‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 142 sur 509 · Th. fr.. p · texte numérisé non relu

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4 Bl., I, 146. Ces vers ont paru à la fin de la youuelle Continuation des Amours. Ils

DE l'œuvre lyrique DE RONSARD 137

C'est à de tels principes d'esthétique et aux circonstances que nous rappelions plus haut, que nous devons la Continuation des Amouis, parue dans la deuxième moitié de 1533, et la Nouvelle Continuatiou des Amours, parue dans la deuxième moitié de 1330.

La Continualiondes Amours fut imprimée en vertu du même privilège que le Bocage, les Meslanges et la troisième édition des Odes (v. ci-dessus, pp. 123, n. 3, et 1-41, n.3); d'autre part, les très rares exemplaires qui en subsistent ne contiennent pas d'achevé d'imprimer '. 11 est donc difficile de préciser la date de sa publication. .Nous savons seulement que Ronsard connut Marie vers la lin d'avril 1533 ; comme sur les 70 sonnets de ce recueil 30 environ sont adressés à Marie ou inspirés par elle, il faut que Ronsard, qui achevait à la même époque son premier livre d' Hymnes, aii eu le temps matériel de les composer. En outre, deux de ces sonnets ont été sûrement écrits après le mois de mai : J'aurai tousjourx en une liai/ne extrême, et : J'ai t'ame pour un lit de regrets xi touchée^. Enfin l'ode Clicre Vesper, lumière dorée, essai en vers de neuf syllabes, n'est pas signalée par Antoine Foclin. dont la Rhétorique, pleine d'exemples de Ronsard et très au courant des récentes publications, est dédicacée du 1-2 mai ■•. — Voici, avec leur

contiennent une adaptation de trois distiques de Properce \Eleg I, 9 , que Blanchemain a reproduits à la p. 140 du tome I*^' de son édition.

Parmi les érudits de notre temps qui ont remarqué le changement opéré de 1554 à 1556 dans la manière de Ronsard, je dois citer Martj'-Laveaux, Langue de ta Ptéiade, Inlrod. ; F. Brunot, Langue au XV!"^ siècle, tome III de VHist. delà langue et litt.fr.. pp. 784-85; Hisl. de la langue framaise, tome II, p. 171 : H. Chamard, lliése lat.. pp. 18 et 45. Mais les deus premiers se sont placés surtout au point de vue lesicologique. et le troisième a du se contenter d'indiquer le changement.

1. Bibl. Nat., Rés. Ye, 4758, in-8" de 92 pages. — Cf. Manuel de Brunet, Supplément p. 508. .-\ucun exemplaire n"a été connu de Blanchemain car les deux sonnets et la traduction du grec de Dorât qu'il donne au tome \'1II. pp. 142-143, comme étant de la Xouvelle Continuation, se trouvent déjà dans la Continuation . ni de Martj'-Laveaux (cf. ses tomes I. 379 ; \'I, 373-74. 378 , ni. a fortiori, de Sainte-Beuve et de Gandar.

2. Toutefois la Continuation des Amours pourrait bien avoir été publiée avant le 1*^ livre des tigmnes, comme tendent à le prouver les distiques latins de Dorât qui suivent la dédicace de ce dernier recueil :

Pos( querulos inamore modos, post dulcia mentis Torutenta, et tenerœ ludicra neqnitiœ...

3. Sur la Rlielorique de Foclin, v. ci-dessus. Introd.,p. xlviii C'est, avec r.4r/ ;)oê(iijue de Peletier. publié presque à la même date, le traité qui résume le mieux les théories littéraires de la Brigade victorieuse et assagie. La première partie, relative aux tropes et aux figures, est remplie d'exemples empruntés aux poètes de la nouvelle école, surtout à Ronsard. Foclin cite aussi Marot, Saint Gelais et même Alain Chartier. mais bien moins souvent; il admire d'ailleurs certains procédés rythmiques de l'ancienne école qui avaient pour but. à son avis, de donner au vers de l'harmonie et de l'agrément.

138 GENÈSE ET ÉVOLl'TION

titre exact, le relevé des pièces qui intéressent directement notre étude ; elles se présentent à la suite du soixante-dixième et dernier sonnet, Marie, loul ainsi, que vous rn'avps tourné...

1. — La Rosk, a GiiLLAiME Aibkrt PoiTF.viN '. IMITATION d'Anacreon : Yersoti

ces Roses près ce vin (BL, II, 291. - M.-L , II, 366).

2. — Imitation d'Anacreon ; L'un dit la prise des murailles H, 487. — VI, ,'i78)-

3. — Du Grec de d'Ai rat : (^ehii qui veut searoir (VIII, 143. — VI, 374 .

4. — Vers de neik a dix syllabes. Imitation de Bion Poëte Grec : Cliere

Vesper, lumière dorée (II, 274. — II, 345).

5. — I.mitatiox d'Anacreon : Je suis homme né pour mourir (II, 385. — II,

6. — Ode a Remy Bellkai; : Belleau, s'il est loisd^c nus noureaus d'ini'cnter

ill. 293. —11,368) -.

7. — Ode A Nicolas Denizot du Mans : Cinij jours sont ja passés, Denizol mon

amy (IV, 261. - II, 369).

8. — Traduction de quelques Epigram.mes Grecs, sur la Jenisse d'aerain (sic)

de Myron excellentement bien gravée. A François de Revcig.-it : Pasteur, il ne faut que tu riennes VI, 402 ;'i 404 — II, 53 à 55; ^.

Ces fi/jiji'-nînmw (treize quatrains indépendants traduits de VAnlhologie., directement ou par l'intermédiaire des traducteurs latins *), étaient suivies de cinq (jui-ietés, déjà parues dans le Livret de Folaslries^, et de quatre pièces, l'Heure, la Cerise, le CiroH et V Escartjot, qui sont de vrais « blasons » marotiques, adressés à Ronsard par ses amis de la Brigade, Rémi Belleau et Guillaume Aubert. Ces genres de poésie et ces litres caractérisent assez l'allure du nouveau recueil, qui continuait en effet les Amours pour le fond, mais bien plulùl le Bocar/e et les Mesitiniii's pour la l'orme et le ton.

Ce qui mérite aussi de retenir l'atlt-ntion, c'est Ten-tète de plusieurs des odelettes, qui révélait le modèle imité ou traduit, comme dans la deuxième édition des .J/t's/((/?f/'S ". Jusqu'à celte dernière publication.

1. Avocal poi"'le, grand ami et éditeur posthume de Du Bellay v. Chainaj-d, lli. fr.]. On connaît de lui à la date de l.ï.55 : 1' le blason bernesquedn Ciro/i, adressé à la fois à Ronsard et à Belleau; 2" un sonnet au roi, en tète de VHisloire de la nature dts Oyseaiix de P. Belon. Baif dans les .4nioHrs de Francine lui adressait à la même époque un sonnet très èlogieux En 1551), Aubert publia la traduction du \'2' livre d'.Aimidis. 11 semble s'être lié avec Ronsard et avoir été " embrigadé •> en nu'iiie temps qu'Estieune Pasquier, autre avocal poète, c'est à-dire vers la fin de 1554.

2. On lit dans cette ode une strophe entière qui fut supprimée dès 1560. Je l'ai rééditée dans la Reu. de la Renaissaiiee de juin 1903-

3. .Même remarque pour la douzième de ces 13 épigrammes, que j'ai rééditée dans le même article.

4. Ausone. Epi^r. lviii-lxviu ; Calcaguinus, Carin . lib. II.

5. Ce soiU : la dédicace, .-1 qui doninii-je ces sornettes, et les j'olastries 5, 6. 7 et 2 du tableau présenté ci-dessus, p. 94.

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