‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 163 sur 509 · Sonnet à Du Thier ilbid., 331 bu · texte numérisé non relu

Sonnet à Du Thier ilbid., 331 bu

3. BI. V, 270. Il se peut que cette pièce ait été composée avant la mort de Henri II. mais il est certain quelle parut après (Gandar. op. cit.. p. 177i.

4. Bl., III, 398. Cette date me parait à peu près certaine, car non seulement Ronsard y mentionne « les Ro3'nes » (Catherine de Médicis et Marie Stuart), mais en outre il n'y parle que de Charles de Lorraine comme « Mœcene et appuy des Muses », et non plus d'Odet de Chàtillon, soupçonné d'hérésie.

DE I.'iEUVHE LVItlOI E DE RONSAKD 185

il'Amboise (mars 1501)). tout en liiuan( bien liant les (inises, défenseurs (lu tiiine el de l'auLel, et prenant d'emblée le parti de la religion traditionnelle, seul eapable de subvenir à ses besoins, apostrophe 1 ingrate France et dénonce les abus du clergé catholique comme le faisaient alors les « mécontents » '.

Si j'insiste sur cet état esprit el cette altitude, en quelque sorte nécessaires, c'est uniquement pour en constater les résultats littéraires. Des épitres, des élégies, des discours, mais pas d'odes, pas de strophes. Ronsard fait valoir ses titres et ses droits, se plaint, s'indigne, plaide, pérore ; il ne chante plus ; en ce sens il a raison d'écrire dans VEIegie nu Sgr LhuUlier :

Au rossignol muet tout semblable je suis.

Pas de mythologie non plus, car c'est un luxe de gens de loisir, et ce n'est pas le moment de déguiser la vérité sous le voile des allégories. Si Ronsard écrit des sonnets, ce n'est pas conmie autrefois pour charmer ses maîtresses ou ses peines d'amour, c'est qu'il y trouve une forme commode pour présenter brièvement flatteries et requêtes aux personnages influents, dispensateurs des pensions 2. Enfin levers «commun »■' et l'alexandrin h rimes suivies sont préférés par les poètes quand ils traitent une afTaire, quand ils luttent pour les faveurs, pour la fortune, pour l'existence, — et c'est le cas de Ronsard. Devenus l'expression habituelle de sa pensée, ces rythmes, faitspourl'action, remplacent partout les petits vers à contexture variée, propres au chant, même dans les pièces toutà fait étrangères aux préoccupations dont nous venons de parler : le Voiagc de Tourslsic), V Elégie à P. L'Escol, poèmes autobiographiques; le Cyclope amoureux- (à l'évêque Ch. d'Espinay) ; VElegie à Cnssandi-e et V Elégie à Marie, qui terminent en ISCiO le premier et le

1. Il avait alors des protecteurs et amis daus les deux eainps : tlu côté catholique les Guises, Lancelot Carie, G. des Autels, Dorât, liaïf, Helleau ; du côté protestant, les Chàtillons, Robert de la Haje, J. Grévin, Des Masures Aussi fut-il d'abord parmi les modérés avec L Hospital et les Notables de Fontainebleau (août 1560 , mais toutefois approuva nettement les Guises dès la première heure. 11 écrivit encore vers l'autonuie de 1560 la pièce élogieuse à Robert de la Haye, Si J'cslois à renaislre. une autre à Des Masures Comme celiiy qui t'oil, enfin la préface dithj'rambique du Théâtre de Grévin, Grevin, en Ions mesliers qui parut en 1561 En somme il louvoya jusqu'au début de 1562, jusqu'au jour où l'intransigeance ;religieuse et luorale; et le vandalisme des protestants 1 exaspérèrent

2. Outre les sonnets à Diane de Poitiers, à Montmorency, à Henri II, à Mad. Marguerite, au card. de Lorraine, au duc d'Anjou, que j'ai signalés dans la Noiiu. Conliii. des Amours ci-dessus, p. 166, note 7), Ronsard a publié encore dans ce genre en 1560 des sonnets à Henri 11 au Dauphin, à Marie Sluart, à Catherine de Médicis, à Mad. Marguerite, au card. de Lorraine, à Diane de Poitiei'S, à d'Avanson, à Forget, à Du Thier, à lîourdm, à Magny(I51., V, 301 à 304, 313, 316,3'26-27, 331, 335 à 337, 343; I, -I25j.

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