‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 236 sur 509 · Bl., VI · texte numérisé non relu

Bl., VI

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d'agression, ce fut exclusivement pour leur vulgarité qu'il couJainua trente environ des pièces publiées de 1333 à 36 dans la période des concessions. La moitié des Gayetez, les poèmes de la Grenouille et du Fourmi/, l'Epitaphe de Rabelais, les Dons de Jaquet à Isabeau, d'autres odelettes du second Bocage, des Meslancjes et des Continuations des Amoui-x, lui parurent terre à terre, non sans quelque raison, et par suite indignes d'un véritable poète. Cela est plat, prosaïque ou grossier, pensa-t-il ; cela ne serait lu que par « les filles et les pages ^ » ; on me reprocherait, comme on l'a fait, de « m'être démenti, parlant si bassement^»; retranchons.

Mais ce faisant, il ne revenait pas aux exagérations de ses débuts. Il marquait seulement sa préférence pour les « beaux sujets », traités dans le « style brave et haut » 3, qui répondait mieux à l'esthétique générale de la Pléiade ; il restait fidèle au principe gréco-latin des deux styles, dont l'un, propre à la poésie, plus hardi, plus harmonieux que celui de la prose, avait été préconisé en 1349 dans la Deffence, en 1333 A^xïsY Art portique, et le fut encore en 1365 àansV Ahbregé de l Art puiitijue, en 1383 dans la dernière Préface de la Franciade ; principe essentiel et fondamental de la révolution littéraire accomplie par Peletier, Ronsard et Du Bellay, excellent en soi, funeste seulement dans ses îxcès. Ronsard sentait que son originalité, que sa gloire était là ; aussi, bien qu'il sut parfaitement que son ardeur de néophyte et son enthousiasme de chef d'école l'avaient entraîné d'abord au delà du but, il craignit plus encore de paraître à la postérité avoir reculé trop en deçà. Et ce fut là précisément son erreur. Car celte crainte d'un recul excessif le rendit trop indulgent pour toutes les pièces de ton élevé qui caractérisaient sa révolution, et trop sévère pour les autres : dans son euvre de sacrifice, il épargna les odes pindariques et leur réserva même a place d'honneur en tête de son volume, se contentant de raccourcir ['Ode de la Paix d'un épisode inutile de cent vers * ; par contre, il engloba dans la même proscription que les << gayetez » et les « odelettes » janales, quelques courtes pièces, pleines de fraîcheur, de grâce et d'éléjance 5. Si l'on doit exprimer un regret, c'est celui-ci: Ronsard fut

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