‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 273 sur 509 · Bl., II, 130, 299, 172 à · texte numérisé non relu

Bl., II, 130, 299, 172 à

lecture des palais ^ ; à la 2" Pythique les passages relatifs au « jeune courage » et au « conseil » du roi, qui développent l'antithèse, fréquente chez Pindare, de la force dans l'action et de la sagesse dans la délibération^ ; à la ll^Néméenne et à la 12"= Olympique cette idée générale qui termine l'ode : l'avenir n'appartient à personne, sauf à Dieu 3. — Pour l'ode .1 MadaniP Marguerite. \\ emprunte à la 2^ Pythique et à la 4' Néméenne trois strophes oîi il flétrit le pâle envieux, auquel l'honnête homme doit répondre et dont il finit par triompher* ; dans la même ode il expose, d'après les "i" et IP Olympiques, l'origine des jeux institués à Olympie et la conquête de l'olivier par Hercule au pays des Hyperboréens ; la partie centrale est en outre remplie de détails précis sur la date, l'appareil, le nombre et la nature des jeux Olympiques, sur les poètes qui chantèrent les vainqueurs, le primitif Archiloque, le torrentueux Pindare •''. — Pour l'ode .1 la Ruine, qui est la seconde du troisième livre, il a pris à la 3' Néméenne le souvenir du centaure Chiron instruisant Achille et le mouvement lyrique de l'avant-dernière strophe :

Mais laissnn ce Peleide Et sa mère Néréide ''...

Tout le début de l'ode. 1 Muiisieur le Dauphin a une allure pindarique ; les idées, le mouvement, sont comparables à ceux par lesquels commencent la l"""" Isthmique et la 7'' Pythique. On pourrait même croire que les strophes 2 et 3 viennent de la i" Olympique ou de la '.i' .Néméenne, si elles ne ressemblaient davantage au début du troisième livre des Géorgi(jues de Virgile, d'où elles viennent en effet directement'. Au reste Ronsard, dans la strophe 4, se réclame encore de Pindare :

1 Bl, II, 130. Voir encore frngni. 171 de F'indare. Les i( termes de mémoire i> de la 3' str. rappellent le /.''Bo; Moi-2'.o; de la lin de la 8' Xe;;i. Ronsard dit encore 1' < autel de .Mémoire » (p. .')0),le « temple de Mémoire K p. 125), les « colonnes d'une mémoire B (p. 423). Pour f indare, une ode est un ;ji/r,[Ji£'OV l'gth V, antistr. 2).

2. /fcîii.,les trois premières slr.de la p 131 et la slr.4 de la p 132 = Pylh.U. anlistr. etép. 3. Cf AVm. 1, 26-27 ; l'yth. IV, 281-82; Xém. VUI, vers 8, /.i;p': zï"- |iojÀaT; ipiaxoç. — D'autre part, en parlant de la « faveur céleste » dont jouit Henri II, Ronsard s'est rappelé certainement lexpression de Oîoijtoprj^ que Pindare applique à Arcésilas de Cyrène (l'yih. V, vers G .

S.Ibid., 133. CF. O/i/nip II, anlistr. 2 ; XII, antistr. 1 ; Xém. XI, fin, et passim. Ronsard a souvent repris celte idée, notamment t. II, 254 et 473 ; V, 102 : V'I,223.

4. lil., Vlll, 137. trois dernières str. = l'ijtli- 11, anlistr. el ép. 4; A'éni. 1\', sir. Sel (j.

5. Id., Il, 304-305 ; 313-314 = O/ymp. 111, VI, IX, XI ; .Véni. IV, str. 5.

tj.llnd, iSO. Cf. Ném. 111. str. et antistr. 3 ; id, antistr. 2 —Pour le centaure Chiron, v. encore fy</i. VI, str. 3.

7. Id., 181. Cf. Isth. I el l'yth \11 Ulébuls) ; Olymp. 1, vers 28 et suiv. ; h'éni. III, vers 30-32. — Virg., Géory. III, vers 3 à 9. i V. ci-dessus, p. 331, note 2).

DE RONSARD POÈTE LYRTOUE (Ode grave) 351

Mais moj- qui suis coutumier Brouiller mes vers à la mode De Pindar'. de qui premier Coramencerai-je mon Ode ?

Enfin, dans cinq de ces odes, les cinq premières du troisième livre, notre poète a inséré une partie mythique, dont nous parlerons plus loin.

Cependant la triade en a disparu. C'est que Ronsard savait parfaitement qu'il n'était pas nécessaire d'adopter toujours ce rythme spécial pour être pindarique. 11 avait remarqué que Pindare avait composé des odes en système strophique simple ^ et son maître Dorât lui avait enseigné que ces pièces étaient chantées par des chœurs en marche dans les rues de la ville, une suite de strophes identiques convenant mieux à une procession, et une suite de triades aux évolutions du chœur dans un lieu fixe-. Il avait aussi, très prohablement, reconnu ))! pello dès 1550 la justesse des critiques des poètes Marotiques relativement à ce cadre inopportun de la triade ; il avait certainement observé les années précédentes qu'Horace, tout en se défendant de rivaliser avec Pindare ^, l'avait suivi dans les développements gnomiques, et dans l'éloge des grands personnages de son temps, d'Auguste en particulier, sans toutefois recourir à la métrique chorale de son modèle.

L'Horace des odes encomiasliques, morales et politiques, c'était en effet du Pindare encore, et Ronsard a beaucoup imité cet Horace-là. Nous avons vu que son admiration enthousiaste pour la sublimité du lyrique grec ne l'empêcha pas de rendre justice aux qualités moyennes du lyrique latin, qui avait été son premier modèle ; qu'après avoir porté sur lui deux jugements également excessifs, l'un avant de connaître Pindare, l'autre en pleine ferveur de « pindarisant » *, il s'était arrêté à un juste milieu et avait exprimé son jugement définitif dans ces vers du recueil de 1550 :

1 II nous en reste exactement sept, les Pyth. VI et XII, les Xém. II. IV et l.\, VOlymp. XIV et Vhth. VII.

Page 1