Bl.. VI
8. V. ci dessus, pp. 94 et 95. 2» folasirie.el épigr. 17, 1, 7. 9, 11, 12 et 15. En juin 1554, Magny avait fait paraître ses Gayelez ; c'est probablement ce titre qui suggéra à Ronsard l'idée de réimprimer de 1554 à 1557 sous le nom de Gayeté sept de ses folastries (v. ci-dessus, p. 105. et la note 4).
9 Bl., VI 315, 322. 351. Le mot blason n'est pas au titre de ces pièces, mais on le trouve dans une pièce analogue des Mestanges, le lioiix ; « Mais moi, sans plus, je veux dire | Kn ces vers, d'un slille dou.v, | Le nouveau blason d'un Houx » (Bl , VL 181). Cf. l'éloge du Verre paru la même année, fin du 10' vers Bl., 111, 403).
10 Allusion à ces vers des Géoryiqiies :
In leniii labor ; at tennis non yloria, si queni
S'umina lœva sinnnt audilque vocatus ApuUo (IV, 6 et 7).
DE L'œOVllE LYBIOI'R DE RONSAKD 133
Plaisir en si basse folie, Aille fucilletcr la Délie '.
Les mêmes observations s'appliquent au recueil des Meslanges, imprimé en même temps que le 2"^ fiocage. Il en était comme une xuite, et cela est si vrai que certains feuillets des Mexlangcs portent comme titre courant : 11'^ Livre du Bocarje -. Ronsard le dédiait, à Jean Brinon, conseiller au Parlement de Paris 3. Hors de la Cour il n'est pas d'homme au xyi*" siècle qui ait été plus prisé et plus encensé parles écrivains et les artistes que ce .lean Brinon — h moins que ce ne soit Pierre Paschal, mais Brinon, pour être chanté, s'y prenait de manière plus louable, et il ne compta que des amis jusqu'à sa mort. C'était un magistral joyeux et prodigue, un viveur, qui avait la passion des poètes, des peintres et des musiciens ; lui-même jouait de la guitare, chantait et pétrarquisail ; l'hospitalité qu'il leur offrait, peut-être en compagnie de Sidère, sa maîtresse et collaboratrice, soit à Paris, soit dans ses propriétés de Villennes et de Medan, était digne d'un grand seigneur. Son insigne beauté, sa conversation spirituelle, ses repas fastueux (on y buvait le malvoisie dans des coupes d'or), ses divertissements de choix, ses riches cadeaux, lui gagnaient tous les cœurs, et c'était à qui célébrerait de son mieux ce Mécène d'un nouveau genre *. Ronsard, à qui Brinon avait ofi'ert, en témoignage de singulière amitié, successivement un verre, une statue de Bacchus, une panoplie et un magnifique chien, lui adressa en retour une Elégie du Verre, un
1. Bl., \'I, 322. Ces vers très curieux montrent l'opinion que Ronsard avait alors sur la Délie de Maurice Scève, dont les idées platoniciennes et la gravité obscure faisaient un tel contraste avec les Folastries et le Bocage.
2. Une autre preuve que les Meslanrjes ont été composés après le flocage, bien que leur achevé d'imprimer soit antérieur à celui du Bocage, c'est que VOdelette à sa Maîtresse des Meslanges ^n" 16 de mon tableau^ est la palinodie de VElegicà Cassandre du Bocage.
3. Ce personnage était le fils d'un ancien premier président au Parlement de Rouen, que Marguerite, sœurde François 1'"', duchesse d'Alençon et de Berry, avait eu comme chancelier avant son mariage avec Henri de Navarre Cf. Génin, éd. des Lettres de .Marguerite d'Angouléine ; Despériers éd. elzévirienne. 1,153, note.
4 V. pour ces détails ; une épigr. de Ch Fontaine dans la Fontaine d'Amour (1546) ; les dédicaces de l'iphigene de Th Sibilet (1549:, du Temple de Chasteté de Fr. Habi-rt (1549,. du Premier Hure des Pscaumes mis en musique par Goudimel 1551), du IX^ Liure d'A/iindis traduit par Cl. Colet 1552), des .hwenilia de Muret ;1553 , des Bnisseanx deCh. Fontaine fl555, ; les vers que lui ont consacrés Ronsard. Du Bella}', Magny, Dorât, Baïf, Pasquier etc. ; l'Hist de la nature des Oyscaii-r, de P. Belon {1555>, IV', ch xxvi, p. 222 passage cité par H Chanu>rd dans sa thèse fr., p. 84 ; le Bulletin du Bibliophile de 1849, n's 1 et 2, art. de Jérôme Pichon sur la seigneurie de Medan. — Sur Sidère, v Magny, sonnet 86 des Souspirs, et Odes éd. Courbet t. 1, pp 64, 67, 69) ; Baïf (éd. Marty-Lav., I, 188,221 ; III, 11, 13; IV, 332 ; Ronsard éd. Bl., VIII, 145) ; Fontaine, Ruisseaux, p. 346.
134 GENÈSK ET ÉVOLUTION
Hinne de Bacus (sic), un poème sur Les Arvies, un poème sur La Chasse, qui parurent dans les Meslanges K Qu'ils étaient bien faits pour s'entendre 1 Détail signillcatif : ce recueil contenait encore trois pièces à l'adresse de Brinon, une élégie et une ode où Ronsard, en homme d'expérience, lui prouvait la puissance et les bienfaits de l'amour -, un poème, le « blason » du Houx, dans lequel sans flatterie, mais en vrai connaisseur, il vantait, entre autres charmes, la table copieuse et délicate de son ami 3. Enfin les Mes langes contenaient encore une pièce où il est question de lui et de sa Sidère, la pittoresque Elégie à ,/anel Peintre du Hoij K Estienne Tabouret raconte que Brinon se ruina en dons et en festins, et que « sa libéralité envers des personnes doctes » le rendit» si nécessiteux qu'il mourut tout juste » 5. Mais quand il mourut, peu de temps après la publication des Meslanges, vers le mois de mars 1353, jeune encore et de façon inopinée, les poètes prodiguèrent les (leurs sur son tombeau et l'immortalisèrent ''.
Voici maintenant les poésies lyriques du recueil que Ronsard lui dédiait en novembre 1334:
1. — A SA LvRE : Naguiere chanter je l'oulois (Bl., II, 273. — M.-L., II, 344).
2. — Ode a Cassandre : Du jour que je fus amoureus I, 131. — I, 118).
3. — Ode a P- Faschal : Tu me fais mourir de me dire (II, 289. — II, 363).
4. — Odelette : Celui qui n'ayme est malheureux II, 290. — II, 364).
5. — Odelette a Jane : Jane, en te baisant tu me dis (II, 291. — II, 365).
6. — Odelette : Boy, vilain, c'est trop mangé (II, 351. — II, 432).
7. — Odelette A CoiwDoy : Nous ne tenons en nostre main 11,352. — 11,433).
8. — Ode a Christofle de Choisell, Abé de Mlreaux : Mon Choiscul, levé
tes yeux (II, 353. - II, 434) \