Bl.. I, 132, 162 note, 173, 179, 189,191, 220, 230, etc
5. Sur la date de leur rencontre, v. le sonnet /,e t'infiéni? d'.-lcri/ Bl., I, 151 etianote
DK L OErVRE LVHIOl-'E DE RONSARD loi
poétique. Il eut en effet sur le ton de ses poésies lyriques une influence décisive, qui fut des plus heureuses. Nous savons par le poète luimême que Marie n'était pas « d'un lieu si hautain que Cassandre », mais une « fille d'Anjou » '. Ce n'était que la « fille d'une hostellerie ». dit Relleau dans son Conmen/n/re du second livre des /l )nour\ publié en 1360 ^, une « simple païsante » d'après Baïf, qui la vit de près ■''. Elle était libre et d'accès relativement facile, surtout quand elle allait dans les prairies faire paître ses bœufs, hors des regards de sa mère et de ses sœurs ; certaines confidences de Ronsard ne laissent aucun doute à ce sujet *. Cassandre, mariée et inaccessible, fut donc abandonnée pour cette « fleur angevine de quinze ans », qui avait affolé par quelques coquetteries l'imagination de notre poète sensuel.
Au surplus, s'il rompit avec Cassandre, ce ne fut pas, comme il le prétend, parce qu'il n'obtenait pas la récompense dont au fond il se passait très bien, mais parce qu'il se trouva ridicule de soupirer ainsi vainement et ressentit une véritable lassitude d'avoir fait l'amoureux transi sans espoir, et, comme on disait alors, d'avoir « petrarquisé », pendant plusieurs années s. H s'é'ait pourtant flatté encore au début de 1554, dans V Elégie à Cassandre, d'être le Pétrarque français, et ce titre, tous les membres de la Brigade le lui décernaient à l'envi, sans aucune protestation des contemporains. Mais dès la fin de cette même année il était résolu à ne plus imiter, ou à imiter beaucoup moins, le chantre de Laure, parce que son tempérament de naturiste se conciliait malaisément avec le mysticisme de son modèle, et que cent fois déjà ce tempérament s'était trahi dans ses œuvres, faisant craquer de toutes parts le cadre de convention où il se trouvait comprimé. Soudain, encouragé peut-être par une satire du Pétrarquisme que du Bellay avait publiée dès l'année précédente'', il avait jeté ce cri du cœur :
de Belleau: « P.ir ce chevreuil il entend sa Marie. » Voilà pour le jour. Quant à l'année, il est facile de la fixer : le2^ Bocage, les Mcslanges, la 3^ édition des Odes, ne contiennent pas la moindre allusion à Marie ; au contraire, la Continuation des Amours, publiée dans la seconde moitié de 1555 et contenant pour la première fois le sonnet Le vintiême d'Aurit, lui est en partie consacrée. J'adopte donc la date du 20 avril 1555.