y. ci-aprés, p
3. \', par ex. la préilicliun du dieu du Tibre dans \'irgile, £;i., \'III, 35 et suiv. Ailleurs Honsard l'ait prophétiser le dieu de l'.-Vrno (Bl , II, 183-184).
DE HONSAHD POÈTE LYHiyuE (Odi' ijrarc) 373
« l'avare espérance d'un vain appareil ». Au sang qui teignit les cheveux adultères, succède le sang qui rougira les prés de la Saintonge. Au rapide Âjax, à Ulysse, Sthénélos, Mérion, Diomède, Achille, correspondent Guise, Bonnivel, Sancerre, Jarnac, Montmorency. Au cerf tremblant à l'approche du loup, se substitue le loup « sans vigueur » qui fuit le lion. Les deux odes suivent le même plan, se déroulent avec les mêmes mouvements : Quand la tourbe ignorante = Pastor cum traheret ; En vain espères tu = Nequicquam V'^eneris prajsidio ferox ; Ne vois lu le renfort =: Non Laërtiaden respicis \ Tu dois Jarnac cognoislre = Merionen quoque nosces; Lesquels toi sans vigueur = Quem lu, cervus uti. .. C'est une merveille de transposition.
En 1549 et 1550 Ronsard chanta les louanges de Henri II sous plusieurs formes : dans V Avant-entrée, l'Hymne de France, la première ode des livres I et II et l'Ode de la Paix. C'est Virgile et Piiidare qu'il a surtout imités dans ces pièces *. Mais c'est à Horace qu'il a emprunté le début et la fin de l'ode Sur les ordonnances faicles l'an 1 550. Horace avait rappelé dans l'ode Divis orte bonis les bienfaits d'Auguste et la reconnaissance que les Romains lui en gardaient, célébré dans l'ode ■ Quœ cura Palrunisa. gloire militaire, et exalté en lui dans l'ode Phœbus volentem le pacificateur et le législateur du monde. Ronsard prit à ces trois éloges les éléments qui pouvaient s'appliquer à Henri II, les mélangea et en forma le cadre de son panégyrique, les strophes 1 à 4, 13 à 15. Il n'eut qu'à substituer au Parthe, au Scythe, au Germain et à l'Ibère, l'Anglais, l'Espagnol, le Flamand et « la blonde jeunesse du Rhin » ; aux peuples du Danube ou du Tanaïs, aux Gètes, aux Sères, aux Perses infidèles, les peuples de la Tamise, ceux de « l'odieuse » Espagne, les « nourrissons » de l'Allemagne et de l'Italie. Pour le reste veut-on un excellent exemple de « contamination » et de transposition ? Voici les premiers et les derniers vers en regard de leurs sources :
Quae cura Patnim, quaeife Quiritiuni, Hé ! quelles louanges égales
Plenis lionoruni muneribus tuas, A ton mérite souverain
Auguste, virtutes in aevunt Te rendroient tes Gaules loyales,
Per litulos ntcmoresque fasios Fust par mémorables annales
Ou par vives lettres d'airain, Mternet, o, qua sol habitabiles O Prince, le plus redoutable
Illustrât oras, maxime principum ? De tous les Princes ordonnez
1,1V, XIV, début. Pour régir les sceptres donnez
A nostre partie habitable .'
1. LdWvant-Entrée me paraît très originale. Je n"y vois guère qu'un souvenir de Virgile (vers 11-12. Cf. Bue. IV, Jam redit et Virgo...), un souvenir de Leniaire de Helges ivers 35 et suiv. Cf. Illust. de Gaules, I, .Jugement de Pârisi. une lointaine réminiscence d'Ovide vers 41 et suiv. Cf. Metani. I) et plus loin de Callimaque (vers 75 et suiv. Cf. Hymne à Jupiter). — h'Hymne de France est une transposition très originale de
SOVRCES ET ORIGliNALITK
Tua, Cacsar^ aetas
Fruges et agris rettnlit uberes, El signa nostro restiluit Jovi
Direpta Parthoritm superbis Postihus, et vacuiim dueîlis
Jamim Qnirini clausît, et ordinem liectunit ^' vaganti frena licentiae Injecit, amovitque culpas, Et veteres revocauit artes...
-IV, XV, 4 à 12.
Tutus hos etcnini rura perambulat ; Pkulrit rura Ceres, alnxaque Faustitas , Pacatum uolitant per mare navitae. Culpari nietuit fides ;
Culpam poena premit cornes.