‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 190 sur 509 · Id · texte numérisé non relu

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4. Entre autres Claude de la ('hastre, l'utui- maréchal ; Bobertet de Fresnes, l'un des quatre secrétaires d'Etat ; Brantôm'", qui lui adresse des sonnets brûlants ; Louis de Condé, prince du sang, chef des huguenots (Revue des Deux Mondes du 1'-'^ déc. 1883. Cf. Décrue. La Cour de France et la Société au XVI'^s., p. 185;.

5. Colletet a le premier remarqué que « ceste chanson fameuse >•. bien que rangée dans les Aiiioiirs de Marie, fut écrite « pour Isabeau de Limeuil » Vie de Ronsard, publiée par Blanchemain, p. 63 .

212 r.F.KÈSE ET KVOLITION

Ronsard l'écrivit pour le prince de Condé, dont il aurait voulu apaiser la colère et au sujet duquel il chanta durant cette trêve plus d'une palinodie'. Mais d'abord Ronsard eût-il poussé son dévouement aux catholiques jusqu'à jouer ce rôle d'entremetteur? Ensuite l'éloquent prince de Condé n'avait pas besoin de recourir à l'un des amants d'Isabeau pour lui adresser des vers. Rien enfin dans cette chanson ne s'applique à lui plutôt qu'à Ronsard. J'ai donc abandonné cette première opinion, surtout en relisant le sonnet A Ysabeau de la Toui\ par oii débutent \es Nouvelles Poésies, car en même temps qu'une dédicace il est une déclaration d'amour 2. Quelques mois après, Ronsard lui en adressa deux autres, encore plus passionnés, l'un, Douce beauté à qui je dois lavie, pour la remercier d'avoir calmé le ressentiment du prince de Condé contre lui 3, l'autre, Quand en pleurant ma maistr esse s'ennuie, pour la consoler du chagrin que lui causait probablement sa grossesse*. Avec ses maîtresses, qui Ronsard aimait-il le plus alors? La reine mère, le roi Charles IX, son frère cadet Henri, leur jeune sœur Marguerite : ceux-là représentaient à ses yeux la France, l'autorité, l'avenir ; celle-ci lui rappelait de nom et d'intelligence la sœur de François l" morte, la sœur de Henri II absente, les deux Marguerites dont il avait célébré tant de fois le cœur et l'esprit. Tous ces sentiments sont exprimés dans le numéro 2 du tableau précédent, où les bergers Daphnis (un roi de treize ans) ^ et Thyrsis (un prince de douze)'' rivalisent de la voix en chantant des couplets alternatifs ; dans le numéro 4, oii Madame (une princesse de dix ans et demi) ' est comparée hyperboliquement à

1. V. un sounel de 15(34 que j'ai publié dans la Jiei'uc d'ilist. lilt.^ juillet 1902, p. 444 : deux sonnets de 1565 dans Bl., V, 324-25 ; et encore Bl., Vil, 85-86, 128-29, 143. Ces vers et cette prose font un singulier contraste avec les 255 vers qui terminent la Remonstrance au peuple de France.

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