‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 260 sur 509 · Bl., Il · texte numérisé non relu

Bl., Il

2. V. une Ode à Mad. Marguerite , texte primitif, el Hymne triumphal sur le trépas de Marguerite de Valois, Roynede Navarre, fin (Bl., Vlll, 136, et II, 326).

3. Texte de 1552. En 1560, Ronsard remplaça le nom de Simonide par celui de Bacchylide, déjà nommé en 1550 dans la préface des Odes comme le rival envieux de Pindare Bl., II, 14 et 306j. La strophe qui suit celle-là exprime le sentiment d'orgueil auquel je fais allusion, ainsi que ce distique de la p 94, traduit de Pindare [Pyth. 1, str 5 ; XI, ép. 2 : a C'est grand mal d'estre misérable, | Mais c'est grand bien d'estre envié 'j.

Ronsard fait encore à la fin delà préface de 1550 un rapprochement entre sa situation en face des Marotiques de la Cour et les rivalités de Pindare et de Bacchylide, de Calliroaque et d'Apollonius. 11 est à remarquer qu'au contraire il n'a jamais rappelé la querelle de CI. Marot et de Sagon ; elle était pourtant très récente et fameuse, et G. des Autels, précisément en 1550, nous apprend que Sagon était devenu synonyme denuieux {Repos de plus grand travail, p. 55).

celle de Marot, auquel il daignait toutefois concéder un certain talent, c'est encore de Pindare qu'il se souvenait, comme l'a judicieusement fait remarquer son premier commentateur, Jean Martin'. Ce début rappelle, en effet, celui de la 9'^ Olympique : « Le mélos que fit Archiloque en trois strophes tumultueuses, pour chanter les vainqueurs d'Olympie, a sufîi pour guider, au pied de la colline du Kronion, le cortège processionnel d'Epharmoste et de ses compagnons ; mais aujourd'hui, ô ma Muse, qui lances tes traits si loin, vise Jupiter tonnant et la cime auguste de l'Elide . . . Siirement tes éloges ne seront pas terre à terre -. »

Au reste, Ronsard ne jugeait pas son prédécesseur avec le même tact, j'allais dire avec le même atticisme, il s'en faut ; et quant aux attaques ou aux ripostes qu'il dirigeait contre les détracteurs envieux, elles devaient nécessairement avoir un caractère plus précis et plus personnel que celles de Pindare, notre poète se posant comme le chef d'une école nouvelle, qui réagissait violemment contre les Marotiques et qui avait dès 1549 provoqué de leur part une hostilité fort compréhensible ; car ce n'est pas impunément que déjeunes novateurs traitent de « bande ignorante », de « rimeurs barbares » et de « pourceaus » la gent irritable des poètes d'expérience et de tradition 3. — Mais, en affectant ces airs de mépris pour les prédécesseurs, dont la poésie lui semblait prosaïque et accessible au commun des mortels, et cette haine pour le « vilain monstre Ignorance », Ronsard ne faisait que prendre, du moins il le croyait, à l'égard de personnes bien connues et dans un cas très spécial, une attitude m à la thebaine mode », qui lui était devenue familière à l'égard du public en général, et cela au collège de Coqueret, en étudiant Pindare. Cette idée que le poète ne doit écrire que pour une élite très instruite, ne tenir compte que des jugements d'une haute aristocratie intellectuelle, et peut par conséquent se permettre toutes les audaces d'érudition, toutes les fantaisies verbales, se développa et s'affirma dans son esprit seulement à la lecture de Pindare.

Ronsard pensa d'ailleurs que le sang qui coulait dans ses veines étant plus généreux que celui des poètes ordinaires, il pouvait trancher du grand seigneur dans ses rapports avec le public, et considérer la masse du vulgaire comme une quantité négligeable. De là vient le ton

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