‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 195 sur 509 · Celait dans ce cas une sorte de féerie · texte numérisé non relu

Celait dans ce cas une sorte de féerie

6. Bl., IV, 120. — Vauquelin, A P., III, vers 334 et suiv. — Mais Vauquelin semble dire, à l'encontre de Ronsard, que les Italiens nous ont emprunté le genre de la mascarade ; qu'ils l'ont fait interpréter par des comédiens de profession et lui ont donné le nom de mascarade, mais que l'origine eu est franvaise.

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mentaire'. — Dans les cartels, ainsi que dans les pièces débitées ou sinifilement offertes au cours de la mascarade, la structure des vers varie au gré du poète : la forme adoptée est tantôt celle du sonnet, tantôt celle de l'ode, tantôt celle de l'épîlre. Cependant il n'est pas téméraire d'affirmer que le rythme strophique était réservé aux pièces que l'on devait chanter. Mais, même dans ce cas, le poète ne cherchait pas les complications : il composait généralement des strophes isométriques.

Cartel ou mascarade, c'était une œuvre d'art essentiellement éphémère, puisque son principal charme résidait dans les mouvements, les costumes et les voix, et qu'elle ne laissait après elle que des fragments sans lien et des intermèdes sans musique. Mais le genre une fois défini et admis, on n'a pas à le reprocher à Ronsard, ni même à l'y trouver médiocre ou inférieur ; car il y est, nous le répétons, aussi bon qu'il lui était possible de l'être. Pour le juger, mettons-nous à la place de ses contemporains; ils applaudissaient cartels et mascarades; nous n'avons pas le droit d'être plus sévères qu'eux, surtout si nous songeons que, même isolées, même privées de leurs accompagnements di'amatiques et chorégraphiques, quelques-unes de ces pièces ont conservé une réelle valeur. Aussi avons-nous de la peine à comprendre la désinvolture avec laquelle Sainte-Beuve a parlé du premier recueil des Mascarades de Ronsard : « Ce sont pour la plupart, dit-il, des pièces de circonstance, des divertissements de cour représentés à des fêtes et qui sont pour nous purement ennuyeux et sans intérêt 2 ». Tout a de l'intérêt pour l'historien.

Voici le relevé des pièces lyriques contenues dans ce recueil. Je les présente dans l'ordre qu'il a plu à Ronsard de leur donner. Les cinq premières font partie de la /?er^erie annoncée au titre, poème nouveau en France 3 et unique en son genre, du moins chez Ronsard, moitié églogue, moitié mascarade *, sans vers d'amour, mais d'une haute portée

1 V. éd. de 1623, t. I. pp 844 et suiv.

2. Ecrit en octobre 18ÔÔ. V. (Kiwrcs choisies dr Ronsard, éd. Moland, 1879, Noticr. — Bizos, dans son Ronsard, pp. 203 à 208, a porté sur les Cartels et les Mascarades un jugement qui me semble très équitable. — Sur le genre lui-même, v. 1^. Lacroi.'ï, Rallets et Mascarades de Cour, Î5SI-16J2 (Genève, Gay, 1869, 6 vol.), surtout la Sotice : A. Bascliet, Comédiens Italiens à la Cour de France sons Charles IX et Henri III (1882). — Quant aux Cartels et à 1 influence des Amadis, romans chevaleresques qui eurent une vogue inouïe à la Cour de François l", de Henri !I et de Charles IX, surtout grâce aux traductions de Herberay des F)ssars, Cl. Colet, Gohorry. .\ubert, etc., M. Bourciez en a parlé assez longuement et très judicieusement dans sa thèse sur les Mœurs polies et la litt de Cour liv. l.ch-np. i et m, liv. II, chap m'. .le ne cite que pour mémoire la thèse d Eug Baret De l' Amadis de Gaule et de son influence (1873), qui ne contient pas un mot de Ronsard, ni des cartels ni des mascarades.

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