Ibid
DE RONSARD POÈTE LYRIQUE {Ode rjravr) 389
présentée par prélérition avec quelques autres, en décrivant la tapisserie d'Ârachné :
Facit olorinis Ledam recnbarc snh alis '.
C'est peut-être une des raisons qui ont déterminé Ronsard à la développer. Il a voulu faire de l'Ovide sur un sujet qui était beulement indiqué dans les Mélamorphuses. Mais pour y réussir il a emprunté maints détails à deux fables analogues, V Enlèvement d'Europe, traité par Moschus, Ovide et Horace, et VEnlévement de Proserpine, traité par Ovide et Claudien, surtout à l'Enlèvement d'Europe, dont Jupiter est le héros comme dans la fable de Léda. La manière d'être et d'agir de Jupiter, avant et après la métamorphose, et l'accueil que lui fait Léda avant la défloration sont pris à Mosclius et à Ovide -. Le tableau des jeunes filles cueillant les fleurs de la prairie vient de Moschus, d Ovide et de Claudien 3. Suivant un procédé alexandrin, dont Moschus lui donnait un exemple précisément dans l'idylle d'Europe, Ronsard a décrit les scènes peintes sur le panier merveilleux que Léda remplit de fleurs
Le jour qu'un oiseau la fist Femme en lieu d'une pucelle *,
La résistance de la vierge au cygne rappelle celle de la Calisto d'Ovide violée par Jupiter ; enfin les plaintes de Léda après la défloration, et les consolations qu'elle reçoit de son séducteur ont leurs sources dans Moschus, Horace et Claudien s.
n n'est pas téméraire de penser que Ronsard s'est également inspiré d'un tableau ou d'une gra\ure de son temps. On sait qu'il aimait la peinture à l'égal de la musique et de la poésie •', et qu'il a décrit de visu
1. Mét.t \'I. 109. Ovide 3' fait encore allusion dans une Heroïde, où Hélène écrit à Paris ; Dal wihi Leda Joueni, cyviw dccepta^ parcnteinf et dans les Amours^ I, 3, fin.