‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 238 sur 509 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Sources et originalité de Ronsard poète lyrique.

Parmi les moyens que Ronsard préconisa le plus hautement et employa le plus constamment pour « illustrer » sa langue maternelle et rendre le vers français plus poétique, l'imitation des poètes grecs et latins tient la première place. Désormais, déclare-t-il, les poètes ne peuvent plus rien inventer : les Anciens ont épuisé tous les sujets de poésie ; il ne nous reste qu'à les suivre

Et, béant après eux, recognoistre leur trace Faicte au chemin frayé qui conduit sur Parnasse '.

S'il fit rarement connaître les sources de chacune de ses pièces, et plus rarement encore le détail de ses emprunts, il se glorifia du moins toute sa vie d'avoir enrichi ses œuvres, jusqu'à l'opulence, des trésors poétiques de l'antiquité païenne. En 1549, Du Bellay, qui était alors son porte-parole, avait exhorté les poètes français au « pillage » de la « cité Romaine » et du « temple Delphique », dont les « serves dépouilles » devaient orner leurs c temples et autelz ». Peu après Ronsard, s'adressant à sa « Lyre », exaltait ainsi la transformation qu'il avait fait subira l'ode francnise :

Pour te monter de cordes et d'un fust, Voire d'un son qui naturel te fust.

Je pillai ïhebe, et saccageai la Pouille ï'eririchissant de leur belle dépouille -.

La préface de looU et maints passages de son premier recueil déve-

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