‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 262 sur 509 · Ibid., pp. 48, 54, 99, 100, 135, 300 et · texte numérisé non relu

Ibid., pp. 48, 54, 99, 100, 135, 300 et

3. Olymp. II, str. 5. — Cf. Ném. 111 611 ; V, str. 2, et passim ; Olgmp. 1, vers 112 ; XI, vers 95.

4. Bl , II, 37, 58, 63 et passim ; 59, 114,214 et passim ; 62, 115, 214 et passim = A'em. IV, str. 11 ; VII, antistr. 1 ; Vlll, Ëa-.Islhm. III, str. 4 ; VI, ép. 1 et str. 2 ; Pyth. III, lin ; VI, str. 2.

5. Ibid.. 41, 52, 53, 62, 63, 67, 68 et passim = Olgmp. VII, antistr. 1 ; XI, antistr. et ép. 5. et passim.

336 SOLRCES ET OKIGI.NAI.ITÉ

position des Odes, il répondit : Pindare en tit autant, Pindare, dont vous ignorez « les vers repliez », Pindare, qui n'avait point honte

D'entremesler ses propres gloires Avec les fameuses victoires Des bataillans qu'il honoroit '.

Et c'est encore l'exemple de Pindare qu'il invoquait en s'excusant de demander à Henri II d'ouvrir une main libérale et de « dorer les cordes de sa lyre ». Si l'on m'en blâme, dit-il en substance, on condamne du même coup Pindare, qui « trafiqua » ses odes, et avec qui je pense que le génie périclite et périt, s'il n'est soutenu par l'or des riches et les bienfaits des puissants 2. Par malheur il abusa toute sa vie de cette manière de voir, et l'insistance avec laquelle il tendit la main n'a rien de commun, en dépit de son opinion, avec la discrétion pindarique^. Un peut faire la même remarque ù propos des passages où il vante son mérite personnel, il est loin d'avoir eu la légèreté de touche de Pindare ; il écrit : « Heureux celui que je chante » ; Pindare avait simplement dit : « Heureux celui qui a mérité des louanges »*.

Tels sont les éléments que les odes pindariques de Ronsard doivent à la poésie grecque, particulièrement à Pindare. Les emprunts de détail sont innombrables, et je n'ai pas prétendu les relever tous-'. Il sullisait de grouper les principaux, les plus caractéristiques, et de

1. Bl., II, 303-301 el 30G. Il faut lire bataillans, et non pas. comme Bl., bataillons.

•2. Ibid . préf., p. 11 ; 38 el 40 ; 306 ; V, 27-1; VI, 45-4G, el passim.

3. Ibid , 21-U2, 10(i, 132, 176 177, 273, 446, et passim dans le Bocage royal, les Elégies, les Poèmes et les Hymnes (surtout la Snyte de l'Hymne du Card. de Lorraine, V, 274l. Cf. Pyth. l, II et III ; Pindare pensait que le poète peut se faire payer [Pytb. XI, 41), mais qu'il ne doit pas être f'./^rjy.EÇ>if^ç (Isthm. II, 6j. Voir A. Croiset, op. cit., p. 278.

4 Ibid., 41, et passim. — Olymp. VII. 10 et passim. Cf. Hésiode, Théog., vers 1)6.

5. Notons en deux encore qui n'ont pu trouver place dans notre classement Là, c'est un usage des Honiérides que Pindare avait rappelé au début de la 2' Néméenne : « De Jupiter les antiques | Leurs escrits embellissoient, | Par lui leurs chants poétiques I Commençoieut et tinisioient i> jH, 42j Cl'. Hésiode, Théog. : « Les Muses, célébrant Jupiter, commencent et finissent par lui tous leurs hymnes » ; Aratus, Phénom . , début ; Théocrite, Idylle XVII. début ; Virg., Bucol. 111, 60 "; Hor.Od. I. 12, 13 ; Stace, Sylv., dédie. — Ronsard a repris cette idée au début de VHymne de Henry II. — Ailleurs, c'est l'attitude d'un Dieu de l'Olympe que Pindare avait décrite dans la première triade de la 1" Pythique : « De Mars, qui teiioit l'œil fermé i Hontlant sur sa lance guerrière I Tant la chanson Tavoit charmé» (II, 80j. Quant aux seize vers qui précèdent ce passage de la 1"^ Pythique, Ronsard les a fait passer presque intégralement dans le début de l'ode A sa Lyre: a Lyre dorée... »

DE RONSAHD POÈTE LYHIQLE [Ode ijvai'e) 33"

rechercher le parti que notre poète en a tiré, pour que nous pussions déterminer l'influence qu'il a subie de ce côté.

M. H. Chaniard a eu raison d'écrire : « On a souvent redit les erreurs où Ronsard est tombé par suite du pindarisme ; on oublie peut-être un peu trop ce qu'il lui doit d'heureux. Je cherche en vain chez Du Bellay cette grandeur d'inspiration qui me frappe chez son rival, ces élans vigoureux et cette ampleur de souille qui mettent Ronsard hors de pair » '. 11 est certain que Ronsard s'est assimilé les plus saisissantes beautés du poète thébain. On ne peut nier qu'il ait fait tous ses elTorls pour appliquer aux événements et aux personnages de son temps les thèmes épico-lyriquesde son modèle, ses idéesgénérales, sa morale delphique, ses remontrances quasi religieuses aux grands de la terre, et pour reproduire sa méthode de composition, ses images, ses mouvements, son allure solennelle. Les envolées lyriques, le ton de prédicateur inspiré, qui ont fait comparer Pindare et Bossuet-, se retrouvent, pour qui sait les y voir, au fond des odes pindariques de Ronsard. L'imitation qu'il a faite de Pindare, et en même temps des poètes que Pindare avait imités, a eu pour le moins cet avantage de lui donner le goiit de la haute poésie et de l'initier aux moyens de poétiser le vers français, en le rendant symbolique, sentencieux, métaphorique, vif, oratoire et majestueux.

Mais il faut reconnaître que celle favorable influence s'est surtout fait sentir en dehors des odespindariques etaprès leur publication, à partir du jour où Ronsard cessa de copier son modèle, s'en éloigna et laissa s'infiltrer les réminiscences dans sa mémoire et son imagination, quand enfin il écrivit ses Hymnes, ses Poèmes et ses Discours. Alors seulement apparut tout le bénéfice qu'il a retiré de son commerce intime et prolongé avec Pindare ; alors surtout se déploya en tirades entraînantes, en comparaisons splendides, en récits pittoresques et en amples alexandrins, cette éloquence lyrique qui permet de rapprocher Ronsard de V. Hugo.

Le grand tort qu'il eut, en composant ses odes pindariques, ce fut de dépasser la mesure dans l'emploi des mythes, surtout des périphrases et des métaphores, et décrire, croyant toujours pindariser, des vers obscurs et emphatiques. Je ne parle même pas des contresens d'interprétation qu'il lui est arrivé de faire sur un texte encore mal établi ; et nous verrons plus loin qu'il n'est pas non plus entièrement responsable des contresens rythmiques de ses odes pindariques.

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