Bl., VI
DE RONSARD POÈTE LYRIQUE (Ode grave) 385
cernent de sa carrière, où, comme son modèle Horace, il simule une trop « vineuse » fureur, le Chant de folv à Bacclius el l'ode Sur la naissatice de François de Valois... A la Muse Caliiope ^. A la fin de sa vie il se comparait encore au prêtre d'Apollon et vaticinait comme lui en s'écriant : « Fuyez, peuple, fuyez » ; procitl, procul este, profani -!
Beaucoup d'autres croyances de la mythologie grecque ont pris place dans les odes de Ronsard par l'intermédiaire des poètes latins. C'est ainsi que Virgile, Horace el Ovide, héritiers d'Homère, d'Alcée et de Callimaque, lui ont transmis les légendes et la physionomie du Mercure grec, dieu pasteur, musicien, gymnaste, civilisateur, orateur, protecteur des poètes, comme son frère Apollon, de plus héraut et messager de l'Olympe, guide des vivants et conducteur des morts, ayant pour insignes particuliers le caducée, des ailes au chapeau et aux talons ^. C'est à eux encore qu'il doit la peinture des Enfers el des Champs Elysées * el le souvenir de certains personnages tels que Minos, Hippolyle et Pirithous, célèbres par leurs aventures infernales s. C'est d'Horace plus directement que lui sont venus les mythes de Castor et Pollux, astres favorables aux matelots *'■, de Prométhée, dont le larcin a causé les maux de la terre ", de Phaélon, de Bellérophon, de Dédale, exemples de l'audace ou de l'ambition humaine **, de Gygès
1. Bl., 11,212 et 471 = Hor., Carm., II, 19 : III, 4, str. 2 ; III, 25. Hoiace déBnit l'enthousiasme aniabilis insania. comme Platon r^ à— o Mooatuv uav'a.
2. Id., III, 2fjr). A la p. 279, il est ' gros d'Apollon », comme ailleurs (II, 199) il fait prophétiser l'Afrique « pleine d'Apollon ».
3. Bl., II, 321-22 =Virg., En.. IV, 223-58 ; Ov , Met.. I et II. —Ibid., 421 = Hor., Carm , I, 10 ; Ov., Fast., V, 653. — Une strophe centrale des odes Guy, nos meilleurs ans coulent et Symplic aux beau.v yeu.r, vient d'Hor., Carm., I, 10, fin, et 24, fin. — EnSn ces vers de l'ode Qui par crainte... : « L'oiseau Menalien Mercure, | Le dieu qui des passans a cure [ Te puisse guider dexlrement... », s'inspirent encore d'Hor.. 1, 2, 42, .Aies )ilius .Maiae, et surtout de Stace, Tbêb., VII. 65, Menalius aies... Cf. cidessus, p. 367.
4. Ibid., '254-55 = Hor., Carm., II, 13, vers 21 et suiv. Le développement sur Akée charmant les Ombres se retrouve encore dans les odes Le médecin de la peine (fin) et Antres et vous fontaines (fin). Pour la peinture des Champs Elysées, Honsai-d s'est également inspiré d'Homère(Odys5., IV, 56368), de Virg. (En., VI, 638-74), d'Ovide .Ué/. X, 40 et suiv. , de TihuUe (I, 3). Voir VEpilapbc de Hugues Salel, l'ode Antres et vous fontaines. VEpitaphe de Marulle. etc.
5. Ibid. 123, 254 et 401 = Virg., En., VII, 764-75 ; Ov., .Vét., XV, 533 ; Hor., Carm., 1,28; IV, 7 (fin'.
6. Ibid , 105, 210, 400. 451. Cf Hor., Carm., I, 3 et 12 ; 111, 29, fin ; IV. 8, fin.