Cf. Fragm. 171 ; Pglh. VI, vers 6 à
8 Bl , II, 378. Cf. Hor., Carm., III, xxx. Ronsard avait exprimé la même idée ailleurs en s'iuspiraut directement de la sixième Pythique :... Mais ni les ans, j Ni l'audace des vens cuisans | Ni la dent des pluies qui mord | Ne donne aus vers doctes la mort ;B1 , II, 100).
Ces derniers vers rappellent l;i devise de Marot ; h La Mort n'y mord. »
DE KONSARD POKTK LYRIQl E (Ol/i' (jrdce) ."'OO
Une autre ode, d'un caractère particulier parle sujet qui est funèbre et par le cadre qui est pastoral, doit cependant être considérée avant tout comme un panégyrique personnel, et par conséquent prendre place ici, d'autant plus que les dernières strophes sont purement horatiennes. C'est l'ode De l'élection de son sepulchre. M. Lanson l'a très bien dit, à la fin d'une analyse détaillée qui nous dispensera d'insister : ce qu'elle contient, ce n'est pas le regret du passé ni la vision angoissante de la mort prochaine (Ronsard n'avait que 23 ans lorsqu'elle parut) ; c'est au contraire « un fier et jeune rêve d'immortalité » '. Après avoir arrêté le lieu et le genre de sa sépulture, en imitant un passage de Properce - ; souhaité, comme certains poètes de VAnthologie, que la terre couvre son tombeau de lierre et de vigne « tortisse » ^ ; institué le culte annuel que les « pastoureaux » du Vendomois rendront à ses mânes glorieux, comme les bergers de Virgile célébrant Daphnis divinisé *, — il se tlatte, ainsi que l'avait fait Horace dans l'ode Ille et nefasto, d'aller grossir aux Champs Elysées l'élite des « heureux esprits », et d'y jouir, en compagnie d'Alcée et de Sapho, des sons enchanteurs de la lyre ^.
Qu'on nous permette de signaler encore ici trois odes, moitié littéraires, moitié morales. Dans l'adieu An pais de Vandomo'n, Ronsard, après s'être promis de puiser sur le sol italien assez de force pour écrire une épopée, et avoir imité, à propos des succès militaires d'Antoine de Bourbon et de François d'Enghien. un mouvement Ivrique de Cl. Marot '', porte aux nues, en deux strophes d'ailleurs inattendues,