BI., II, 307. Cf. Hor., Garni., III, 4, vers 55 et suiv
2. A peine poiirrait-on signaler deux ou trois exceptions dans Horace, par ex. la Tilanoniachie [Carm., III, 4) qui a son origine dans Hésiode, et l'Enlèvement d'Europe (l'tù/., 27) que le poète latin a imité de Moschus.
3. Editions de 1484 et 1493 (Bruges et Paris) avec vignettes gravées sur bois. — En 1538 et 1543 avait paru Le (jrand Olympe des Histoires poétiques du prince de poi^sie ÛLÛde iVaso en sa Métamorphose J-*arisî, orné également de curieuses vignettes gravées sur bois ; c'était une Iraduellon française.
4. .Jean Lemaire avait rempli ses Illustrations de Gaule de souvenirs directs des Métamorphoses. — Marot avait traduit les deux premiers livres ; Lazare de Baïf la fable de Caunus et de Byblis f 1544 -, J Colin les harangues d'Ajax et d'Ul3'sse (1547). B. Aneau publia la trad. des trois premiers livres en 1556 ; Fr. Habert celle des quinze livres en 1557, mais il avait commencé sa publication avant 1550, d'après un passage du yiuii/i7 Horatian. Du Bella\ (combat d'Hercule et d'Acheloys), Baif (Pyrame et Ihisbé ; Atalante ; Verlun et Pomone, etc.), B. Tagault (Ravissement d'Orylhie) suivirent ce mouvement.
DE RONSARD POÈTE LYRIQUE {Ode grave) [iHI
lions^. C'était un Olympe si accessible, si varié, si coloré, si galant, si sensuel, celui d'Ovide ! Quel riche décor, et dans ce décor que de passions ingénieuses autant qu'ardentes 1 II y avait là des développements pittoresques et plastiques, des allégories et des symboles séduisants pour l'imagination, une intervention continuelle de la divinité parmi les hommes... et les femmes. Que fallait-il déplus à Ronsard? Peu lui importait la dilTérence qui existe entre ce roman de la mythologie et la religion même des Grecs. Le paganisme dans les Métamorphoses devait lui paraître poétisé plutôt que travesti, et d'ailleurs je ne suis pas sur qu'il ait distingué cet alexandrinisme spirituel des inventions homériques et pindariques -. Ce qui est certain, c'est qu'il le mélangea sans scrupules à ses réminiscences des poètes croyants de la vieille Grèce : Ovide lui-même ne s'était-il pas inspiré d'Homère, d'Hésiode, de Pindare, des tragiques grecs, autant que des poètes alexandrins?
Sans parler des allusions rapides aux fables de Daphné, d'Europe, d'Actéon, de Narcisse, de Leucothoé, de Clytie, d'Aréthuse, de Philomèlc, d'Orythie, de Médée, de Byblis, d'Atalante, d'Hyacinthe, d'Adonis et autres personnages mythologiques, allusions dont les sonnets amoureux sont remplis et que l'on rencontre aussi bien dans les odes légères que dans les odes graves 2, Ronsard a surtout emprunté à Ovide pour ces dernières pièces des récits et des tableaux. C'est d'après lui qu'il décrit le Chaos et Porganisation de la matière cosmique*; l'âge d'or, au bonheur duquel il oppose les misères des âges suivants, lieu commun qui a son origine dans Hésiode et que Virgile et Tibulle ont également développé ^; le geste de Deucaliou et de Pyrrha, repeuplant la terre après le déluge ". Ce dernier mythe, qu'on trouve déjà dans Pindare ~, est parfois complété ou modifié dans Ronsard par une réminiscence de Platon, qui distingue les hommes en trois classes, d'après la matière plus ou moins précieuse dont ils ont été originelle-
1. La mention d'Ovide revient souvent dans son œuvre ; il le qualifie de bîendisanl, ingénieux, duii.r. (V. notaninient lïl., I, 12, 125, 146, 389 ; VI, 80 et 87.)
2. Il lui est bien arrivé de considérer Homère comme un poète badin, erotique et bachique dans la h gayeté » .-Isser vraiment on ne révère. Poui-quoi, par. contre, n'aurait-il pas vu dans les Mélam. un poème élevé, du genre grave ? A vrai dire on trouve dans l'Odyssée, et même dans Vlliade^ des scènes qui semblent la parodie de la m\thologie, et d'autre part les .1/é/ani. contiennent des scènes héroïques, et surtout de courtes épopées d'aventures, qui ne sont pas toujours inférieures aux morceaux correspondants de l'Odyssée et de VEnéide.
3. Voir par ex. Bl , II. 159, 167-68, 221, 243, 247, 323, 345, 467-68. etc. Quant à la fable de Narcisse et d'Echo, elle a passé presque entièrement dans un poème paru au Bocage de 1554 i\'I, 239 .