Je l'ai off'encée, maistresse
Si l'on veut bien rapprocher ces tables de celles que nous avons dressées pour les Amours, les Folaslries., le 2« Bocage, les Meslanges et les Continuations des Amours, on s'apercevra que Ronsard est loin d'avoir recueilli dans les deux premiers volumes de 1560 toutes les pièces lyriques, ou semi-lyriques, parues antérieurement. Quelques-unes, soit qu'elles fissent double emploi, ou qu'elles eussent perdu leur opportunité, ou qu'elles parussent au poète trop plates ou trop grossières pour mériter la réimpression, allèrent rejoindre dans l'oubli quinze odes de looU, déjà supprimées en 1553 et 1555 ■''. C'étaient cinq numéros du Livret de Folastries : En cependant que la jeunesse. Un soir le jour de saincl-Martin, Font ravi/ d'esprit jo forcené, Quelcun voulant à Rodes naviguer. Le pet qui ne peut sortir ; six odelettes du 2' Bocage : Toutes les fleurs espanouges, Pour m'eUre dedans ton onde, Durant l'Esté que j'aliiinne, f)e ma hrchis erorcltée, Si je puis ma jeunesse falle. Que sert ans liommes de suivir; deux odelettes des Meslanges : Je veux agmer ardenlemenl {[" édition), Auparavant j'uvog, lirinon (2"^ édition) ; enfin deux odes des Continuations des Amours : Celui qui veut sçavoir (1" Continuation), Te tairas tu, Gag babillard (2" Continuation).
D'autres, en plus grand nombre, furent disséminées parmi les cinq livres des Poèmes, qui composaient le troisième tome. Sous ce terme vague de Toemes, Ronsard désignait des pièces d'inspiration et de facture très diverses : élégies, églogues, épîtres, épitaphes, épigrammes, descriptions, fantaisies, sonnets. C'était en définitive un recueil de Mélanges ou de Sylves,avec des parties lyriques ou semi-lyriques, dont nous devons ici faire le relevé critique : 1° Les Isles Fortunées, sorte de rêve en décasyllabes à rimes suivies, qui n'avait de l'ode que le sujet et le mouvement *. 2^ Le Fourmg, V Alouette, le /Jour, la Grenouille, le Freslon, qui se déroulent en petits vers, mais à rimes suivies et sans strophes apparentes, moitié odes, moitié blasons. 3° Sous le nom de Gageté la dédicace et les n°^ 1, 2, i, o, 6, 7 du Livret de Folastries, qui ont des caractères analogues et qui donnent lieu aux mêmes remarques. On peut y joindre X'Epitafe de Fr. Rabelais. 4° La « chanson » nouvelle Qui veuli sravoir Amour, de structure e.xceptionnelle, en décasyllabes à
1. Les n»' 22 à 30 proviennent des Meslanges. V. ci-dessus, p. 135.
2. Ces deux dernières odes sont du Bocage de 1554. V. ci-dessus, p. 130.
3. Pour les raisons diverses de ces suppressions, v. plus haut, pp. 92 et 93, 105, 125 et suiv., 143; plus loin, 1« Partie, chap. v, § final.