V. Bl., 111, 323. 391; IV
5. Cl. Binet, Vie de Ronsard te,\le de 1597 , On peut penser aussi que c'est à ce moraent-là. et parle recueil de Ronsard, que le goût des mascarades s'introduisit à la cour d Elisabeth.
21 f) GENÈSE ET ÉVOUTION'
assistants : costumes, décors, évolutions des personnages, voix des chanteurs, sons delà « lyre », s'adressaient aux sens, flattaient surtout les yeux et les oreilles. On voit ce qui restait à la poésie pure, à l'expression émouvanle ou pittoresque des sentiments et des idées. Le plaisir de l'esprit étant sacrifié, ou plutôt rejeté au second plan, et le sujet à traiter variant peu, le poète ne se mettait pas en frais d'invention. Comme d'autre part il n'écrivait pas pour lui mais pour les acteurs du divertissement, et cela sur commande, la sincérité et l'enthousiasme pouvaient lui faire défaut. De là cette pauvreté du fond, cette monotonie et cet air factice que l'on remarque généralement dans les Cartels et dans les Mascarades du xvi= siècle, ainsi appelés « de l'action qu'ils expriment, ou pour mieux dire qu'ils expliquent » i.
Le carlelesl une sommation faite à un adversaire imaginaire, imitée des délis que se portaient lesclievaliers errants dans les romans d'aventure, les Lancelot, les Tristan, les Roland, les Amadis, notamment lorsqu'ils avaient à défendre les droits ou à venger l'honneur de quelque dame. Vauquelin nous apprend qu'on les « presentoit aux tournois » et qu'ils « servoientaussi de nuict auxmommeriessoubs le masque muet»-. Ronsard et son commentateur Marcassus attribuent à ce genre poétique une origine française 3. — Lamascarade est tantôt un ballet, dont les danseurs travestis disent ou chantent à leurs dames des poésies galantes dans l'intervalle des figures^ tantôt un spectacle allégorique, dont les acteurs ornés de costumes et attributs distinctifs, personnifiant des divinités de la mythologie ou des forces de la nature, débitent des compliments aux souverains^. Elle procède de la tragédie et de la comédie, soit qu'on la considère avec Ronsard et Vauquelin comme une réduction de ces deux genres inventée par les Italiens^, soit qu'elle ait une origine beaucoup plus ancienne et remonte aux variétés des « ballets » grecs, que Marcassus s'est plu à nous énumérer dans son com-
1. Expression de Pierre de Marcassus, qui a commente les Eglogues et les Mascarades dans led. des œuvres de Ronsard de 1623 (Bibl. Nat., Ye, 16 et 17, tome I, p. 845).
2 Art poétique, liv. 111, vers 329-331. En outre, à la cour des derniers \'alois. les chevaliers qui se défiaient, soil par groupes de champions, soit en eomhat singulier, étaient souvent travestis ; le carrousel était déjà, comme il est encore, un ballet exécuté à cheval. On voit quels rapports étroits existaient entre le cartel et la mascarade. — Cf. l'Art poétique de Laudun Daigaliers, liv. 111, chap. lu : « Du cartel ou mascarade » (Bibl. Nat., Rés., Ye, 4283)