‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 272 sur 509 · Bl., II, 193. Cf. Isthm. III, str. 3 ; Pyth. 111, str · texte numérisé non relu

Bl., II, 193. Cf. Isthm. III, str. 3 ; Pyth. 111, str

DE RONSARD POÈTE LYRIQUE (J >de qraue) 349

Qui vertes dedans l'arbre croissent Puis, dessous l'Autonne suivant.

Seiches, à terre, n'apparoissent Qu'un jouet remoqué du vent :

comparaison qui vient d'Homère, soit que Ronsard l'ait empruntée directemeol à V Iliaile, ainsi qu'il a fail pour trois vers de la septième strophe, soit qu'il la doive plutôt à la paraphrase pathétique de Simonide de Céos, dont l'élégie Eîç -C,)\ Ovr,Ttùv flîov lui a beaucoup servi pour la composition de cette même ode ^. Au reste, bien que Ronsard ait fail une étude approfondie des poèmes homériques et qu'on sente leur influence un peu partout dans ses odes graves 2, elle y est cependant moins apparente que celle de certaines autres œuvres grecques, parce qu'il les avait étudiés surtout en vue de la Franciade, et que, d'autre part, l'assimilation en fut sans doute plus complète, l'adaptation plus facile, du moins en ce qui concerne lesélémenls lyriques.

Nous devons accorder une plate à part à quelques pièces d'assez longue haleine, qu'il adressa Tune en 1550 à Henri 11, Jr le vais bantir une ode, une autre en 1550-5'2 à Madame Marguerite, Vierge donl la vertu redore, les autres en 1355 au roi encore, puis à la reine, au dauphin François, à Charles duc d'Orléans, au duc d'Aiigoulèuie et à Mesdames, filles du roi •'. Elles ont toutes, plus ou moins, les caractères de l'ode héroïque. Dans ces éloges hyperboliques aux puissants, aux dieux du jour, Ronsard a pris un ton solennel et multiplié prosopopées, idées générales, prophéties, comparaisons, légendes et mouvements dithyrambiques. Parmi les pièces de circonstance, celles-là me semblent bien dériver de la source pindarique, grossies d'ailleurs de toutes sortes d'alllux alexandrins, latins et néo-latins.

En effet, pour l'ode Au liai, placée en lèle du second livre, Ronsard a emprunté aux premiers vers de la G"^ Olympique les deux stropiies initiales, où il compare pompeusement ses odes aux travaux d'archi-

1. lil , II, 152, str. 1 - Iliade, \I, 146 et suiv. ; sir. 1 à 4 = Simonide, t. III des Lyriques grecs de liergk, p. 1146, n° 85. Les str. 5 et 6 et la moitié de la sir. 7 s inspirent d'Horace Carni., II, xiii et xiv et passim], à moins que ce ne soit de Simonide d'Amorgos ;Lyriques de liergk, t. Il, p. l'^t^',. Les trois derniers vers de la sir. 7 viennent de ] Iliade, XXI. 461-66. — Ronsard a repris la comparaison de l'homme avec la feuille dans V Hymne de ta mort (Bl., V, 243j.

2. Outre les Odes pindariques et l'ode Sur ta misère des tiommes, voir les pp. 173-75 où les réminiscences de l'Iliade sont mélangées à celles des Illustrations de J Lemaire ; 206 : « Pallas est souvent d'Homère » ,257 : « A grandtort Homère nomme )) ; 279 ; « N'as-tu point vu dedans Homère .. » jusqu'au bas de la page ; 248, mention du « tin soudart de Grèce )► ; 254. mention de Thersite » odieux aux Grecs » : 277, mention de la coupe de Nestor ; 325, double réminiscence de l'Odyssée, etc.

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