‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 160 sur 509 · C'est l Elégie à Roberl de la Haye (Bl., IV · texte numérisé non relu

C'est l Elégie à Roberl de la Haye (Bl., IV

5. Cf. Froger, Ronsard ecclésiastique, pp. 11 à 17, et Reu. hist, du Maine, 1884, l" semestre, pp. 228 et 229.

6. Voir notamment Bl., VI. pp Ui9, 199, 284 à 287. 7.Cf. Bl , VI. 160.

provisoiremeut '. Encouragé sans doute parle cardinal Odet de Cliàtillon, i! avait écrit dès 1555 Y Hymne du Roij Henry //, qui contient ces vers à la lin d'une comparaison entre Jupiter et le rtii :

S'il se vante d'avoir un Apollon cliés luj' Tu en as plus de cent en ta Court aujourd'huy. Un Carie, un Sainct Gelais, et m'oserois promettre De seconder leur reng, si tu m'y voulois mettre -.

Après la trêve de Vaucelles, vers le mois de mars 1356, Ronsard s'oflrait derechef en un sonnet à Henri II pour « celebr^er ses faits » : la guerre terminée, le roi n'avait plus d'excuse pour ditlérer «le voyage de Francus », entendez le don d'une bonne abbaye '^ . D'autres sonnets qui accompagnaient celui-là dans Vi ?\ouv. Continualion des Amours^, et surtout l'épître si pittoresque, si personnelle, Quand un Prince en grandeur...^ publiée également en 1536 5, nous font connaître les démarches toujours infructueuses de notre solliciteur transi, auprès de Diane de Poitiers, de Montmorency, de Madame Marguerite et du cardinal Charles de Lorraine, au château d'Ane! , à P'ontainebleau et ailleurs. N'est-ce pas à ses protecteurs, dit-il à ce dernier, n'est-ce pas au roi lui-même de veiller au bon grain '? Car le pauvre poète, s'il s'éloigne de la Cour, n'a pas, comme eux, de courriers à gages pour les avertir «quand un abbé mourra ». Soyez mon Mécène, ajoute-t-il ; Saint- Gelais est à vous, et Carie, et Dorât, et.lodelle :

Si par votre bonté vous me mettez au nombre De ces quatre divins, j'esclarciray tout l'ombre Qui me détient obscur, pour ne vous repentir De m'avoir au besoing vostre aj'de fait sentir ^■

On ne saurait le blâmer de ces actes et de ce langage: il lui fallait vivre d'abord, pour pouvoir ensuite « philosopher à l'aise » ", et il avait le droit de penser que « les Muses sont muettes » quand leur font défaut « les biens et les honneurs » ^. Mais qui ne voit aussi que ses Muses devaient pâtir, en attendant, de cette double passion des honneurs et des biens, absorbante et inassouvie? N'était-ce pas les trahir que de subordonner le beau à l'utile, de négliger l'harmonie des rythmes

1 V. ci-dessus, pp. 145 à 150.

2. Ci*. Bl., \\ 74. Cf. la page 79. Cet hytiiue est le nec plus iiUra de l'adulation.

3. Ibid., 302 et 303. V. ci-dessus, p. 149, la fin de la première ode des Meshuiyes. \*oir encore un sonnet à d'Avansoii (lil , \', 336^.

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