‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 314 sur 509 · i., IV · texte numérisé non relu

i., IV

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surlequel vient se greffer la fameuse métaphore remigiumalarum, que Virgile avait appliquée ailleurs au même dieu '. — Puis Ronsard peint l'ange queleChristenvoie cliercher le corps de lareine deNavarre, sous les traits et avec les attributs du Mercure de Virgile, qui était déjà une copie du Mercure homérique : cet ange se met aux pieds deux « talonnieres » garnies d'ailes, se coilTe d'une « capeline » et prend au poing une« verge », qui réveille ou endort les mortels et n'est autre que le caducée ; il va « se pereher » sur les Pyrénées et de là descend dans les vallées du Béarn, semblable à l'oiseau de mer planant au-dessus de la proie qu'il guette. Il y a là trente-six vers, imités directement et uniquement d'une page de l'Enéide ; ce sont les trois strophes que Pasquier admirait tant et oii il croyait voir, mêlées aux vers virgiliens, quelques réminiscences de Lemaire de Belges -. — Enfin Ronsard a eu recours, pour raconter le passage du corps de la reine dans le ciel et sa transformation en astre, à des réminiscences d'Ovide et de Virgile encore : d'Ovide, décrivant le rapt de l'Athénienne Orythie par Borée roi de Thrace et faisant l'apotliéose de J. César ^ ; de Virgile, imaginant que l'astre de J. César lirillait sur la tête d'Auguste ^. Mélange bizarre de paganisme et de christianisme, dont l'œuvre de Ronsard offre quelques autres exemples, mais nulle part aussi déplacés qu'ici °, Quoi qu'en ait pensé l*asquier, pour qui Ronsard, dans cette seconde

1. En., I, 301 ; \^irg. l'a êgaleiiifiit api)liqiiéc à Dédale {/:/(., Vl, 19;, et I-îonsard l'a encore transportée ailleurs ilh'jïoration de Lédf, str. 7).

2. m , II, p. ;i22 Cf. Virg.,£n., IV, vers 23Sà 25cS. — D'après Pasquier (/î«7i. Je /a Fr., liv. VU, eh \\ U. aurait » emprunté les mots de talonniere, capeline et verge >' au passage des lllusli-alioits de Gatilv où Lemaire inlrodiiit Mercure n pour juger de la pomme d'or entre les trois Déesses », c'est-à-dire plus exactement au chap. xxviiidu livre 1. Or rien n'est moins cerlain. car <• t:ilonnieiX' >■ et «< verge " traduisent le lalaria et le vinia de \'irgile ' loc. cit.) ; quant au mot •' capeline », c'est celui que Ronsard a toujours employé pour désigner le chapeau rond et bas dont Mercure était coitl'é (cf. Bl., II, 422 ; 111,53 ; V. 249); c'est le legimen capillis dOvidc Met. I, GTOetsuiv. et le (jalenis de Fulgence {Mytlwl. II. Ronsard a encore transporté la page de \'irg. dans sa Fraiiciade livre I, vers 181 et suiv. i

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