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et de Pétrarque, il exprime les tendres confidences, échange les doux propos, exalte enfin la volupté d'aimer ^.
Le numéro 10, l'Amour logé, fut écrit très probablement durant le séjour que fi lia Cour à Blois lors delà réunion des Etats généraux, du 17 novembre 1576 àla fin de mars 1377. En effet, le texte nous apprend que la scène anacréontique se passe à Blois. Ronsard envoie l'Amour « au chasteau », où il demandera Pougny, c'est-à-dire Nicolas d'Angennes, marquis de Poigny et de Rambouillet, capitaine des gardes du roi Henri III '-. De plus, dans les neuf dernières strophes, ilest question de « riiostel d'Anjou », un « palais » où l'Amour trouvera le plus sur des gîtes, auprès du « prince » qui l'habite, et que Ronsard appelle « seigneur de la terre angevine ». Or ce prince ne peut être que le frère de Henri III, François d'AIençon, qui, àla paix dite de Monsieur (mai 1576), avait pris le litre de duc d'Anjou et de Touraine ; c'est lui que Ronsard avait célébré en plusieurs sonnets cette même année à Tours-', lui qui assista le roi et le parti calholique aux Etals de Blois, lui enfin dont l'amour pour M"'"" de Sauve avait redoublé «lepuis l'évasion de son rival Henri de .Navarre *.
Le Vdlume des Ode.s s'augmentait de six pièces, dont cinq déjà publiées, les odeleltes Boivon,.lejour n'est si long que le doy, et Cependant que ce beau mois dure ^, VOde à Phœbus, Y Ode au Roi/ Charles IX, VOde des Estoillts ''', et une nouvelle, sans adresse, bien qu'elle fùlen réalité adressée à Simon Nicolas, secrétaire du roi :
Ode. Nicolas, foison bonne chère (Bl., II, 349. — M.-L., II, 330) ■. 11 est impossible de préciser la date de composition de celle dernière ode.
1. Il n'y a pas seulement imité Pétrarque et Bembo ; on y trouve de très nombreuses réminiscences de Sapho, Auacréon, Tibulle, Properce, Ovide, Politien, Angerianus et Second.
2 Sur ce personnage, qui fut le beau-père de Catherine de Vivonne, v. Brantôme, éd. Lalanne, passim, et le P. Anselme, op. cit , II, 426, et IX, 70. A. de Baîf lui a dédié r.4mour uangeuriPoëmes, liv. III), etR. Garnier sa tragédie de Cornélie (cf. Henri Chardon, lioberl Garnier^ pp. 100 à 104).
3, Voir Bl., I, 422 et 423 ; V, 320 — M -L , Nolke sur Ronsard, p. ixxxv. L'entrée solennelle de François d'Anjon à Tours avait eu lieu le 28 août 157B. Cf. mon édition de la Vie de Ronsard, Commentaire, aux mots « à Tours »
4 Sur le commun amour de François de Valois et de Henri de Bourbon pour Madame de Sauve, v. les Mémoires de Marg. de Valois. C'était une coquette qui les avait joués tous deux et brouillés au profit de la reine mère
5 V ci-dessus, p. 233 Elles avaient été placées en 1571 à la fin des Mascarades. En 1578 elles figurent au livre \' des Odes, l'une Boivon .. après l'ode N'ous ne lenons en nostre main, 1 autre Cependant qne... après l'ode Quand au temple nous serons.
6. V. ci-dessus, pp. 250 à 253. En 1578 elles figurent au livre \' des Odes, les deux premières après l'ode Bien heureuse et chaste Cendre, la troisième après l'ode Si j avois un riche trésor.