‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 301 sur 509 · Ibid., 256 : Vœu à Lucine aux couches d'Anne Tiercelin · texte numérisé non relu

Ibid., 256 : Vœu à Lucine aux couches d'Anne Tiercelin

3. ÀmoreSj II, 13 :A Isis, la priant de protéger la grossesse de Corinne. C'est aux vers 7 et suivants que R. a pris les strophes 1, 2, 3 et 5 ; mais il a transporté le culte de Lucine sur les bords du Nil, tandis qu'Ovide a transporté le culte d'isis sur les bords du Tibre, ce qui se comprenait très bien de son temps: Juno Lucnia fut en effet assimilée à Isis, comme Isis l'avait été après la fondation d'Alexandrie avec Héra Ilithyia, déesse grecque invoquée pai- Pindare au début de la 7*^ yéniéenne et par Ovide lui-même dans la susdite élégie. Osiris était l'époux d'isis, et les fêtes du culte Isiaque consistaient surtout dans la Passion, la Recherche et la Découverte d Osiris. (Cf. Tibulle I, 7, et Plutarque, De Isi. 56.)

Ronsard semble avoir tiré son avant-dernière strophe de l'odelette Moutium custos, adressée par Horace à Diana Genitalis, déesse identique. Sachons-lui gré de n'avoir pas, dans son désir de paraître i* docte », orné son « vœu » de ces diverses appellations ; il ne fut pas toujours aussi discret, témoin l'ode A la Roine, où il a nommé la mère des dieux successivement Beréeynthe, Cybèle et Rhée.

De sa mère l'apprentif

Peut 1. put) de son lue deceptif

Tromper les bandes rurales,

pour dire qu'Orphée, ayant reçu les leçons de sa mère Calliope, a pu charmer des accents de sa lyre les animaux et les forêts. Pour le comprendre il faut avoir sous les yeux la glose de J. Martin, le premier commentateur des Udcs, ou dans la mémoire le souvenir tout frais d'un passage d'Horace, dont notre poète paraît s'être inspiré i. Adiré vrai, Ronsard a supprimé l'ode entièrement dès looo, mais ce ne fut point à cause de l'énigme -.

Voulant ailleurs exprimer cette idée générale que la mort toujours imminente interdit à riiomme les longs espoirs et les vastes pensées, il trouve le moyen d'enfermer deux autres énigmes dans une seule strophe :

Celui dont le Pau baigne Le tumbeau, nous enseigne N'espérer rien de haut :

Et celui que Pégase (Qui fit sourcer Parnase) Culbuta d'un grand saut.

Bien que la périphrase soit peut-être moins mal venue ici qu'ailleurs, ayant une valeur démonstrative et logique, tout le monde pensera que la strophe d'Horace qui a servi de modèle à celle de Ronsard n'a rien perdu de sa force et de son élégance pour avoir nommé ces deux illustres victimes de l'ambition :

Tcrret amhnsliis Phaclon avaras Spes ; et cxeiupluin (jiui'C piaehel aies Pegasus. terrenum equilem gnii>alus Bellerophonlem '.

Un peu plus loin Ronsard parle d'un Grec qui raconte au.\ ombres infernales, accourues en foule pour l'écouter, « les peines dont les guerres sont pleines ». On pourrait croire qu'il s'agit d'Homère,

1. ()d*^ A D' Aurai : " i'iiissai-je entonner un vers... » itîl., Ii,44,T^. —Cf. Hor. Carni., I, 12: l'nde uocaleni lemere iiisecutae \ Orphea syïuae \ Arte materna rapidos woran- Icm I FUiminum lapsus, celerestjue ventos \ lilandunt et auritas fidibus canaris j Ducere quercus. — Ronsard avait déjà paraphrasé ce passage à la lin de l'ode A son Luc en le mélangeant à une autre réininisceuee d'Horace \I, 32, lin) ; et il a parlé ailleurs d'après ce passage des « bois oyans» et des t: chênes aureillés » (H, 227, 463,407; VI, 177).

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