V. ci-dessus, p
3. Cf. Pyth. II, ép. 3 ; Isthm. Il, antistr. 1. — L'édition originale contenait, à la place du 4*^ sizain des éd. Bl. et M-L., ces deux sizains : « Si j'ai jamais des mon enfance i Abreuvé de mes vers la France | Répandant leur sucre tant dous, i Ores plus douce il te faut estre, | Chanson, qui doit servir un maistre | Que je prise par dessus tous. |1 Celui qui dit que je me vante , Ou que cesle hinue que je chante, [ Moi né près des rives du Loir, | Soit mortel, bien que je l'acorde | Aus fredons de la vive corde, | Il n est pasdinne de l'avoir. ■> Ou a reconnu au passage ces vers du début de Iode à Lollius: Longe sonantem nalus ad Aufiduin, et Verba loquor socianda chordis.
4. Les deux sizains qui suivent ce vers : « Celui qui sur la teste sienne... » viennent des vers 17 à 33 de la première de ces odes horatienues ; Lavant-dernier sizain vient du début de la seconde.
368 SOIKCES ET ORIGIÎ<ALITK
odes à Censorinus et à Lollius ont encore été imitées de très près par Ronsard dans l'une des deux odes .1 Charles de Pisscleu ^ et dans l'ode A Monsieur de Verdun 2. Il s'en est souvenu en dix autres endroits, avec un peu plus d'indépendance, notamment dans l'ode A son Livre 3, dans une ode A Joachim du Bellay *, dans l'ode .4 Robert de la Haye s, dans une des odes Au Roy Henry II 6.
Mais Horace ne s'était pas seulement promis l'immortalité en la prédisant aux amis loués dans ses vers ; il avait encore écrit, d'après Pindare '', son Exegi monumenlum, qui est devenu le type de ces brevets de génie impérissable que les poètes lyriques se décernent volontiers avec une légitime confiance. Ronsard en fit autant ; dès 1550 il termina son quatrième livre à.'Odes, comme Horace avait terminé son troisième, en se promettant de vivre éternellement dans la mémoire des hommes grâce à l'inébranlable solidité de son œuvre lyrique ; et, ce faisant, il suivit vers par vers l'épilogue latin, substituant avec tiabileté aux détails purement romains et horatiens ceux qui concernaient sa personne et son pays :
Plus dur que fer j'ai fiui mon ouvrage...
Toujours, toujours, sans que jamais je meure
Je volerai tout vif par l'univers
Eternisant les champs où je demeure,
De mes lauriers fatalement couvers,
Pour avoir joint les deux harpeurs divers
Au dous babil de ma lire d'ivoire,
Que i'ai rendus Vandomois par mes vers *.
1. Bl , II, 450, = l'ode à Censorinus, d'un bout à Tautre, sauf le premier quatrain, qui rappelle les vers 11 et 12 de VEgl. VI de Virgile, et le huitième qui est original.
2. Ibid., 3G9 =. l'ode à Censorinus, depuis le premier vers jusqu'à; tf Quant à moi, je ne veux souffrir ". Les trois strophes suivantes sont plutôt transposées de l'ode à Lollius, vers 30 et suiv.
3. Ibid., 443. Les str. 3 et 4 viennent des deux premières strophes de l'ode à Lollius, mais dans un ordre inverse.
4. Ibid., 214. Les str. 3 et 4 rappellent à la fois l'ode à Censorinus et l'ode à Lollius, ou plutôt les passages de Pindare correspondants.
5 Ibid , 334. Les deux strophes pénultièmes rappellent les douze premiers vers de l'ode à Censorinus ; la dernière s'inspire plutôt de Tibulle, dédicace du panég\'rique de Messala, ou de Stace. Sylu., I, 4, vers 31 à 37.
6. Ibid., 175-176. Le très beau passage qui va de : « En vain, certes, en valu les princes se travaillent,..» jusquà: « Donques, pour engarder que la Parque cruelle... », s'inspire de l'ode à Censorinus (vers 12 à la tinl et de l'ode à Lollius ^vers 13 à 30 , et très probablement aussi de l'idylle XVI de Théocrite, intitulée IJiéron, qui développe le même lieu commun d'après Pindare.