‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 242 sur 509 · V. ci-dessus, pp. 67 à 69, 71, 88 et · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, pp. 67 à 69, 71, 88 et

DE HOiNSAHD POÈTE LYKIQUE {Ode grave) 297

dont la lyre fait entendre à son tour des accents inimitables. Du Bellay salae en Ronsard le « Pindare françois ». LeCaron, dans ses Dialogues, cite Ronsard comme une autorité à côté d'Homère, de Pindare et de Platon, et intitule l'un d'eux Ronsard ou de la Poésie i. Que doivent donc aux poètes grecs, et à Pindare en particulier, les odes graves de notre poète ?A-t-il vraiment mérité au moins une part de ces éloges, qui semblent a /jri'oî-i singulièrement hyperboliques?

Les quinze odes pindariques proprement dites forment un total de 2486 vers. Quatorze d'entre elles sont divisées en triades, c'est-à-dire en groupes rythmiques égaux comprenant une strophe, une antistrophe et une épode '-. Une seule, la huitième, est monodique et même monostrophique. — Elles sont de longueur très inégale. Trois n'ont qu'une triade et n'atteignent pas 30 vers 3. Trois autres n'ont que deux triades et n'atteignent pas 70 vers *. Quatre autres n'ont que trois triades et vont de 96 à 136 vers s. Une autre en a quatre, mais seulement 136 vers '^. Une autre en a cinq et atteint 220 vers ''. Les deux plus longues sont celles qu'il composa en dernier lieu, VOde de la Paix, qui comprenait primitivement 300 vers en dix triades, et l'Orfe à Mchel de L'Hospilal de 816 vers en vingt-quatre triades. Celle-ci fut, comme on sait, la plus admirée des contemporains pour ses réelles beautés, mais aussi, et peut-être surtout, je le crains, à cause de son étendue, qui prouvait la puissance du souffle de Ronsard ; d'autant que la plus longue de Pindare ne dépassait pas 335 vers, et qu'elle fait même exception dans toute son œuvre ^.

Quant à l'ode monostrophique, elle est naturellement la plus courte :

1. Louis le Caron, dit Ctiaroiidas. a publié en 1554 un recueil de vers intitulé la Poésie, on il apijelle Fîonsard, comme le taisait toute la Brigade depuis 1550, notre « Terpandre " et le " Prince des poètes » ; puis, en juillet 1550, des Dialogues en prose, dont le quatrième, intitulé Ronsard ou de la /-'oë.sie, met en scène Ronsard, .lodelle. I^asquier et Fauchet : ce dialogue très intéressant témoigne de la très haute idée que la nouvelle école se faisait du poète et de la poésie Bibl. Nat.. Rés 18.271 , Sur Charondas. cf. L. Pinvert, Reu. de la Renaiss. de janv. 1902, et Gohin. De Lud. Charondae vita et tiersihns (thèse de 1902 .

2 Pour la métrique des odes pindariques, voir ci-après, 3*^ Partie, chap. ri.

3. Bl , II, p 108 = 36 vers ; p 109 ^= 40 vers; p 51 = 49 vers — Pindare en a six comprenant moins de 50 vers [Olymp. I\', XI, XII. XIV ; Pyth. VU ; Néin. Ht. Nous comptons ici les vers de Pindare d'après la numérotation adoptée dans les éditions du xvi^ siècle, celle que \V. Christ a reproduite dans la marge de droite de son édition. Mais quand, au cours de ce chapitre, nous aurons à préciser les vers imités, nous les désignerons d après la numérotation actuelle, que Christ indique dans la marge de gauche.

4 Ibid., p. 41 -^ 60 vers ; p. 105 ^ ()S vers ; p 111 =: 68 vers. — Pindare en a cinq comprenant moins de 70 vers lOlymp. V ; Pyth. VI, XII ; \ém. XI ; Isthm. IV.

5. Id , p. 43 = 108 vers ; p. 47 = 96 v. ; p. 53 = 108 v. ; p. 57 - 156 v.

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