Bl., IV
3 V. le dernier tome de l'édition de 1617, intitulé Recueil des Sonnets, Odes .. et autres pieecs retranchées- Dès 1592 im éditeur de Lyon, Thomas Soubron, avait inséré dans ctiaqne volume les pièces retranchées qu'il put retrouver ; en 1609 Nicolas Buon les avait réunies en plus grand nombre à la fin de son éd. in-folio.
278 GKNÈSE ET ÉVOLUTION
de quarante pièces, nous l'avons vu, avaient déjà disparu en 1560, une douzaine d'autres en 1367, plus de quatre-vingts en 1578, alors que le poète n'avait que 33 ans et qu'il publiait, entre autres œuvres gaillardes, les Scmcis pour Hélène ; bref, bien avant la date oîi l'on place le prétendu ramollissement de Ronsard, les trois cinquièmes des retranchements étaient faits.
Ensuite certains éditeurs posthumes, Th. Soubron et Nie. Buon, ont recueilli parmi les pièces « retranchées » des pièces qui ne le furent jamais, par exemple les six odes 0 terre fortunée ; Arf/entine fontaine vive ; Doncques, forest, c'est à ce jour ; 0 r/rand'hrautc, mais trop outrecuidée ; 0 terre, amer, ô ciel espars ; Cependant que ce beau mois dure ' ; d'autres que Ronsard n'avait jamais fait figurer dans ses recueils, par exemple l'ode Homère, il suffisoit assez, parue seulement parmi les liminaires d'une œuvre de Jamin- ; d'autres enfin qui étaient complètement inédites, telles que l'ode J'oste Grevin de mes escj-is •'' et la chanson /l ce malheur gui jour et nuici me poincjt^.Cetie dernière même a été attribuée à Ronsard sans la moindre preuve, et je doute fort de son authenticité : non seulement elle n'a paru dans aucun recueil de notre poète avant 1017 ^, et l'on ne voit pas trop pour quelle raison il l'aurait primitivement tenue cachée s'il en avait été l'auteur, — mais encore elle n'a pas du tout l'allure d'une chanson de Ronsard, et le rythme en est unique parmi les œuvres de la Pléiade^.
Enlin, l'on n'a pas cherché à discerner les raisons intellectuelles qui ont déterminé Ronsard à sacrifier une partie de ses œuvres '. On n'a
1. Les quatre premières erreurs viennent de Soubron (éd. de Lyon, 1592^ ; Buon les a reproduites en y ajoutant les deux autres 'éd de Paris, 1609 et 1617!. Ce qui les a trorapés pour les quatre preniièros, c'est qu'elles commençaient par un vers différent dansles dernières éditions contemporaines de Ronsard. Même remarque pour les deux sonnets Telle qu'elle est dedans ma souuenance, et Rien du liant ciel le destin ne propose (Recueil de 1617, pp. 17 et 70:.
2. V. ci-dessus, p. 247. Même remarque pour le Discours à J. Grevin et deux sounets en faveur de Robert Garnier : Quel son mâle et hardy et Le vieil cotfiarne d'Euripide {Recueil de 1617, pp. 81, 82, 342).