Olymp. IX, antistr
ment formés : Dieu, dit-il, mêla de l'or aux natures privilégiées faites pour commander au reste des hommes, de l'argent aux natures moyennes, comme celles des magistrats et des conseillers des princes, du cuivre el du fer enfin aux natures de laboureurs et d'ouvriers'.
C'est ii Ovide encore que Ronsard a pris l'idée et les détails delà Cumplainle de Glauce à Scylle, que Glaucus, après sa métamorphose en dieu marin, adresse ù la nymphe Scylla avant qu'elle ait été métamorphosée en monstre aboyant par la jalousie de Circé. Les sentiments que notre poète prête aux choses inanimées, la douleur poignante de l'amant malheureux qui brûle au milieu même de la mer, les arguments qu'il fait valoir à la belle insensible, tout cela est bien dans le ton d'Ovide -.
Voulant peindre, dans l'ode .1 Monsieur le Dauphin., l'intrépide chasseresse qu'était la jeune Catherine de Médicis, Ronsard s'est souvenu de l'épisode de la nymphe Calislo, aimée de Jupiter, et a feint que son héroïne inspira la même passion, dans des circonstances identiques ^. Il s'est bien gardé surtout d'oublier cette réflexion du dieu libertin, si caractéristique de la manière d'C)vide :
Ma Junoii uc sçaura pas
Pour ce coup mon entreprise '.
Mais, par respect pour la reine de France, il suppose que le fleuve de sa ville natale, l'Arno, divinisé comme le Tibre de Virgile, fait « desloger » à temps l'amoureux céleste, en lui prédisant que la vierge qu'il s'apprêtait à déflorer doit, de par le destin, enfanter «. un tîls égal à son père ». Et cette prédiction elle-même, il la prend, en la démarquant, à Ovide, qui l'avait mise dans la bouche de Protée au sujet de Thétis, d'après un oracle que Pindare avait attribué à Thémis -'.
Ailleurs, Ronsard a poussé jusqu'à la consommation de l'acte adultère une autre bonne fortune du même dieu. 11 a dépeint \a Défloration de Léde ^''. Ovide, chose surprenante, n'a consacré qu'un vers à cette fable, bien faite cependant pour tenter son pinceau libidineux ; il l'a