‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 181 sur 509 · V. le privil de 1587. cité par Gandar, th. fr., p · texte numérisé non relu

V. le privil de 1587. cité par Gandar, th. fr., p

3. De vingt-sept qu'elles étaient en 1560, elles atteignent le nombre de trente-deux en 1567, trente-trois en 1571 et 72, trente-neuf en 1578, ])Our retomber à trente six eu 1584. — De sorte que les Chansons et les Stances ajoutées aux Odes donnent un total de 220 en 1560 et 67, de 218 en 1571 et 72, de 217 en 1,578, de 192 en 1584, de 169 en 1587.

4. Gandar, th. fr,^ p. 178. — Ronsard est le premier là comme ailleurs ; les autres poètes de la Pléiade n'ont eu leur édition collective que plus tard : Du Rellay en 1569, Baïf en 1572, Tyard en 1573, .lodelle en 1574. Belleau en 1578, Dorât en 1586.

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Son grand efiforl de production, ou plutôt d'imitation lyrique, est antérieur au règne de Charles IX et coïncide à peu près avec le règne de Henri II. Il dure une quinzaine d'années, alors que « le sang bouillonne » dans les veines du poète et que sa verve est excitée par Cassandre Salviati, par Marie du Pin, parla lecture des lyriques de l'antiquité et de leurs imitateurs italiens ou néo-latins. Bien plus, si l'on en croyait une pénétrante élégie qu'il écrivit précisément en 1560, à l'âge de trente-cinq ans, c'est cette date qui marquerait le terme de son exubérance, de ses épanchements lyriques :

Comme on void en septembre, ez tonneaux Angevins,

Bouillir en escumant la jeunesse des vins.

Laquelle en son berceau à toute force gronde

Et vouldroit tout d'un coup sortir hors de sa bonde,

Ardente, impatiente, et n'a point de repos

De s'enfler, d'escumer. de jaillir à grosflotz...

Ainsi la poésie en la jeune saison

Bouillonne dans noz cœurs, peu subjecte à raison,

Serve de l'appétit, qui hautement anime

D'un poète gaillard la fureur magnanime. .

Mais quand trente cinq ans ou quarante ont perdu

Le sang chault qui estoit dans nos cœurs espandu.

Et que les cheveux blancs de peu à peu s'avancent

Et que nos genoux froids à tremblotter commencent.

Et que le front se ride en diverses façons.

Lors la Muse s enfuit, et nos belles chansons '.

Il nous dit encore dans un sonnet de la même année qu'il n'a plus « cette ardeur de jeunesse qui lui faisait chanter les passions de l'amour » et que « sa grecque fureur », autrement dit son enthousiasme.

Comme un vin escumé sa puissance rabaisse -.

Pourtant on aurait tort d'accepter à la lettre ces déclarations. Les poètes lyriques croient aisément détinitive une lassitude passagère et se disent mourants quand ils sont pleins de vie. Ronsard a exagéré ; la preuve en est dans nombre d'œuvres postérieures à 1560, qui passent à juste titre pour des chefs-d'œuvre. On peut penser qu'elles sont le fruit de sa raison plus que la fleur de son imagination ; mais en valentelles moins ? Et puis, quoi qu'il en ait dit en 1560, Ronsard est resté un enthousiaste ; les conseils de la réllexion, les calmes observations

1. m., m, pp. 399 et 400. CeUe Elégie au Sgr Lhuillier est le n" 16 du livre I" des Poèmes en 1560.

2. Sonnet au cardinal Ch. de Lorraine (BI., I, 426 . On le trouve en 1560 au livre V des Poèmes, f" 210 \-\ Cf. le sonnet à Ch. d'Kspînay (BI., V, 350), qui figure dans le même livre des Poèmes en 1560.

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de l'expérience, les atteintes même de la maladie, n'ont pas êtoufifé les accents de son âme ardente. Sous Charles IX il ne sera pas seulement un brillant poète didactique, satirique, narratif et descriptif; il aimera et chantera la jeune veuve qu'il a immortalisée sous le nom de Genèvre, et Isabeau de Limeuil et quelques autres; il reverra Cassandre et Marie et les chantera encore, inspiré par le souvenir des charmes d'antan ou les regrets d'une mort prématurée; il chantera enfin Hélène de Surgères... Non, si sa « douce jouvance est passée », si ses odes se font plus rares, ce n'est pas une raison pour croire, comme l'a fait Sainte- Beuve, à une décadence précoce du talent de Ronsard '.

1 . « Ce qui me fnippe, dit Sainte-Beuve, ehez Ronsard poète, et poète si honorable, si laborieux et même si modeste après son accès de fougue première, c'est comme il se casse de bonne heure, comme il devient vite incapable d'autre chose que de courtes poussées .. » (C. L., XII. pp. 73 à 75, article de 1X55 ) Sainte-Beuve n aurait pas parlé ainsi, s'il avait su que la comparaison des « tonneaux angevins » (qu'il cite d'après le texte posthume adressé à Jean Gallandi est antérieure à la plupart des Eglogues. aux Elégies, aux Discours, aux Sonels pour Hélène, à la plupart des pièces du Bocage royal, etc. — Cf. ci-après, p 27'2.

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