‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 193 sur 509 · Bl., III. 377 et · texte numérisé non relu

Bl., III. 377 et

3. L'abbaye de Bellozane, qu'Aniyot abandonna en sa faveur, l'an 1564. Pour une raison inconnue, la même année Housard renonça à cette abbaye (Gallia Chrisliana. XI, col. 335 . Il reçut en dédommagement le prieuré de Saint-Cosme eu l'Isle, près de Tours, en mars 1565 Frogcr, lions. evcUs , pp. 30 et 31;.

4. Le traité de Troyes entre l'.Anglelerre et la France fut signé le 12 avril 1564. La paix fut prociainco le 23 à Paris. En juin, eurent lieu des fêtes splendidcs à Lyon, oij

nt i.'nr.i vRE i.viiioik de ronsaud 213

recevoir pour le jourd'liuy, après celuy de son privé repos, est le bien de la Paix solennellement jurée avecques vostre Majesté '... J'ay pris la hardiesse d'ouvrir le cabinet des Muses, pour vous offrir ce petit présent... Et si quelque me'ancholique calumniateur se fasclie, dequoy, après avoir illustré et honoré mes Rois et Seigneurs naturel/, par tant de sortes d'escrits, je dédie et consacre ce mien œuvre aux Princesses d'autre nation -, il apprendra par cecy que je suis tresmarry que plus tost je ne l'ay faict... Et aussi, Madame, que je ne puis faire service plus agréable à la Royne ma maistresse que vous honorer de ce livre, qui contient en la plus grande part, les .loustes, Tournoys,Combatz, Cartel/. etMasquarades représentées en divers lieu.v par le commandement de sa Majesté, pour joindre et unir davantage, par tel artifice de plaisir, noz Princes de France qui estoient aucunement en discord. Xe voulant doncq souffrir que les belles entreprises d'une si grande et vertueuse Royne fussent otieuses dedans un coffre, et pour n'en frustrer les estrangers, je les ay volontiers mises en lumière par son commandement et dédiées à vous Royne sa bonne sœur et plus fidelle amye... » Ronsard avoue en terminant qu'il a voulu servir ainsi non seulement la politique de ses maîtres, mais aussi son « nom et labeur», qu'il recommande « pour jamais » à Elisabeth 3. C'est sans doute en retour de cette flatteuse dédicace et des trois poèmes non moins flatteurs adressés dans le même recueil à Elisabeth, à son favori Dudley et à son secrétaire Cecille *, — que le poète reçut un diamant de prix, dont la reine d'Angleterre comparait à ses vers l'éclat et la pureté 5.

Comment la poésie lyrique trouvait-elle son compte dans ces divertissements de Cour ? C'est que la musique, le chant et la danse étaient leur accompagnement indispensable. La poésie lyrique y tenait une place analogue à celle des chœurs et des couplets dans nos opéras comiques, toutes proportions gardées. Elle jouait donc son rôle dans un ensemble. Mais ce rôle était nécessairement effacé par celui du spectacle matériel, qui absorbait la plus grande partie de l'attention des

Gliarles IX reçut d'Elisabetli d' .Angleterre l'ordre de la Jarretière en signe de réconci' liation.

1. Ces premières lignes donneraient à penser que cette dédicace fut écrite au lendemain du traité de Troyes pour une premièi-e édition qui ne serait pas parvenue jusqu'à nous ; et pourtant le recueil de 1565 ne porte pas la mention : Seconde édition.

2. La Bt^rijerie était spécialement dédiée à la reine d Ecosse, Marie Stuart. Cf. r « eiivoy » Je n'ay voulu. Madame, que ce liure [ïi[., \l, 19 .

3. Cette dédicace n'a encore été publiée que par Marty-Lav., VI, 446.

Page 1