gelais On trouve également à la fin du recueil de Navagero la linduction d'un fragment de Philémon. Ces deux pièces intitulées : Ex- l'iulaeiiioiie ; E.v
DE l'ŒIVRE LYRIQL'E DE RONSARD 129
Ces pièces devaienl-elles rentrer dans notre étude? Oui, si l'on s'arrête avec nous aux considérations suivantes. De toutes les épif;ramnies de ['Anlholo(ji>', les ' A'/OLfi-r'^^axo. sont les plus lyriques par le fond, puisque ce sont des prières proprement dites ou des actions de grâces, accompagnées d'oiïrandes à une divinité. Ronsard l'a pensé ; pouvonsnous en douter après ce que nous avons déjà dit de l'évolution de son lyrisme ? Aussi a-t-il donné aux six vœux de 1554 la forme de l'odelette, les écrivant en petits vers et divisant quatre d'entre eux en strophes à rimes croisées. A vrai dire, les deux seuls qu'il conserva dans ses éditions collectives furent rangés parmi les Poèmes ; mais ce fut surtout à cause de leur brièveté épigrammalique, car les vœux de 1550, sensiblement plus développés, le ]'œu à l'hebus, le Vœu à Lucine, le Vœu au Somme, l'Ode à l'hebus lui vouant ses cheveux, restèrent classés parmi les Odes. La meilleure preuve que la Brigade considérait les vœux de l'Anthologie comme une variété du genre lyrique, c'est que Du Bellay, A. de Baïf et 0. de Magny ont aussi donné la forme slrophique à la plupart des leurs, et que Magny a franchement rangé les siens dans le recueil de ses Odes '. Horace, l'un de leurs modèles préférés, n'avait-il pas compté au nombre de ses Carmina les vœux Ad Dianam et Ad Venerem - 7 Nous n'avions donc pas le droit d'exclure de notre étude les vœux de 135-4, dont voici la liste :
1. — Vœu d'un chemineur a une fontaine: Pour m'estre dedans ton onde (M -L.
2. — D'un vaneur de blé au vent Zefire : Durant l'Esté que j ahanne (Ibid.).
3. — D'un pasteur au dieu Pan : De ma brebis ecorchée (Ibid., 363).
4. — D'un vigneron a Bacis (sic) : Ecoute, anfunçon de Silène (\il., VI, 410. —
5. — D UN pe[s]cheur aus Naïades : Si de ma tramblante gaule (Ibid., 411. —
Ibid., 59).
6. — D'une courtizanne a Venus : Si je puis ma jeunesse jolie (M -L ,VI, 363)^.
Des autres pièces nouvelles que le liocagc de 1534 contenait après ces vœux, nous devons mentionner les suivantes, soit qu'elles appar-
Menandro, ont mis Itonsard sur la piste d'autres fragments de Philéinon et de Ménandre, qu'il a utilisés dans l'odelette du 2' Bocage : Nous vinons, mon Panjas, une oie sans vie, et plus tard dans rélégie à Robert de la Haye : Si J'estois à rcnaistre au ventre de ma mère.
1. V. les Jeux rusli(iues de Du Bellay .1558), les Odes de Magny 1559), les Passetenis de Baïf 1572;. Cf. H. Ghamard, tliêse fr., pp. 407 à 411.
2 Carm., III, 20 et 24.
3. Les n"' 1, 2, 3 et (j sont restés 33G ans sans être réimprimés, depuis l'édition partielle de Rouen 1557; jusqu'à la publication du 6' vol. de l'éd. Marty Laveaux (1893). V. ci-dessus la note (i de la p 123. Il est probable que Ronsard rejeta ces vœux de ses éd. collectives parce qu'il les jugeait inférieurs à ceux de Du Rellny.
PIERRE DE HONSAHD. 9
tiennent au genre lyrique à la fois par le fond et la forme, soit que Ronsard les ait rangées parmi les Odes dans ses éditions collectives (1360-84) :
1. — Les dons de Jaquet a Isabeau : Si tôt, ma doucette Isabeau (B\., Il,
2. — Epitafe de Michel Mabuli.e TAncHANioT, de Constantinopi.e : Dites bas
de bonnes paroles (Bl., VII, 238. - M.-L., V, 307).
3. — Epitafe de Jehan de Ronsard, son oncle : Que sert ans hommes de sui-
m>(M.-L., YI, 364)-.
4. — Ode a in Rossignol : Gentil Rossignol passager (BI., II, 420. — M.-L.,
5. — Odelette a (.ohydon : Corgdon verscsans jin (Ibid., 391. — Ibid., 55).
6. — Odelette a luv mesmes : Pour boire dessus l'herbe tendre (II, ICI. —
7. — Odelette a lui mesme : J'ag l'esprit tout cnnugé (II, 162. — II, 213) ^.
8. — Odelette a sa maistresse : Je t'ai offencée. maistresse (VI, 401. —
9. — Odelette al' Somme : 7; ;?io/i Dieu (jue je le liai Somme (II, 392. —
10. — Odelette a l'amoub : 7; /<iis.':e moi dormir. Amour (II, 393. — VI, .56).
11. — Odelette a Joachin di Bellay, Anoevin : Escoute, du Bellai, ou les
Muses ont peur (II, 170. — II, 225) ''.
12. — Ode a Michel Pierhe de Maileon, Photenotéhe de Dirham: Si mes rers
semblent dou.r, s'ils ont eu ce bon heur (IV, 349. — II, 226).
13. — Odelette a Jan Nicot de Nîmes . Lu Ntilurr ii donne des cornes ans
Toreaus (VI, 271. - II, 227) '■.
1. Celte pièce, qui sera rangée dans les Odes en 1560, n'avait pas dans l'éd. princeps d'autre titre que celui-ci. Uonsard, l'ayant imitée d'un lusiis ou epiyramnta de Navagero : Leucippein amicam spe praemiorum invitât^ qui venait après les Vola ad auras, ad Bacvhuin pro vite, Venerif etc., la plaça dans son Bocage à la suite des i>œux, la séparant des Odes proprement dites pardes groupes d'épitaphes, de sonnets et de poèmes. V. ci-après, cli. sur l'Ode rustique. § I, H.
2. Celte pièce, supprimée par Ronsard dès 1560. a eu le même sort que l'ode liminaire et quatre vœux du 2^ Bocage ; elle ne reparut qu'en 1893. (V. ci-dessus, p. 125, note 6, et 129, note '^ . — Sur Jehan de Ronsart, v. ci-dessus, p. 7.
3. Après le 4' Imitain de cette ode. on lit douze vers qui, supprimés dès lôGU, ont échappé aux éditeurs posthumes. .le les ai réédités dans la Hev. de la Renaissance de juin 1903 [cf. ci-après, 2*" Partie, chap. sur 1 Ode érolico-hachique, ?; I ^.
C'est dans celte pièce et les deux précédentes qu'apparaît pour la première fois le ])age dénommé Corydon. Sur sa personnalité, v. O. de Magny, Gayetez, pièce A Corydon, seiuitfiir de îtonsurd ; Guy de Hruès, Dialogues, 1. Etait-ce déjà Amadis Jamvn ? Peut-être. Il avait à cette date environ quinze ans. En tout cas. l'auteur du Temple de Ronsard, qui avait été très lié avec notre poète, distingue parmi ses domestiques Corydon d'Amadis RI.. \'I1, 91 et 93). D'après ce pamphlet et les odes du 2* Bocage^ il semble que Corj'don ait été un « \alet cuisinier »>.
4. Du Bellaj^ était alors à Rome. Cette ode lui parvint probablement par l'un des secrétaires d'ambassade qui partirent pour Rome en 1554. par ex. Panjas.
5 J. Nicot 1530-16001 figure, avec Ronsard, Baïf et Aubert, parmi les interlocuteurs des Dialogues de Rruès (1557i. En 1559 il devint maître des requêtes de l'Hôtel du Roi, et en 1560 ambassadeur eu Portugal II collabora au Dictionn. latin-français de R. Estienne et composa le Thresor de la langue française. V. l'ouvrage de E. Falgairolle, Jean Nicot, ambassad. de France en Portugal ; sa correspondance diploniat . inédite 1897J.
DE l'cEIVRE LYHIOL'E DE RONSARD 131
14. — Odelette a Jan de Pardaillan Panjas le jelne : Xoiis uivoiis, mon
Panjas, une vie sans vie (IV, 305. — ^ II, 228) '.
15. — Odelette a Olivier de Mag.m : Qu'on me dresse un aiilel, que nonper
on m'ameine (VI, 269. — II, 216) -'.
16 — Odelette a lii .mfsme : Lors que la mère estait preste à (jesir de loi fVl,
17. — Ode, ou songe, a François de Hevergat : Du malheur de recevoir Jl,
Suivait un groupe de six odes déjà parues dans le premier Bocage •'. C'est le seul point commun qui existe entre le Bocage de 1330 et celui de 1334. Si l'on remarque d'autre part que ce recueil non seulement ne contient pas un vers qui s'adresse au roi, à la reine, à un prince ou à une princesse, mais encore débute par une ode défavorable au.\ « grans Seigneurs », on verra quelle grave erreur certains historiens ont commise en le confondant avec le Bocage rogal, lequel n"a aucun point commun avec lui et ne forma une section des œuvres de Ronsard qu'en 1384 ". Bien mieux, rien n'est moins « royal » que le Bocage de loo-i. Les odes que nous avons réunies dans le tableau précédent sont encadrées de pièces qui, presque toutes, prennent comme elles, malgré quelques doctes passages insérés a dessein, le même ton simple, osons dire populaire, souvent d'ailleurs plein de finesse, qui caractérise la Muse de Ronsard en 1333 et 34. Citons entre autres : la Fanlasie à sa
1. On lit à la fînde cette pièce quatorze vers qui, supprimés en lotîO, ont échappé aux éditeurs posthumes. Je lésai réédités dans la Hei'. de la Renaissance de juin 19U3. Ils nous apprennent que Panjas ou Rangeas; était secrétaire du cardinal Georges d'Armagnac, qu'il suivit à Rome en avril 1554, d'après Ribier, Lettres el Mémoires d'Eslat, t. II, pp. 017-18). — J. de Pardaillan, protonotaire de Panjas, était un gentilhomme gascon, qui chanta sa maîtresse sous le nom de Colombe. 11 en est souvent question dans les œuvres de Tahureau, de Magny et de Du Bellay ; Ronsard lui adressa encore les sonnets de 1555 ; QuiconLjue voudra, et J'avais cent fois juré ;B1 , I, 202-tJ3) II faisait partie de la Brigade. V. ci dessus, p. 121 ; L. Couture, Esquisse d'une hist. tilt. de la Gascogne, p. 572 du tome II du Bulletin d'Auch; H. Chamard, th fr., p. 350, n. 4.1
2. Cette pièce avait paru dès le mois de juin 1554, à la lin des Gayelez de Magny. jV. ci-dessus, p. 118, note 3). Les relations de Ronsard et de Magny ne semblent pas remonter au delà de 1553. Ronsard écrivit à la prière de Magny un sonnet liminaire pour ses Amours au mois de mars 1553 v. la réédition de ce recueil par Blanchemain, pp. 9 et 82;. Quant au départ de Magny pour Rome à la suite de ,1 d'Avanson, il n'eut pas lieu avant mars 1555, quoi qu on ait dit. ^Gf. Ribier, op. cit., II, p. 604 ; H. Chamard, thèse fr., p. 315, note 4.)
3. Cette pièce et les quatre précédentes, bien que composées en alexandrins à rimes plates, ont toujours été conservées parmi les Odes du vivant de Ronsard Blanchemain les a rangées dans les Elégies et les Poèmes d'après la première édition posthume.
4. Revergat, avocat et poète toulousain, d'après une ode de Magny, publiée en 1553 à la suite de Vltymne sur la naissance de Madame Marguerite (cf Favre, thèse fr., p. 149,. Magny lui adressa encore le sonnet .xxxvn des Souspirs. Ronsard remplaça sou nom par celui de Robertet seulement en 1584.
5. V. ci-dessus, p. 34, n«' 1. 4, 7, 8, 11 et 12, et p. 92. 6 V. ci-dessus, p. 34, note 3.
[lame *, l'épiire A Ambroise de la Porte -, les épitaphes de François Rabelais, d'Albert joueur de Luc, de Philippe de Cov>mincs, de Jaques Mernable joueur de Farces ', la Prosopopée de Louis de Ronsard son père *, le sonnet Cesse tes pleurs, mon livre ^, l'élégie A Cassandre : Mon œil, mon cœur '', le Narssis, pris d'Ovide, à François Charbonnier, Angevin ", une série d' Fpigrammes et, sous le nom de Gayeté, une « folastrie », déjà parues en 1553^, enfin et surtout trots pièces adressées à Rémi Belleau, la Grenouille, le Freslnn, le Fourmi/, qui sont de véritables blasons (genre si cher aux disciples de Marot) 9, avec les allures et le rythme des Folastries.
Toutes ces œuvres, aussi bien que les odelettes qu'elles accompagnent, confirment ce que nous avons dit de l'évolution esthétique de Ronsard en ces années-là ; les vers suivants, extraits du Fourmy achèveront de fixer nos lecteurs à ce sujet :
Mais, bons Dieus, que dira la France, Qui tousjours m'a veu des enfance Sonneries Princes et les Rois ..
Or, si à Vergille on veut croire. On n'aquiert pas petite gloire A traicter bien un œuvre bas "* :
Aussi, tousjours il ne fault pas Que le bon menestrier acorde Tousjours un chant sus une corde.
Et qui voudra bien plaire, il faut Ne chanter pas tousjours le haut.
Là donques, ma petite lyre, Sonne, et laisse à la France dire Cela que dire elle voudra :
L'homme grave qui ne prendra
1. Bl , VI, 332 ; déjà parue dans les Odes de 1553 (v ci-dessus, p 92).