‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 305 sur 509 · Bl, VI · texte numérisé non relu

Bl, VI

4. Hor., Carm., I, 3 : Sic te diua polens Cypri, | Sic fraires Helenae, liicida sidéra | Yentorumque régal paler..., et IV, 8, fin. — 0\.,Mét., IV, 521-41. — \'irg., Géorg., I, 431) : Votaque servait soluenl in lillore nautae | Glauco, el Panopeae, el Inoo Melicertae.

DE RONSARD POÈTE LYRIQUE {Ode grave) 405

pour Bacchus, Amphrysia vales pour la Sibylle de Cumes ; Properce, Gnosia pour Âriadne ; Ovide, Tyrinthius héros pour Hercule, Cyllenius ou Caducifer pour Mercure, Mxonius vales ou senex pour Homère, Apollinen proies pour Rsculape ; Stace, Fralres Œbalii ou Amyclxi pour Castor et Pollux, Mennlius aies pour Mercure; tous. De lin s, Py- Ihius, Cipilhius, pour Apollon, — et mille autres désignalions indirectes ou périphrastiques, non seulement pour les dieux et les hommes, mais aussi pour les pays et les choses, telles que Saturnia lellus, Phleyrxi tumultus, Ascrœum carmen, Pagascca puppis, .T^balium vulmis.

Nous l'avons vu à propos des odes pindariques, Ronsard adopta du premier coup avec enthousiasme ces façons de s'exprimer, qu'il considérait comme un des principaux éléments de la poésie ', sans se dire que, si elles étaient encore comprises du monde païen de la décadence latine (surtout les formules traditionnelles de la religion), elles risquaient fort de ne plus l'être des Français de son temps, ni des générations à venir. Il en a donc parsemé son œuvre avec intention, avec plaisir, notamment ses odes pindarico-horatiennes, où l'on voit apparaître le chantre Sniyrnean (Homère), le vieil Ascrean (Hésiode), la voix Dircée (Pindare), l'auteur Aenien (Virgile), le sang Heclorean (Francus et sa lignée), les filles de l'Olympien devant qui « sonne » le Cynlhien (les Muses et Apollon), V Athénienne chargée sur Yéchine Thracienne (Orythie enlevée par Borée), la chaste Cyprienne (Vénus Urania), la Grecque amoureuse et le Pasteur estranger (Hélène et Paris), le Theboin veneur (Hercule), le prince Malien (Amour), non loin des frères d'He- /ene (Castor et Pollux), des filles d'Achelois (les Sirènes) et du noir enfant de l'Aurore (Memnon), déjà mentionnés"^.

Les peuples, les villes et les terres n'ont pas été plus clairement désignés que les personnes. Ronsard nous apprend qu'il va visiter le pays « enclos de deux mers, qui serre de Saturne les os », et dans ce pays « le prince des fleuves, Eridanle cornu», les rochers « que dompta l'Africain par les forces soudaines du soufre et de Vulcaa », puis le « tombeau de la Serene antique » et la « course erratique d'Arethuse » : tout cela pour dire l'Italie, le Pô, les Alpes, Naples et la Sicile. Rome et Venise sont également désignées par un de leurs carac-

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