‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 192 sur 509 · Né le 20 septembre · texte numérisé non relu

Né le 20 septembre

7. Née le24mai 1553, d'après le .Tournai de P. de l'Esloile. La Biographie générale de llii'fer et la Grande Encyclop. la font naître le 14 mai 1.553. V. encore VHiinine sur la naissance de Mad .Marguerite de France en l'an 1553, par O. de Magny . et les passages y

DE L'fF.lVRE LVRIQLli LIE RONSARU 213

Pallas : quelques années plus tard, quand elle aura épousé Henri de Navarre, Ronsard la comparera plus justement à Vénus*.

La plupart des autres pièces des Nouvelles Poésies sont adressées à la reine mère et au roi, ou à de puissants personnages qui, étant bien en Cour, pouvaient aider le poète à vivre, tels que les quatre « secrétaires d'Etat », Robertet de Fresne, Robertel d'Alluye, L'Aubespine et Bourdin 2, les « trésoriers de l'Epargne », Bâillon et de Fictes-', les « gentilshommes servans de leurs Majestés», L'Huillier de MaisonfleuretCaslelnau de Mauvissière *. Quelques-unes contiennent des demandes d'argent ou le rappel des services rendus, notamment la Complainte à la Roijne mn-e, qui, étant restée sans effet, fut suivie du poème de la Promesse, adressé à la même reine, mais publié à part 5. Si les huguenots avaient encore eu quelque doute sur le compte de Ronsard, ces deux pièces auraient sufli à le dissiper : comment ce solliciteur pressant d'avant la guerre civile, comment ce serviteur impatient, qui réclamait ainsi son salaire immédiatement après, et se plaignait avec amertume d'avoir été leurré par des promesses, n'aurait-il pas conclu un marché avec le parti catholique ? Comment n'aurait-il pas « gagé » sa Muse ?

relatifs dans La Croix du Maine, Brunel {Manuel, III, 1303), Courbet {Notice des Odes de Magny), enfin Thevet, Hommes Illustres, f" 223 v'. Je ne sais sur quoi sesont fondés les historiens qui datent sa naissance de 1552,

1. Cf. Bl., IV, 177 à 183. III, 385 à 389. C'est elle qu'on appela la reine Margot. Sa beauté provocante et l'ardeur de son tempérament lui attirèrent nombre d'amants. Blanchemain, ignorant la chronologie des œuvres de Ronsard, a confondu cette troisième princesse Marguerite 1° avec la première ;VIII,324. renvoi au tome II, 206|, 2°avec la seconde (IV, 5, H, 21 , 3" avec une maîtresse de la jeunesse de Ronsard (I, 60). — Si l'on en croyait une note de la Corresp. de Catherine de Méd. (I, 618) et les Mémoires mêmes de Marg. de Valois léd. Lalanne, p. 9), la petite princesse serait restée au château d'Amboise depuis le colloque de Poissy jusqu au départ de la Cour pour son fameux voyage à travers les provinces, et par conséquent l'ode Pallas est souvent d Homère n'aurait pu être composée qu'en janv. 1564, entre la première et la seconde éd. des Nuuuelles Poésies. .le crois plutôt qu'elle rejoignit la Cour à Paris dès le mois d'octobre 1563 et que Ronsard lui adressa l'ode en question à ce moment-là.

2. Hymnes des quatre saisons ; Eglogiie des pasteurs (Aluyot et Fresnet) ; sonnets Je suis la nef, uous estes mon pilote, et Esse le ciel qui nous trompe, Bourdin.

3. Klégie, Celuy dcbvoif mourir de l'esclat d'un tonnerre ; l'Adonis.

4. Sonnet-dédicace du 2'' livre : Quand Apollon aurait fait un ouvrage. Elégie : Lhuillicr, si nous perdons cette belle princesse. Sonnet-dédicace du 3'= livre : Je n'ayme point ces noms ambitieux.

Il est à remarquer que ce recueil ne contient pas une seule pièce adressée aux Châtillons, ni au prince de Condé, ni même au cardinal de Lorraine, qui depuis la mort de son frère févr. 1563) avait vu diminuer sensiblement son crédit. Les derniers vers adressés à Odet de Chàtillon remontent à 1560 au plus tard ; et le Procès, dernier poème adressé à Charles de Lorraine, est antérieur au mois d'avril 1562.

5. Pour la Complainte, v. Bl. III. pp. 370 et suivantes. C'est à cette pièce que Ronsard fait allusion dans son Epistrc au lecteur : « Il est vray qu'autresfois je me suis fâché voyant que la faveur ne respondoit à mes labeurs (comme tu pourras lire en la coraplaincte que j'ay n'agueres escrite à la Royne) et pour cela j'ay laissé Francus... » Pour la Promesse, aui parut également eu 1563, v. Bl., VI, 246, en corrigeant l'erreur de la note, et Marly-Lav., I\', 389, note 49.

214 GEiNÈSE ET ÉVOLUTION

Voilà du moins ce qu'ils pensi'rent. Tout les portait à le croire, même kl manière assez gauche dont il avait protesté contre une telle accusation. Ce fut bien autre chose quand ils le virent s'abaisser au rôle d'organisateur de jeux, de compositeur de mascarades, de rimeur de compliments aux princes réconciliés et de billets doux à l'usage des dames galantes, quand ils le virent écrire des vers de commande pour les fêles de Paris, de Fontainebleau, de Troyes, de Bar-le-Duc, et même pour la fameuse entrevue de Rayonne entre le duc d'Albe et Catherine de Médicis.

Le recueil où Ronsard réunit ces nouveaux vers de poète courtisan parut seulement vers le 1"" août I060, sous ce titre : EIrgies, Mascaradfs et Beigerie K 11 était dédié à la reine d'Angleterre, Klisabeth. Pour la première fois Ronsard faisait hommage d'une de ses œuvres à un souverain étranger. Ce n'était pas une manière de protestation contre l'ingratitude de ses propres souverains, commeon pourrait lecroired après un passage de la Compluinte n la Rorjnp mci-e, qu'il menaçait d'aller chercher meilleure fortune chez les nations voisines si la France ne reconnaissait pas ses éminents services^. Non, car il avait fini par obtenir la récompense de son loyalisme, une abbaye, puis un prieuré s. C'était simplementpour obéir à un ordre de Catherine de Médicis, comme il le dit dans son épitre dédicatoire.

Il faut extraire quelques lignes de cette épitre, écrite sous l'influence du grand enthousiasme que produisit en France l'alliance avec l'Angleterre protestante, qui contrebalançait l'alliance avec l'Espagne catholique * : « Madame, le plus grand heur que nostre France puisse

1. Bibl.Nat., Rés., Ye, 503 (envoi autographe). L extrait du privil. est daté du 20 septembre ISfiS ; mais c'est une faute d impression, car c'est le privil. du 20 septembre 1560 qui a servi pour toutes les éditions de Konsard, fragmentaires ou collectives, jusqu'en 1578. — 11 n'y a pas d'achevé d iniprimer. Mais, d'une part, ce recueil contient une pièce sur l'entrevue de Kayonnequi commença le 14 juin, et l'épitaphe de Turnèbe qui mourut le 12 juin 1565 ; d'autre part, tout porte à croire que les exemplaires destinés à Elisabeth et à Marie Stuartleur furent présentés par Casteluau, qui partit pour l'Angleterre et l'Ecosse au mois d'août v. ci-après, p 2'20). La publication eut donc lieu eu juillet ou au commencement d'août 1565.

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