Aiilbol. palal.. Vil, 42 ; Couiit. op. cil., p
2. .Apollonius avait dit ' AyÛM'Oi ; iIV, 8931 ; Ovide. Acheloides 'Mél., V, 552 ; Avienus, Aclieloia proies De canlu Sirenitm, 1 .
3 Bl , II, 309.
4. Aryonaut , IV, vers 1325 et suivants. Cf. Pind., Pyth. IV, vers 25 à 28. — Les conleniporains de Ronsard n'auraient certes pas compris ce passage sans la note que N. Uenisot prit soin d'y ajouter eu 1551 dans le Tombeau de Marg. dé Valois, mais que Ronsard eut soin d'enlever l'année suivante en recueillant la pièce dans son Cinquiesme /l'ure d'Odes. Richelet 1604', ne connaissant pas cette note de Denisot et oubliant le passage d'Apollonius, a rappelé ces vers de Synezius : E"Aav o'ooJva^ | TCoXuûa-
Ailleurs, félicitant Catherine de Médicis de l'éducation qu'elle a fait donner au Dauphin, Ronsard constate par manière de flatterie qu'elle n'a pas eu à craindre pour lui le sort des enfants de Saturne :
Tu n'as pas, comme fît Rhée,
A la pierre dévorée
Le corps de ton fils changé
Mais tu l'as, Reine tressage, Porté des sou premier âge Non à Nede, non aussi Aux compagnes Dictaennes Non aux Nymphes Meliennes Pour en prendre le souci,
Mais à Durfé ' ... :
véritables énigmes pour ceux qui n'ont pas présents à l'esprit les vers où sont racontées par Hésiode et, avec plus de détails précis, par Callimaque, la naissance et l'enfance de Jupiter -. Vers la fin de la même ode, après avoir loué l'éducation donnée par Durfé au Dauphin, Ronsard ne peut s'empêcher de la comparer i\ celle d'Achille élevé par le centaure Chiron,
Apres que Thetis la belle Eut bruslé sa peau mortelle ;
et ce dernier vers, à lui seul, nécessite la connaissance d'une légende exposée tout au long dans Apollonius. Certes Lycophron n'élait pas plus obscur quand il disait en deux vers que des enfants de Thétis brûlés par leur mère « un seul avait échappé à la cendre » ^.
.\illeurs, s'apitoyant sur la misère des hommes, Ronsard se rappelle
zp'jTOOî I t'ôijLO'.ai oipwv I MaTspa Ttâxpav. En 1556, Ronsard reprit cette énigme au début d'une épître dédicatoire à J. Morel :
Quand le fameux Jason et la fleur de la Grèce,
Poi-tans leur mère au dos, passèrent la sech'resse
De l'ardenle Libye, et à force de bras
La poussèrent au lac qui surnomma Pallas..,,
en l'accompagnant d'une note explicative ; mais ceUe note disparut de ses dernières éditions, si bien que Marcassus lui-même, qui commenta les Poi'iiies en 1(523, n'a pas compris ce passage, et Hlanchemain a reproduit sou contresens {VI, 229). 1 Bl , II, 179.
2. Théogonie, 477 et suiv. — Hymne à Jitp.^ 32-54. Les « compagnes Dictieennes » et les « Nymphes Meliennes » sont les sœurs de la nymphe Neda ; elles se mêlaient aux Corybantes. Ce passage traduit le K'jpSivxwv Exapai AïK-caiod MîXia'. de (^allimaque. 11 est à ce point déroutant que Blanchemain (ou son imprimeur) a cru pouvoir changer compagnes eu campagnes.
3. Argonaut., IV, 8G9 cl suiv. — Atexandra, vers 178-79. — Ronsard a repris celle fable au début de VJnstitiilion pour l'adolescence du roy Charles IX (Bl., VII, 33).
DE RONSARD POKTE LYRIQI'E {Ode grave) 399
une fable étrange rapportée par Nicandre, un autre poète alexandrin, et il écrit celte strophe, incompréhensible pour qui n'a pas recueilli comme lui les croyances les plus saugrenues de tel ou tel coin de la Grèce :
Ali, que maudite soit l'Anesse
Qui, las ! pour sa soif étancher
Au serpeut donna la jeunesse
Que garder on devait tant cher.
Jeunesse que le populaire
De Jupiter avoit leceu
Pour lojer de n'avoir sceu taire
Le secret larrecin du feu '.
Veut-il adresser une prière à Lucine, la déesse latine qui présidait aux accouchements ? Si tu exauces mes vœux, dit^il, je t'ofTrirai une image d'ivoire el j'irai trois fois l'année la parfumer d'encens,
Accordant sur ma lyre L honneur de ton Osire -.
Qui voit d'emblée, et même après réflexion, à moins d'une érudition consommée, le rapport qu'il y a entre Osiris, dieu égyptien, el Juno Lucina, vénérée à Rome ? Le lecteur eût été moins dérouté si Ronsard avait invoqué la déesse Isis, dont le culte se confondait à l'époque d'Auguste avec celui de Lucine, comme l'a fait Ovide dans une élégie à laquelle notre poète à emprunté pour celle ode quatre strophes sur sept 3.
Attribuant à son maître Dorât le succès de ses premières publications, et le remerciant de l'avoir « abreuvé de l'une el l'autre fontaine », c'est-à-dire de l'avoir initié aux secrets de la poésie grecque et de la poésie latine, Ronsard ajoute ces trois vers :
1. Bl.. II, 15-i. — Nicandre, Tbériaques, vers 343 et suivants.