Rech, de la France, liv. VII, ch. v
4. Illusir. de G'aii/c, liv. I, ch. xsxi et xxxii. — M. Stechcr, le dernier éditeur de Lemaire, cite les lignes de Pasquier sans contrôle ni objection [Notice sur la vie et les œuvres de J. Lemaire, p. lu, note 1).
5. Deffence, II, ch. xi. — Les critiques adressées par M. Chamard à la Miisagnaomachie de Du Bellay 'thèse fr. p. 164) s appliquent aussi à Vllymne triiimphal de Ronsard. Ces deux pièces ont été écrites à la même date et presque parallèlement.
DE ROMSARD POKTE LYKIOLE [Ode (JVave) 417
Monde et le prince de Malice. L'auteur ne nous fait grâce d'aucun détail : il nous expose l'attirail, la composition, l'ordre, les harangues, les ruses de guerre, les mêlées des armées d'abstractions '. C'est là notamment que le char de Malice, monté sur les roues de Crédulité, d'Impatience, d'Audace et d'Impudicité, est conduit par Présomption qui tient le fouet d'Arrogance, et par Haine qui tient le fouet de Suspicion, suivies d'Orgueil, d Ire et d'Knvie ; que Paresse chevauche sur Oisiveté, ayant au dos la cotte d'Ennui de bien faire, et au poing la lance de Vaine tristesse ; que l'Ame prend des mains de dame Foi l'épée de Force et la lance de Charité ; que l'Avarice revêt un harnois forgé au feu de Convoitise, etc. -
Comparé à ces pages, V Hymne triumphal offre les mérites incontestables du choix et de la brièveté, mais cela ne suffit pas à justifier l'admiration de Pasquier. Ajoutons que sa seconde partie, l'apothéose de la reine de Navarre, est gâtée par les mêmes erreurs de goût que le poème de Prudence dans l'adaptation des réminiscences païennes à des sentiments chrétiens. Ronsard en effet y prête au Christ parlant à « son ange » le même langage que Virgile a Jupiter chargeant Mercure d'un message pour Enée :
Poste, dit-il, marche, fiiy, Huche les vents et les suy, Laisse ramer tes aisselles, Et glisse dessus tes ailes :
transposition de ce vers de l'Enéide :
Vade âge, mite, voca Zephyros et laberepcnnis ^,
1- \^oir les chap. intitulés ; Comment l'Ame fut assaillie par le prince de la Chair en la cilé de Bonne \'oIonlé. — Bataille de 1 Ame incorporée conlre le Monde et ses complices au lieu de Audace eiTrenée. — La tierce guerre l'aile par mer conlre l'Ame par le prince de Malice et ses adhérens la Chair et le Monde, qui la suivenl jusqu'au pas de la Mort. — Voir aussi, au livre II, la Description du palais de \oIupté
2. -le cite ces exemples entre plusieurs centaines d'autres qui se déroulent en une prose monotone dépourvue de toute poésie..!. liouchet, que le Qninlil Horatutn loue « comme chasle et chrestien scripteur, non lasciFel paganisant », semble, à la lecture de cette œuvre, être en relard de ô(J ans pour les idées et le slyle sur le <i paganisant » et « renaissant » .lean Lcmaire, bien qu il appartienne à la même génération et que ses Triunii}hes aient élé écrits 20 ans après les Uliisl râlions de Gaule. — On trouve des fictions de ce genre dans le Jardin de Plaisance, de 1 Infortuné, qui date du règne de Charles VIII tï. lvi à LX. où le Cœur, armé d'un « harnoy de dutil », d'une épée « en tristesse Uempée •■ et d'une lance •• ferrée de soucy ■., vient combattre l'Œil, richement velu de «déduit », armé d'une n espée de soulas » el d'une lance « ferrée de plaisance >. . Ces fictions remoulent à uos trouvères el même au delà (cf. E. Lauglois, thèse fr., pp. 47. 50. 131 et 132 . Housard eu a encore usé dans les sonnets Franc de raison, et Ha ! Bel Accueil, En.