‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 28 sur 509 · Art poétique, p. 66. — Bibl. Nal., Rés., Ye · texte numérisé non relu

Art poétique, p. 66. — Bibl. Nal., Rés., Ye

XXXVni LES POESIES LYRTOUES DE PIERRE DE RONSARD

onl vamé cette liberté d'allures qui lui est propre. Du Bellay, qui pourtant n'a pas prodigué les remarques de méirique dans sa Deffence, n'oublie pas cet élément distioctif de l'Ode ; le sonnet, dii-il, difl'ère de l'ode» seulement pource qu'il a certains vers reiglez et limitez: ei l'ode peut courir par toutes manières de vers librement, voyre en inventer à plaisir, à l'exemple d'Horace, qui a chanté en xix sortes de vers "... » Voilà qui est admirable, pensait-il, car la beauté de la poésie n'est pas dans la difficulté vaincue que présentent les formes fixes, elle est dans l'aisance et la souplesse des formes relativement libres, mises au service d'une pensée choisie, d'un sentiment profond, d'une expression rare; le grand tort des Rhétoriqueurs est de ne pas l'avoir compris : « Les espèces de vers qu'il?, veulent limiter, ajoute Du Bellay, sont aussi diverses que la fantasie des hommes et que la mesme Nature "- ».

Ronsard, lui aussi, fut attiré, et de très bonne heure, par la variété des rythmes de l'ode gréco-latine :

Horace et ses nombres divers Amusent seulement ma Lire,

disait-il avant de connaître Pindare ^ ; et quand il connut Pindare, ce fut une bien autre joie, causée par la variété des différents systèmes rythmiques, au moins autant que par les « saintes conceptions », le ton grave et le haut style du lyrique thébain : « Je ne fai point de doute, dit-il dans sa préface, que ma Poi'sie taiU varie ne semble fâcheuse aus oreilles de nos rimeurs, et principalement des courtizans, qui n'admirent qu'un petit sonnet petrarquizé, ou quelque mignardise d'amour qui continue tousjours en son propos : pour le moins je m'assure qu'ils ne me scauroient accuser, sans condamner premièrement Pindare, auteur de telle copieuse diversité, et oultre que c'est la sauce à laquelle on doit gousler rOde. ^esu\s de cette opinion que nulle Poésie se doit louer pour acomplie, si elle ne ressemble la nature, laquelle ne fut estimée belle des anciens que pour estre inconstante et variable en ses perfections.» Quinze ans plus tard il écrivait dans son A66re^e de l'Art poétique: « Quant aux vers lyriques, tu feras le premier couplet à ta volonté, pourveu que les autres suyvent la trace du premier », et, à propos des petits vers, dont la césure est mobile et facultative : « Ils marchent d'un pas licencieux, et se contentent seulement d'un certain nombre

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