Voir ci-après, pp. 405 et suiv
5. Deff. et Illustr.. II, ch. iv et ix. — Ahhregé de l'A. P. (Bl , VII, 325).^
6. Bl., II, 71, 95. Homère, Hésiode. Pindare. appellent l'Aurore ioSooi/.TuXos ou /.poxoTTÉTiXoî ; Ronsard ne dit pas seulement « l'Aurore à la face rosine », ou « l'Aurore ensafranée » ; il dit qu'elle « verse des roses au sein du soleil levant », ou qu'elle « emprunte des roses le fard de son teint » [II, 263, 282).
7. BL, II, 52, 58, 72, 76 ; 53, 60, 91. Cf. Pindare : Ze^î ÈYy^txipauvoc;, àpY'xipaovo?, tpor/i'/oaxipôiiai;, a'toXoSpovTTji; ; Moïsïi rjOX0|jLOt, rj'jTiXôxajiOi. 11 y a aussi quelques réminiscences d'Homère ou d'Hésiode: TiavôifiiTtop, atY'oj^o;, û<j't6pE[JiJxir|?, tepirixÉ-:
DE RONSARD POÈTE LYRIQUE {Odc grave) 327
de Pindare les qualificatifs simples qui caractérisent la jeunesse, l'éloquence et la poésie : la Jouvence est dorée, la parole de Mnémosyne empennée, le vers ailé ou emmiellé, la lyre douce et dorée, la clianson et la voix du poète sont sucrées '.
Peut-on lui reprocher d'avoir abusé de ces derniers termes? C'était une des manières heureuses de faire vibrer la corde dorienne, d'acclimater en France la Ihebaine grâce 2, et, somme toute, il les affectionna parce qu'ils lui offraient une image « significative », son principal souci 3. La meilleure preuve, c'est que son œuvre regorge d'épithètes qui ont, comme chez les Grecs et les Latins, la valeur des adverbes, et par conséquent modifient le sens du verbe ; c'est aussi que les rares épithètes de nature qu'elle présente, comme le roc sourcilleux, la colonne ronde, les ondes bleues, les flots chenus, les flèches volantes, les étoiles roulantes, ont presque toujours leur raison d'être, une valeur descriptive ou démonstrative. On ne saurait trop insister sur ce fait que Ronsard a cherché, tout comme Pindare et Hugo, à faire saillir les objets par des « vocables signifiants » *.
Lks MOUVEMENTS LYRIQUES. — Si Ronsard se préoccupa de faire toujours dire quelque chose à son vers, il s'est ingéniéaussi à lui donnerdu ton, de la chaleur. Le poète, pensa-t-il, doit attirer l'attention, piquer la curiosité et la tenir sans cesse en éveil ; la poésie, surtout la poésie lyrique, a ses mouvements comme l'éloquence. Pindare lui en offrait de nombreux exemples ; il se garda bien de les négliger. On peut les grouper ainsi : d°les mouvements de départ et d'entraînement ; 2° les mouvements de retour et d'arrêt.
Les débuts de Ronsard sont généralement très heureux ^. Il se met
pïovoî, sùp'jOTTa, EÙâiTTiç, TtoXjcpXo'.oSo.; ; ou d'Escliyle : 'ô TTOixiXei'[J.(ov vj^. Parfois la traduction est très lourde ; ainsi Elcxji'.Siojv iyX'XO-ïpi.xlvrfi devient Neptune à la fourche éto/fée de trois crampons (p. 79). Voir ci-après, p. 348.
1. BI. II, 54, 71, 94, 106, 108, 127 et passim = Pindare : "HSa y^puaocxiaa'ioi ; îifivo; T.zepôs'.i; (cf. Homère, iitzy. TïTEpôsvxa) ; iotoa! fiîXtc50o-,'YOi, a8uXô"c°'> (J'eXi- '(ip'jti, iêufiïXôî? ; vXjxsIa et ypuaia <f6p^iiy^, etc. — Ronsard pindarise toutes les fois qu'il parle du a doux sucre de ses vers J>, bien que le sucre soit une découverte moderne.
2. V. pour ces expressions Bl., II. 41, 54, 61,248 et passim.
3 Outre VAbbregé de l'A. P., déjà cité (note 5 de la p. 326), voir. Bl , III, préface de la Franciade. R y demande qu'on enrichisse les poèmes « d'epilhetes significatifs et non oisifs, c'est-à-dire qui servent à la substance des vers... » (p. 18) ; il demande encore de « choisir les mots les plus pregnanis et significatifs I) 'p. 33).