Carm., 111, iv ; I, xxxn. tiu
DE RONSARD POÈTE i.YKiyUE {Ode grave) 367
de l'autre : <■ Nascenlem placide lumine videris. » On y retrouve aussi le « Est deus in nobis », d'Ovide, le « Dicta» per carmina sortes », le « Princeps ^olium deduxisse carmea », le « Non omnis moriar », d'Horace, le « Victorque virum volitare pérora », de Virgile. La strophe 11 suit de plus près les vers 21 à to de l'ode Descende caelo ; la strophe 13 vient directement du début de l'ode Quo vie, Bacche, rapis, que Ronsard a associé dans son esprit à ce passage de la première : « ...Audire et videor pios | Errare per lucos, amœuae | Quos et aquae subeunt et aurae. »
Dans l'ode A Mercure : « Facond neveu d'Atlas »... Ronsard invoque l'un des dieux inspirateurs des poètes et lui promet force louanges en retour de sa protection. Il y paraphrase, avec d'importantes additions, l'ode Merciiri, facunde nepos Atlanlis, tout entière, sauf la dernière strophe relative à Mercure psychopompe, qu'il a transportée ailleurs ' et remplacée ici par des réminiscences lointaines de la fin des odes Quem tu, Melpomene et Mxcenas, atavis.
Il convient de joindre aux odes littéraires celles qui développent ce lieu commun gréco-latin : sans le secours de la poésie qui les immortalise, les plus belles vertus restent ensevelies éternellement. - Elles s'inspirent, en totalité ou en partie, de l'ode à Censorinus, Donarem paieras, comme l'ode .4 Rend d'Urvoi, dont nous avons parlé plus haut -, ou de l'ode à Lollius, Ne forte credas interitura. C'est celleci que Ronsard a paraphrasée entièrement dans l'ode A Bertrnn Berger, depuis : « L'audacieuse encre d'Alcée... », jusqu'à : « Celui qui sur la teste sienne... » Bien mieux, je suis convaincu qu'il a écrit tout le début (les cinq premières strophes de l'édition originale) en mélangeant la première strophe de cette ode d'Horace à quelques souvenirs de Pindare ^. H s'y inspire également, vers la fin, des portraits du coupable et du sage, qu'Horace a rapidement tracés dans les odes de son troisième livre Odi profanum vulgus et Justum et tenacem ■*. — Les
1. Cf. l'ode A Guy Pacale, sir. 10, et l'ode A Cassandre : « Nymphe aus beaus yeus... B, str. 4 et 5.