Egalement au livre V, à la place qu elle a conservée
DE l'ûEL'VRE LYHiyi'E DE RONSARD 259
Elle fait pendant à celle de 1S65 A M^ de Verdun, axiWe secrétaire du roi, où Ronsard préconisait la même philosophie, tout épicurienne au sens primitif du mot. D'autre part, les relations de Ronsard et de Simon ^Mcolas remontent au début du règne de Charles IX, peut-être au delà ; mais elles n'apparaissent intimes qu'à partir de 1369. Enfin cette intimité devint si grande sous le règne de Henri III, que Ronsard fit de Nicolas le confident de ses plus secrètes opinions '. — L'ode du second livre 0 terre fortunée s'allongeait d'un quatrain initial et commençait ainsi :
Paccate, qui redore
Le langage François -.. .
Le reste des Œuvres contenait cinq nouvelles pièces lyriques d'inégale valeur, aux tomes III, IV et V :
1. — Au tome III (celui des Poèmes et des Epitaphes) rEpiTAPiiE de FEU Damoiselle Anne l'Esrat Angevine, Malheureuse journée (Bl.,\\i, 236. — M.-L., V, 3Uo), écrite pour le «tombeau» d'une toute jeune femme qui appartenait à une célèbre famille de magistrats, et dont la mort, arrivée au lendemain de son mariage, peut remonter à 1372 ou 73 '.
2 et 3. — \u tome IV (celui des Elégies, Eglogues et Mascarades), une MAsCAitADt:, Las ! pour avoir aimé trop liaul, et un Cartel pour le Roy Henry III, J'ag par actes laborieux (B\., IV, 191. — M.-L., 111,302), qui furent composés vraisemblablement pour les fêtes de l'entrée de Henri III à Paris, en février 1373.
4 et 5. — Au tome V (celui des Hymnes), une Ode Sapphique, Belle, dont les i/eux doucement m'ont tué. et des Vers Sapphiques, A'/ l'âge mj
1. Ronsard a encore dédié à Simon Nicolas en 156.3 l'épitaphe du fils du maréchal Annebault 131., Vil, 194: ; en 1569 l'élégie-épilogue des Poèmes IV, 400); en 1571 la chanson Qui ueult srauoir Amour et sa nature, précédemment dédiée à Magny ,1, 216), l'épitaphe de Françoise de A'ieil Pont Xll, 233,;, et le sonnet Si quelque Dieu au milieu de l'orage ::M.-L.,\'I, 417 ; Blanchemain. \'II1, 126, le confond avec Nicolas de \'iUeroy) ; enfin dans la seconde moitié de 1584 la fameuse pièce intitulée Caprice, où il souhaite le triomphe des Politiques et de Henri de Bourbon Bl., \1, 326). — Sur ce personnage, V. Brantôme Méni., éd. Lalanne. V, 281 : >■ Fort honneste homme et bon compagnon, il estoil fort heureux à faire des vers et en rencontrer de tres-hons et plaisantz qu'il addressoit au roy (Charles IX . » Un quatrain de lui figure parmi les liminaires de la Franciade en 1572. FZn 1585, E Tabourot lui dédia le S* livre de ses Touches.
2. Cf. Bl., 11, 154; M -L., 11, 205. Blanchemain s'est trompé en disant que le premier quatrain fut ajouté en 1584 ; ce qui reste vrai, c'est que le nom de Des Autels remplaça celui de Paccate en 1584.
3. Son père Guillaume l'Esrat, lieutenant général, maire et président au Présidial d'Angers, était mort en 1563. Ses frères, Guillaume et Guy, que Ronsard compare à Castor et Pollux, occupèrent également de très hautes chaiges de 1570 à 85, Guy a laissé un volume de Bemoiistrances et Avertissements faits aux ouvertures de la juridiction du siège présidial d'.Angers, suivis de trois Oraisons politiques 1575-79 . Anne pouvait avoir 25 ans en 1573. Cf. Celestin Port, Dictionn histor. de Maiiieel-Loire, et Questions Angevines, 1884, pp. 12 et 13.
sang ne sont plus en vigueur (li\., \l, 'S1G-11. — M.-L., II, 4G0-61), qui furent encore inspirés, à mon avis, par Hélène de Surgères ; la seconde de ces pièces, qui aurait pu prendre pour texte l'iiémisticlie d'Horace : Non eadem est œtas, non mens, contient un « adieu » à « la lyre » et aux « douces chansons » d'amour ; elle doit dater de l'année où Ronsard s'éloigna de sa dernière maîtresse poétique, c'està-dire de 1575 au plus tard ^.
D'autre côté, Ronsard, de plus en plus sévère pour son œuvre, supprimait radicalement, outre une cinquantaine de sonnets 2, cinq chansons : // me semble que la journée ; Je te haji bien, croy vioy, maislresse; Plus tu cognais que je brusle pour toy; Pourquoy tournez vous vos yeux ; Un enfant dedans un bocage ; et quatorze odes : En mon cœur n'estpoint écrite ; 5i autrefois sous l'ombre de Gastine ; Soyoti constants et ne prenon souci ; Puis que la Mort ne doit tarder ; Cependant que tu nous dépeins ; Vous faisaiit de mon écriture ; Tu me fuis de plus vite course ; Dieu le gard, l'honneur du printemps ; Pipé des ruses d'Amour; L'un dit la prise des murailles ; Si tût, ma doucette Isabeau ; Bien qu'en toi, mon livre, on n'oie ; 0 Dieu des exerciles -* ; Mon petit Bouquet, mon mignon *. L'//ymne à /a 7Vmî< disparaissait aussi, avec des pièces beaucoup plus longues de la section des Hymnes ^ ; YEpitaphe de J. Drinon avait le même sort, ainsi que d'autres épitaphes d'une étendue bien plus considérable ''. Ronsard supprimait ces pièces, les unes parce qu'elles lui paraissaient prosaïques ou mal venues, les autres parce qu'elles étaient irrégulières et « impropres à la lyre », d'autres encore parce qu'elles faisaient double emploi, ou que les événements leur avaient donné un démenti. Il sacrifiait en outre nombre de pages ou de passages qui lui semblaient surcharger son œuvre sans profit pour sa gloire ; il raccourcissait notamment de cent vers la première ode pindarique. Toute royauté qui dédaigne' , et de quatre strophes '^ l'ode du livre IV, Source d'argent toute pleine, dont le sacrifice ne tardera pas à être consommé.
Enfin Ronsard apportait augroupementdeses poésies de nombreuses
1. Ces deux Odes étaient placées, sans doute par inadvertance, tout à t'ait à la fin du tome V. Ronsard répara cette erreur dès l'édition suivante.
2. Exactement 54, provenant des Amours et des Sonets à diverses personnes.