Bibl. Nat., Rés. Ye 202, f» 3. — Cf. Bl., VII
2. V. ce qu'il dit à ce sujet dans ï Abbregé de l'A. P. (Bl., \'II, 325).
3. La remarque a déjà été faite par M. Froger [Prem. poés. de /?., pp. 91-93 et 102).
4. îbid., pp. 39, 102-103. lîonsard, qui s'était vanté dans le Suraifertissement ati lecteur placé eu tète des Odes de 1550, d'introduire dans la langue littéraire tous lestermes provinciaux dont le besoin se ferait sentir, les préconisait encore dans son Abbregé de l'A. P., mais avec la forte réserve que voici : " Mais aujourdhuy, pour ce que nostre France n'obeist qu'à un seul Roy, nous sommes contraincts, si nous voulons parvenir à quelque honneur, de parler son langage : autrement nostre labeur, tant fusl il honorable et parfaict, seroit estimé peu de chose, ou (peult estre) totalement mesprisé >i (Edition princeps, f» 5. — Cf. Bl., \'1I, 321 et 3'22.)
5 V. ci-dessus, p. 200, note 1.
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ment le blâmer de ces sacrilices-là. Luuons-le plutôt, avec Uinet, d%voiT~ïrTii5të'(îe sa superfluité » '. En maintes circonstances son premier jet avait été trop facile et trop rapide pour ne pas entraîner avec lui quelque limon troublant ; il s'appliqua donc le vers d'Horace relatif à Lucilius :
(Àim /hicicl liiliilciilns, end r/uod lollerc nellcs,
et se mit courageusement à draguer et à clarifier seaœuyres. Pour reprendre l'image dont il s'est lui-même servi, il dut élaguer les branches inutiles d'une végétation touffue. La faute n'en était pas complètement à lui, et il eut eu moins à faire si le développement oratoire et, pour tout dire, l'amplification, n'avaient pas été une nécessité pour un poète de cour. N'a-t-il pas avoué lui-même dans une sorte d'avertissement qui précède les Elégies de l'édition posthume ; « Si j'eusse composé la meilleure partie de ces Elégies à ma volonté, et non par exprès commandement des Rois et des Princes, j'eusse esté curieux de la briefveté : mais il a fallu satisfaire au désir de ceux qui avoient puissance sur moy, lesquels ne trouvent jamais rien de bon, ny de bien fait, s'il n'est de large estendue... »? Et les vers qui accompagnent cet avertissement ne sont-ils pas encore plus significatifs :
Le fin Lecteur mcsprise
Ces diseours, ces narrez aussi grands que la Mer. Il faut de maint rampart ta langue renfermer, Qui veut tousjoui's causer, tousjours parler et dire, Et resserrer ta main qui Ijouillonne d'escrire - .. ?
o" Ce qui semble avoir surtout ému certains admirateurs de Ronsard, ce sont les suppressionsjojales, dont le nombre étonne en elfel à première vue ; au point que, devant ces sonnets, odes, hymnes, élégies et autres pièces « retrancliées », qui forment un volume de plus de 400 pages ■', ils n'ont pu admettre que leur poète ait ainsi mutilé son œuvre dans la plénitude de ses facultés : il avait évidemment subi l'influence pernicieuse d'une caducité à la fois pliysique et intellectuelle. Or cette opinion est radicalement fausse.
Ce qui la condamne d'abord, c'est cette simple considération que Ronsard a fait les dits retranchements à difl'érents moments de sa carrière, aussi bien dans sa maturité que dans ses dernières années. Plus