‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 139 sur 509 · Ibid., 22(1, note · texte numérisé non relu

Ibid., 22(1, note

3. Poésies choisies de Baïf. par Becq de Fouquières, p. 28, et éd. des Œuvres complètes par M.-L., II, 130. Cf. le Voyage de Tours, de Ronsard (Bl., 1,182 et suiv.).

4. V. le Voyage de Tours, l, 192. 11 est question de sa mère dans ce même poème, et de ses sœurs aux pp. 219, 381, 398-399, 404. Sur la nature de leurs relations, v, Bl., 1, 151, 195, 206, 210. 212, 398, 402, 413, etc. ; VIII, 142-143.

5. Il l'a chantée durant « dix ans " (I, 145; II, 477) ; mais cela ne veut pas dire qu'il l'ait chantée à la façon des pétrarquistes pendant le même temps, il s'en faut. V. cidessus, p. 43, note 5, et ci-après, chap. sur l'Ode erotique, § II.

6. /4 une Dame. V. sur cette pièce pleine d'esprit H. Chamard, (h. /'r., pp. 195 et suiv.

Je veux aj-mer ardentement,

Aussi veus-je qu'egallement

On m'ajrne d'une amour ardente...

Les amans si fiois en esté

Admirateurs de chasteté

Et qui morfondus petrarquisent

Sont toujours sots... '

Quelques mois plus lard, changeant de maîtresse, il changeait de style ; il abandonnait du moins « le stylebrave et haut «oùl'avaitguindé « le bel œil de sa belle Cassandre » - ; et en loS6, s'adressanl au livre où triomphait sa nouvelle manière : Si mes lectrices, dit-il, me blâment de n'avoir pas montré à l'égard de Cassandre la même constance que « le bon Pétrarque >> à l'égard de « sa Laurette »,

Responds leur, je te pry, que Pétrarque sur moy N'avoit authorlté pour me donner sa loy-..

de deux choses l'une : ou Pétrarque fut un sot d'aimer trente ans sans récompense, ce qui n'est pas croyable, vu « son gentil esprit ». ou il posséda Laure, comme je le crois, « puis la fit admirable, chaste, divine, sainte ». Si Cassandre, ajoutait-il, se fût montrée tendre envers moi, je ne l'eusse pas laissée,

Mais voiant que tousjours el' devenoit plus fiere Je deljé du tout mou amitié première Pour en aimer une autre en ce pais d'Anjou, Où maintenant Amour me détient sous le jou ".

Félicitons-nous de cet acte d'inconstance, qui, tout en laissant intacte la réputation de Cassandre, rendait à Ronsard une certaine indépendance littéraire. Ce jour-là notre poète fit un coup de maître sous l'influence de l'esprit gaulois ; tout au moins, s'il pétrarquisa encore, ce fut plus discrètement, ou ce fut indirectement, par un intermédiaire comme le poète néo-latin Marulle, jusqu'au jour lointain où.

1. Bl.. VIII, 146. Ce n'est pas dans la 2» éd. des Meslanges que parurent ces vers, comme le laisse croire Blanchemain ; c'est dans la 1" édition, imprimée dés novembre 1554. Ainsi se U-ouve précisée par une date certaine cette remarque à peu prés juste de M. Faguet : o Chez Ronsard le Pétrarquisme a presque le caractère d'un épisode comme le Pindarisme. Il ne va pas beaucoup plus loin que les amours de Cassandre, » iSci:. siècle, p 245.) Je dis à peu près juste, parce qu'en réalité Ronsard a continué d'imiter Pétrarque, plus ou moins directement, dans les recueils de 1556. 60, 63, 69, 78 ; ce qui est tout à fait vrai, c'est que Ronsard a subi sa crise aiguë de pétrarquisme de 1550 à 54 ; après quoi il se contenta presque toujours de prendre à Pétrarque ou à des pélrar(iuistes ce qu'ils lui offraient de meilleur, en le mélangeant même parfois à de l'Anacréon el à du J. Second.

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