‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 187 sur 509 · Bl.VlI, 117, 138 et · texte numérisé non relu

Bl.VlI, 117, 138 et

DE r.'lEL'VHR LYKiniF DE KONSXRD 209

laissé entendre tout cela^, mais sa liei té naturelle l'empêchait de s'arrêter à cette réponse et de s'en contenter.

Ce que nous voulons retenir de ces lignes, c'est d'abord une nouvelle preuve de la souplesse de son talent et de ce parallélisme déjà plusieurs fois signalé par nous entre sa Muse grave et sa Muse folâtre ; c'est encore l'aveu qu'il fait d'avoir contraint son naturel en écrivant ses poèmes catholiques; c'est enfin la conscience qu'il a de traiter les thèmes païens avec une aisance inimitable. Les Nouvelles Poésies témoignent que durant les années 1561, 62 et 63 le démon horatien et anacréontique n'a pas cessé de s'agiter en lui, et que l'orgue grondant des cathédrales ne lui a pas fait abandonner les douces notes

De celle lyre qui sonne Tousjours le vin et l'amour.

En 1560 il souhaitait dans ses « oraisons à Phebus » de pouvoir jouer de celte lyre jusqu'à sa mort-. En 1363 il confessait ainsi son péché favori à ses adversaires eux-mêmes:

J'ayme à faire l'amour, j'ayme à parler aux femmes, A mettre par escrit mes amoureuses flammes. J'ayme le bal, la dance, et les masques aussi, La musicque et le luth, ennemis du souci '.

Nous n'avons pu consulter que la deuxième édition des Nouvelles Poésies, et encore dans l'unique exemplaire qui en soit connu, lequel ne possède ni privilège spécial ni achevé d'imprimer*. Nous avons cependant réussi à dater l'édition princeps en raisonnant ainsi : 1° La deuxième édition parut dans les premières semaines de 1564, car on n'y trouve pas une seule des poésies que Ronsard composa pour le carnaval de Fontainebleau (13 à 13 février). 2° D'après son titre et le texte de l'Kpîlre au lecteur, il est certain qu'elle contient les mêmes pièces que l'édition princeps, à peu de chose près. 3° Elle peut donc tenir lieu de l'édition princeps a. cei éf^avd, el nous servir d'appui pour en fixer la

1. V. l'Hymne deVOr; \a Smjte de l'Hymne du Card. de Lorraine (V, 214, 273-74); VEpistre au lecteur {XH, 138-34) ; ÏElegle ait Seigneur Haillon (IV, 260-61) ; la Promesse (VI. 246) ; la Complainte à la Royne mère : le Procès (III. 349, 369). etc. Que de fois, regrettant de ne pas avoir écouté les sages avertissements de son père, il se plaignit que « le niestier des Muses » ne fût pas assez lucratif pour lui assurer l'indépendance [

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