‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 319 sur 509 · SECTION II. — L'ODE LEGERE · texte numérisé non relu

SECTION II. — L'ODE LEGERE

CONSIDKRaTIONS GENERALES.

Ronsard ne s'est jamais complètement affranchi des énigmes provenant des périphrases et des allusions aux légendes de la mythologie. ' On les retrouve même dans l'Ode légère, et même dans les odes légères postérieures à 1353-56, c'esl-ù-dire à la période où, comme nous l'avons vu, il modifia heureusement sa manière dans le sens indiqué par les conseils de ses meilleurs amis et par les critiques de ses adversaires réconciliés. Pour s'en convaincre, il suffit de lire le début de l'ode épicurienne Si l'oiseau qu'on voit amener, la fin de l'ode erotique Le jour pousse la nuit, qui parurent en 1o.dO, la « gayeté » Assez vraiment on ne révère, qui est de 1333, et l'ode bachique A'ij la fleur qui porte le nom, publiée en 1360 K Cette dernière pièce est même l'un des meilleurs exemples que l'on puisse donner des excès où Ronsard est tombé en voulant réagir contre le style prosaïque de ses prédécesseurs ; et c'est précisément l'une de ses strophes que Ménage (un Malherbien relativement raisonnable) a citée, pour expliquer comment notre poète, au xvn" siècle, « au lieu d'acquérir la réputation de docte, acquit celle de pédant- ».

Toutefois il est certain que les odes légères de Ronsard, à quelque date qu'elles aient été composées, sont généralement d'un style moins - « haut » et moins « rare » que les odes graves, pour diverses raisons : parce qu'elles expriment des idées simples, accessibles à tous, des sentiments naturels et universels ; que, si ailleurs l'obscurité de la forme s'associe volontiers à la gravité du fond, inversement la gailé des sujets traités dans les odes légères engendre presque nécessairement la clarté de l'expression ; qu'elles sont empruntées à des poètes qui n'ont pas abusé de la mythologie, ou qui n'en ont pas usé dans

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